jeudi 20 octobre 2016

Révélations sur la guerre des 6 jours ©


Le Mossad a pu avoir accès aux enregistrements secrets d’une conférence des nations arabes qui se préparaient à un éventuel conflit avec Israël, ce qui avait contribué de manière significative à préparer Tsahal à ce qui allait devenir la guerre des Six Jours, selon les révélations de l’ancien chef du renseignement militaire le Maj.. Gen. Shlomo Gazit.
Les dirigeants du monde arabe de l’époque, ainsi que leurs commandants militaires et les chefs de leurs services de renseignement, s’étaient réunis dans un hôtel de luxe à Casablanca, au Maroc en Septembre 1965 pour discuter d’une question cruciale : à savoir si leurs armées étaient préparées pour une guerre contre Israël.
Dans le plus grand secret et dans un lieu hautement sécurisé, les dirigeants arabes débattaient du bien fondé de créer un commandement arabe commun dans le cas d’une telle guerre. A cette occasion, leurs commandants militaires ont présenté une pléthore d’informations sur l’ordre de bataille, en parlant ouvertement et avec franchise des capacités des forces armées sous leur commandement.
Roi Hassan II du Maroc, qui ne faisait pas confiance à ses invités de la Ligue arabe, avait secrètement enregistré les discussions lors du sommet de 1965. Ce sont ces informations extraites de ces enregistrements qui le roi a donné au Mossad israélien qui ont aidé l’armée israélienne à se préparer pour cette guerre à venir deux ans plus tard.

Parallèlement à l’accord auquel ils devaient parvenir pour se préparer pour la prochaine guerre avec Israël et sachant que cette guerre aurait des conséquences graves pour le monde arabe, il y avait aussi de nombreux désaccords entre les participants. Le roi Hussein de Jordanie et le président égyptien Gamal Abdel Nasser sont entrés dans de vives discussions alimentées par leurs divergences d’opinion.
C’est parce que le roi Hassan II du Maroc n’avait pas vraiment confiance dans ses pairs, qui a permis au Mossad de suivre de près la conférence.
Une équipe des « Oiseaux » (tziporim en hébreu) une unité conjointement dirigée par Peter Zvi Malkin et Rafi Eitan et constituée par le Shin Bet, le service de sécurité intérieure d’Israël, et le Mossad qui est arrivée à Casablanca, où les Marocains avaient réservé un étage entier de l’hôtel pour eux.
Un jour avant le début de la conférence, cependant, le roi Hassan a ordonné aux agents du Mossad de quitter l’hôtel parce qu’il était inquiet que les invités arabes inquiets puissent les remarquer.
« Mais immédiatement après la fin de la conférence, (les Marocains) nous ont donné toutes les informations nécessaires, sans nous cacher quoi que ce soit, » a raconté Rafi Eitan.
Les enregistrements de toutes ces discussions de la conférence, à l’insu des participants, ont été donnés au département de la recherche de la Direction du renseignement militaire, où ils ont été décryptés, transcrits et traduits en hébreu. Ils ont fourni un point de vue sans précédent sur les coulisses du fonctionnement et de la mentalité de la direction de l’ennemi.
Dans une note de service, Levi Eshkol, alors Premier ministre, et Meir Amit, le chef du Mossad de l’époque, ont décrit l’opération comme «l’un des fleurons de l’intelligence israélienne. »
Israël a préparé la guerre des Six jours sur la base de la grande quantité de renseignements recueillis à partir de ces enregistrements, et à convaincu les commandants de l’armée israélienne qu’ils pouvaient gagner.
« Ces enregistrements, qui étaient vraiment une réussite extraordinaire en matière de renseignement nous ont démontré que, d’une part, les Etats arabes se préparaient à un conflit auquel nous devions nous préparer. Mais que d’autre part, leur prétendue unité arabe et leur soi-disant front-uni contre Israël ne reflétait pas une unanimité réelle entre eux « , a déclaré le Maj. Gen. Gazit, qui était à l’époque le chef du Département des études du renseignement militaire.
Grâce aux enregistrements, conjugués à d’autres sources, « nous savions à quel point ils étaient mal préparés pour la guerre », a poursuivi Gazit. « Nous en sommes arrivés à la conclusion que le Corps Blindé égyptien était dans un état pitoyable et pas prêt pour la bataille. »
Se référant au Maj. Gen. Israël Tal, le commandant de l’armée israélienne des Armored Corps (blindés), Gazit a poursuivi en disant, « Talik a désapprouvé notre avis avec mépris, en disant que leur situation ne pouvait pas être aussi catastrophique. L’avenir nous a prouvé qui avait raison. »
Gazit a ajouté que les informations contenues dans ces enregistrements, ont convaincu le haut commandement de l’armée israélienne, que nous allions gagner la guerre contre l’Egypte. Les mauvais présages avaient cour et le défaitisme régnait chez la majorité des israéliens et des fonctionnaires en dehors  de la défense, mais nous étions confiants dans notre force « .
Former Military Intelligence chief Maj. Gen. Shlomo Gazit (Photo: Amit Magal)
La guerre des Six Jours a éclaté à 7:45 au matin du 5 Juin 1967, avec le bombardement israélien de la Force aérienne et des aérodromes ennemis. Grâce aux renseignements détaillés et précis recueillis dans les années avant la guerre, y compris ceux provenant des enregistrements de la conférence (le Mossad avait même réussi à obtenir la défection d’un pilote irakien avec le dernier MIG-21 deux ans auparavant), la Force aérienne d’Israël a été en mesure de détruire, en quelques heures, presque tous les avions de chasse que l’Egypte, la Syrie et la Jordanie possédaient. Au moment où la guerre a pris fin six jours plus tard, Israël occupait des territoires qui augmentaient la taille de son territoire de 300%. Ses conquêtes comprenaient la péninsule du Sinaï, ainsi que la Cisjordanie et la bande de Gaza, avec leurs un million d’habitants.
Gazit, qui a été nommé chef du renseignement militaire, après l’échec du renseignement israélien de prévoir  l’attaque  surprise de la Syrie et de l’Egypte contre Israël en Octobre 1973, est considéré en Israël comme l’un des responsables du renseignement les plus éminents. Ses remarques sont aujourd’hui encore toujours écoutées avec beaucoup d’attention, même des années après sa retraite.
En regardant en arrière, Gazit estime que c’est cette victoire écrasante de la guerre des Six Jours, qui a depuis engendrés les dégâts causés par le glissement de l’opinion publique israélienne vers l’extrême droite.
Dans les conversations récentes, il a fustigé le mouvement Gush Emunim qui a été créé pour établir des implantations juives sur la terre qui a été conquise au cours de cette guerre: «Ces fanatiques disent:« Si je dois être en conflit entre mes croyances religieuses et la mission que Dieu m’a donnée, entre la terre et les (lois établies par le) gouvernement israélien, alors Dieu vient en premier. « 
Il a également émis un avertissement disant : « 50 ans après la guerre des Six Jours et nous en sommes encore à chercher une solution et un moyen de sortir des conséquences de cette guerre qui en regardant en arrière, est probablement la deuxième plus grande guerre qu’Israël a menée après la guerre d’indépendance en 1948. Gagner la guerre d’indépendance nous a permis de créer l’état, la victoire dans la guerre des Six jours pourrait mettre un terme à Israël en tant qu’état juif et démocratique ».
Ronen Bergman | 
http://jforum.fr/revelations-sur-la-guerre-des-6-jours.html

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