vendredi 21 octobre 2016

Relations avec le Qatar : Le Guen et Dati portent plainte contre «Nos très chers émirs»

Jean-Marie Le Guen, ­le secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement et  l'émir du Qatar Cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani lors d'une visite officielle en 2014 à l'hôtel des Invalides à Paris. 
AFP/POOL/FRANCOIS GUILLOT.




Les journalistes Georges Malbrunot et Christian Chesnot dénoncent dans un livre-enquête les «dérives» de la relation entre le Qatar et des personnalités politiques de tous bords, dont Jean-Marie Le Guen et Rachida Dati, qui portent plainte.

Dans ce livre «Nos très chers émirs» (Michel Lafon), dont l'hebdomadaire «Le Point» publie jeudi les bonnes feuilles, ils racontent comment l'argent a «pourri» cette relation avec les monarchies du Golfe et en particulier comment l'ambassade du Qatar à Paris est sollicitée par des politiques.

«L'ambassade du Qatar : la boutique du Père Noël»


«A Noël, Mohammed al-Kuwari offrait aux membres du groupe d'amitié France-Qatar à l'Assemblée nationale des montres Rolex ou des bons d'achat dans des grands magasins», selon ces extraits.

«Pour certains hommes politiques, pour certains élus, pas tous, l'ambassade du Qatar, c'était tout à la fois un distributeur de billets de 500 euros, une agence de voyages, et la boutique du Père Noël», a affirmé Christian Chesnot sur France Inter «C'est à dire que, pendant plusieurs années, jusqu'à aujourd'hui, le Qatar reçoit des sollicitations (...) des demandes de subventions pour financer une mosquée, une école, une association. Et puis il y a des hommes politiques qui sont vraiment à l'offensive, qui vraiment demandent de l'argent.»


Les deux journalistes, selon les extraits du Point, citent nommément le secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, le député PS Nicolas Bays, l'ex-garde des Sceaux LR Rachida Dati, l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin ou encore la sénatrice centriste Nathalie Goulet.

Selon Christian Chesnot, Jean-Marie Le Guen «voulait imposer une agence de communication pour gérer des déclarations d'hommes politiques, pour contrôler un peu les déclarations au Parlement qui seraient critiques vis-à-vis du Qatar». Il s'agissait de «faire travailler des proches en échange de son soutien», indique l'hebdomadaire.

«J'ai appris avec stupéfaction et consternation les allégations délirantes contenues dans (ce) livre», a réagi Jean-Marie Le Guen sur Twitter. «Evidemment, je porte plainte pour diffamation», a-t-il ajouté.

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