lundi 31 octobre 2016

Présidentielle : le pugilat bat son plein......


Alors que le "Spectre de l'Élysée" est lâché par tous ou presque, les éditorialistes commentent, entre effarement et agacement, les escarmouches du week-end.


À six mois de l'élection, le pugilat présidentiel bat son plein. Malgré les primaires, ou à cause d'elles, chacun se positionne et tacle son voisin dans une mêlée où presque tous les coups sont permis. Les éditorialistes de la presse quotidienne ont compté les points ce week-end, revenant sur les escarmouches entre Valls et Hollande, Sarkozy et Juppé, sans oublier Macron ou encore Bayrou. Une revue de presse qui sent la poudre !
Dans Le Figaro, Paul-Henri du Limbert ironise sur Manuel Vallsqui avoue sa "honte" devant les propos du chef de l'État alors qu'il en reste le Premier ministre. Une situation inédite et inconfortable : "Quel qu'il soit, le successeur de François Hollande devra faire figurer parmi ses priorités la restauration de la fonction de président de la République française
Il y a du travail puisque, dernière trouvaille de ce quinquennat hors norme, le Premier ministre avoue la honte que lui inspire le chef de l'État. Il fallait le faire. 
Un chef de gouvernement qui toise avec arrogance et dédain l'hôte de l'Élysée, qui l'a nommé et l'a vanté, quand a-t-on vu cela ? Jamais. Mais Manuel Valls est le Premier ministre de François Hollande. 
Et qui nous explique depuis bientôt trois ans qu'il est le plus brillant représentant du hollandisme, cette très vague philosophie politique qui vaut à Manuel Valls d'être un aussi piètre candidat à la présidentielle que celui qui l'a fait Premier ministre. Être et avoir été le chef du gouvernement de François Hollande n'est pas une sinécure. Manuel Valls aurait dû y penser avant."

Écœurement

Dans L'Opinion, Rémi Godeau souligne, non sans un certain effarement, le caractère inédit de la situation : "Jamais sous la Ve République un président n'avait entendu son Premier ministre évoquer avec colère la honte suscitée par certains de ses propos, rapportés dans un livre. Ni jamais le président de l'Assemblée nationale, stigmatiser son problème d'incarnation. De fait, jamais un président (...) n'avait multiplié avec désinvolture des confidences aussi surréalistes que destructrices (...) 
Jamais, à sept mois du scrutin, un président sortant n'avait soulevé un rejet si massif de son éventuelle candidature. Jamais, par le carambolage de l'officiel et du off, un président n'avait discrédité à ce point la parole politique, abîmé la fonction, en une transgression inutile (...) Et jamais un président n'avait autant poussé à l'écœurement son propre camp, au bord de l'implosion (...)."
Seul L'Humanité voit dans ce délitement au sommet de l'exécutif une opportunité pour la gauche. Jean-Emmanuel Ducoin veut encore y croire : "(...) Chacun aura compris que la tâche historique qui nous incombe reste de reconstruire la gauche, si possible en un temps record, de renverser la table, d'en finir avec l'hégémonie du Parti socialiste, bref, de changer le rapport des forces en réactivant l'espoir d'un authentique et radical changement de société qui étoufferait les peurs de nouvelles déceptions et autres trahisons à gauche, si bien incarnées par Hollande et Valls. 
Le Premier ministre ne manque d'ailleurs pas d'air en appelant la gauche à se rassembler, après en avoir humilié les fondamentaux... La gauche de transformation sociale autour d'un front commun, elle, est capable de porter ce rassemblement. Et plus encore, l'espoir."
 S'il reste le "patron", François Hollande n'est quand même pas Jésus 
Pour Alain Dusart dans L'Est républicain, le discrédit présidentiel est tel qu'il est lâché par tous, Bartolone, Valls, et même Cambadélis. "(...) Claude Bartolone, le président de l'Assemblée, a pris ses distances avec le président. Dans le livre confession (...) il en prend pour son grade. Jean-Christophe Cambadélis, le gardien du temple socialiste, brise un tabou en évoquant Manuel Valls parmi quatre ou cinq présidentiables
Traduction : au petit jeu du stop ou encore, les partisans du stop commencent à susurrer que la candidature du sortant n'est peut-être plus tout aussi naturelle (...) En la matière, le Premier ministre excelle dans l'art de faire son autoportrait. Pour lui, François Hollande doit prendre une décision intime, tenir compte de la situation
Reçu cinq sur cinq. Pas tout à fait ? Manuel Valls poursuit : La société a besoin d'incarnation, d'autorité, d'une référence. Dans l'opinion, ils sont pour l'instant 4 % à voir dans cette description un certain François Hollande."
Bref, selon Jean-Michel Servant dans Le Midi libre, les carottes hollandaises sont bel et bien cuites, sauf improbable miracle. "Isolé chaque jour un peu plus. Après Montebourg, Hamon, Taubira et Macron, le président de la République est en train de perdre l'un de ses derniers fidèles au gouvernement. 
Poussé par une majorité de parlementaires, Manuel Valls s'émancipe et met la pression sur son capitaine pour le conduire tranquillement vers la sortie. Dans l'intérêt suprême du parti. Question de survie. Isolé, au plus bas dans les sondages, le président sortant croit sans doute à un miracle de dernière minute pour se représenter. 
À une brusque résurrection populaire, comme celle qui, en 1995, avait conduit Jacques Chirac jusqu'au perron de l'Élysée (...) Mais même s'il croit entendre des voix divines pour sauver la gauche, le chef de l'État n'a plus la capacité de réveiller Lazare ou de multiplier comme des petits pains ses électeurs. Impossible pour lui de marcher sur l'eau. Car s'il reste le patron, François Hollande n'est quand même pas Jésus."
Dans La Presse de la Manche, Jean Levallois résume la situation après un week-end riche en passe d'armes. "(...) À gauche, on cherche à reprendre un équilibre institutionnel quelque peu bousculé par les confidences du chef de l'État. 
Il y a eu des mises au point musclées entre le président et son Premier ministre (...) À droite, Nicolas Sarkozy, confronté à un Alain Juppé qui caracole en tête pour la primaire, a fixé son dévolu sur François Bayrou pour passer ses nerfs, lequel, évidemment, lui a fait savoir tout le bien qu'il pensait de lui (...) 
Pendant ce temps, Emmanuel Macron s'en tient à son calendrier (...) et compte les points de ses adversaires potentiels (...) Dans l'actuelle effervescence, ils sont au moins deux à n'éprouver aucune envie de se précipiter. Ce sont Emmanuel Macron et François Hollande. Pas pour les mêmes raisons. Et pas dans les mêmes conditions."
 François Hollande peut nuire aux impatients 
Dans La République des Pyrénées, Jean-Michel Helvig s'emporte devant cette mêlée générale et conseille la patience. "Six semaines ! Est-ce si intenable qu'une telle nervosité se soit emparée des ministres, élus et dirigeants socialistes dont les uns font tout pour qu'il [François Hollande, NDLR] renonce à se représenter et les autres qu'il déclare ses intentions au plus vite ? Six semaines d'ici l'échéance fixée par le président sortant lui-même pour se prononcer (...). 
Manuel Valls s'est fait l'écho de ce trouble profond, en même temps qu'il se posait implicitement en recours (...). Il s'est attiré une sèche réplique de ce dernier déclarant que chacun doit être à sa tâche (...). S'il peut avoir du mal demain à remobiliser les déçus, François Hollande peut dès à présent nuire aux impatients. Le Premier ministre devrait s'en souvenir."
Mais comment ne pas céder à l'impatience quand règne une telle confusion, s'interroge Pierre Fréhel dans Le Républicain Lorrain : "À six mois de la compétition, les têtes d'affiche sont toujours inconnues. 
À gauche comme à droite, c'est l'incertitude totale. Aucun candidat n'est sûr d'être au départ. Les paris les plus fous sont à prendre en compte. Même le président de la République en exercice, encalminé dans une impopularité délirante, peut encore espérer profiter d'une occurrence qui l'enverrait sur la ligne de départ. C'est justement ce brouillard généralisé qui encourage les candidatures. Lesquelles ne font qu'ajouter de la confusion aux incertitudes. 
Chacun évaluant ses chances en fonction de simples hypothèses. Aussi le verdict de la primaire de la droite est-il attendu avec impatience dans le camp adverse. Et en particulier à l'Élysée où l'on fait mine de se préparer à une primaire à très haut risque (...).

L'incertitude, c'est en effet ce sur quoi prospère l'espoir des challengers. Selon Dominique Garraud, dans La Charente Libre, c'est le cas d'un François Bayrou qui a violemment réglé ses comptes ce week-end avec Nicolas Sarkozy : "(...) À l'inverse des tendances sondagières, François Bayrou doute encore d'une victoire d'Alain Juppé à la primaire. 
Et, en cas de défaite de ce dernier, il ne fait pas mystère de sa volonté de se présenter individuellement en recours face à Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen. Les sondages où il figure le placent systématiquement au mieux en troisième position, au niveau de Mélenchon et Hollande, mais toujours derrière Emmanuel Macron lorsque ce dernier est présent. Le moment Bayrou et ses éclats sont appelés à durer au minimum jusqu'à la finale de la primaire attendue entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé. 
Mais il est tout aussi clair que François Bayrou se prépare déjà pour l'après-primaire avec la conviction que la prochaine présidentielle se jouera et pourrait se gagner au centre, avec ou sans Alain Juppé."

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