samedi 15 octobre 2016

Il ne faut pas sauver le soldat Hollande ! PAR JÉRÔME BÉGLÉ...


Hier prompt à le défendre, le premier cercle des hollandais est pétrifié par les dernières frasques de son idole. Au point de vouloir arrêter le massacre.


La semaine dernière, le cosmodrome de la Rue de Solférino était en pleine activité. Ses experts, ses petites mains et ses spécialistes s'affairaient autour du pas de tir. La fusée Hollande était en approche, on s'apprêtait à faire le plein d'hydrogène, on affinait son plan de vol et on déclenchait déjà le compte à rebours. Les plus éminents savants rivalisaient de phrases ambitieuses pour décrire le cahier des charges de cette mission spatiale : placer une seconde fois François Hollande sur une orbite présidentielle. 

L'optimisme de l'équipe était tel que certains sceptiques d'hier commençaient à relever la tête. C'était il y a quatre jours, autant dire une éternité dans le calendrier hollandien. Car en quelques heures tout s'est déréglé. 

La fusée n'a finalement pas pu atteindre son pas de tir : elle a soudainement explosé dans un épouvantable fracas, percuté par un corps étranger qu'aucun radar n'avait repéré : un livre.

Un livre dévastateur

Un président ne devrait pas dire ça (éditions Stock) est le fruit de 63 rendez-vous entre le chef de l'État et ses auteurs, les journalistes Fabrice Lhomme et Gérard Davet. Son ambition était d'expliquer le quinquennat aux nuls (c'est-à-dire aux Français), d'en rappeler les perspectives, d'en esquisser un bilan, et d'en extrapoler la suite. Au lieu de cela, l'ouvrage est une compression de César dans laquelle se glissent des métaux lourds : le cynisme, la méchanceté, la rancune, l'incompétence, l'hypocrisie, l'égocentrisme et l'absence de reconnaissance pour autrui.
Les kremlinologues de l'Élysée n'en sont toujours pas revenus ! Ils sondaient les murs du Palais pour trouver le fameux trou de souris par lequel faire passer leur candidat quand la maison leur est tombée dessus... Hagards, le souffle court, ils cherchent leurs mots pour décrire la situation. Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationales'interroge sur la « volonté » de François Hollande de se représenter en 2017, percevant « une hésitation » dans les confidences du chef de l'État rassemblées dans le livre publié cette semaine. « Il y a un grand besoin d'explication pour comprendre si François Hollande veut vraiment être candidat, » a-t-il dit lors d'une interview à La Provence. La veille un ministre respecté du gouvernement avait lâché un terrible « il va falloir s'en débarrasser », une sentence qui claque comme une balle de revolver. 
Plus tard, Jean-Marie Le Guen étale ses doutes : « sa réflexion doit être menée », comprenez « il doit comprendre que les carottes sont cuites ». Le même ministre chargé des Relations avec le Parlement se permet même ce conseil qu'en temps ordinaire on adresse à un jeune élu ou à un ministre fougueux : « Il faudrait qu'il s'adresse plus aux Français et un peu moins aux journalistes. » En déplacement au Canada, Manuel Valls y est également allé de sa petite phrase : « Il faut que nos comportements soient dignes. Il faut de la pudeur, il faut de la hauteur de vue. » Fermez le ban !

Revoilà « les sans-dents » !

Mercredi au sortir du conseil des ministres, Stéphane Le Foll le fidèle des fidèles n'a pu dissimuler son trouble en lisant un SMS envoyé en 2005 par le futur président normal à sa dulcinée d'alors Valérie Trierweiler dans lequel il parlait sans détour, ni ambages, ni gêne des « sans-dents » : « Je suis avec ma copine Bernadette dans une grande manifestation dans son canton. Je lui ai fait un numéro de charme. Mais tu ne dois pas t'inquiéter. Dans son discours, elle a fait un lapsus formidable. Rire général, même chez les sans-dents. » Il y a de quoi désespérer les plus fervents militants socialistes... 
Qui doivent se souvenir combien ils se sont élevés contre Nicolas Sarkozy lorsque celui-ci avait comparé les juges à des petits pois, formatés et tous sortis du même moule. On dirait presque une caresse aujourd'hui : son successeur affirme que la justice est une « institution de lâcheté ». Ajoutant, « c'est quand même ça, tous ces procureurs, tous ces hauts magistrats. On se planque, on joue les vertueux... On n'aime pas le politique. » Ainsi, Hollande dépasse allègrement une ligne jaune que Sarkozy n'avait fait que tutoyer...
Le chef de l'État peut multiplier les lettres de fausses excuses pour se rabibocher aujourd'hui avec les jugesdemain avec les footballeurs, après-demain avec les écologistes, et plus tard avec les chômeurs, les socialistes ou les jeunes également trahis, plus rien n'y fera. Les autres musiciens ont déserté la scène, et bientôt, à gauche, tout le monde voudra tirer sur le pianiste.


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