mardi 4 octobre 2016

Faut-il interdire les devoirs à la maison ?


À l’école primaire, les devoirs à la maison, sous leur forme écrite, sont théoriquement interdits.

À l’école primaire, les devoirs à la maison, sous leur forme écrite, sont théoriquement interdits, mais la plupart des professeurs des écoles, souvent à la demande des parents, en donnent à leurs élèves : il s’agit d’effectuer quelques exercices pour consolider les connaissances acquises pendant les cours.
 La circulaire du 29 décembre 1956, qui fut à l’origine de cette interdiction, la justifie ainsi : compte tenu de la fatigue des jeunes élèves après six heures de cours, un travail « hors la présence du maître et dans des conditions matérielles et psychologiques souvent mauvaises, ne présente qu’un intérêt éducatif limité ». Elle recommande de faire les devoirs« pendant la classe ».
De cette circulaire, on retient généralement que tout devoir à la maison, écrit ou oral, est interdit, parce qu’il serait source de discrimination, les familles n’étant pas égales dans la façon dont elles accompagnent leurs enfants. Cette argumentation est boiteuse. La question est de savoir si des devoirs à la maison, donnés sans excès, peuvent être profitables. Si c’est le cas, faut-il les proscrire sous prétexte que certains parents n’ont ni le temps ni la culture nécessaires pour suivre leurs enfants ? Ou pallier les difficultés que peuvent rencontrer certaines familles afin que tous puissent en profiter ? Le bon sens semble conduire à la seconde solution, mais le préjugé égalitariste est tenace.
Voici qu’une association veut aller plus loin en demandant la suppression des devoirs à la maison au collège. Elle vient de lancer un manifeste intitulé « Dites non aux devoirs à la maison, oui aux devoirs à l’école ». Avec toujours le même argument : « Les devoirs à la maison ne tiennent pas compte de la réalité des familles en difficulté.
Ils exacerbent les inégalités. Ils font porter la réussite scolaire sur les familles, entretenant l’idée d’une possible démission parentale. »Tous les médias en ont copieusement parlé, comme s’il s’agissait d’une révolution, alors qu’il ne s’agit que d’une adaptation au collège de la circulaire de 1956.
L’idée n’est pas forcément mauvaise, mais sa mise en œuvre est problématique. Prendra-t-on sur les heures de cours le temps nécessaire ? Ce serait appauvrir l’apprentissage des savoirs disciplinaires, déjà bien atteint. Mieux vaudrait instaurer, pour toutes les familles qui le souhaitent, des études dirigées, à l’école primaire et au collège, encadrées par des professeurs volontaires, rémunérés pour cette tâche, ou des étudiants motivés, voire des retraités qui mettraient leur expérience au service des plus jeunes. 
En 2007, le ministre de l’Éducation nationale avait lancé une telle initiative dans des collèges de zone prioritaire : elle devait être étendue. Tentative avortée ! L’État pourrait, aussi, encourager matériellement les collectivités à proposer des études le soir pour aider les enfants dont les parents ne peuvent s’occuper.
Il reste que, dans ce débat, on retrouve le préjugé égalitariste sur lequel se fonde la politique du gouvernement actuel. S’il le pouvait, il enlèverait les enfants au berceau pour les éduquer tous dans les mêmes conditions. L’abus d’égalité mène au totalitarisme. 
La véritable égalité consiste, non pas à priver les enfants de l’aide qu’ils peuvent trouver dans leur famille, mais à soutenir ceux qui en ont besoin. Avec cynisme, les Procuste modernes satisfont leur obsession de nivellement, tout en prenant soin de placer leurs enfants dans des établissements privilégiés.

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