samedi 24 septembre 2016

Un flic à la cantine....


Ce pourrait être le titre d’un navet des années 80. C’est la réalité dans une école primaire à Aigrefeuille-d’Aunis, près de La Rochelle.

Un flic à la cantine. Ce pourrait être le titre d’un navet des années 80. C’est la réalité dans une école primaire à Aigrefeuille-d’Aunis, près de La Rochelle. Un policier municipal assure la surveillance de la cantine.
Selon le maire de la commune, les élèves étaient vraiment trop bruyants, et la présence du policier ramène le calme. Et, d’ailleurs, il justifie sa décision dans les colonnes de Sud Ouest : « Il ne fait pas peur aux enfants qui le connaissent bien. Et il est vrai que, depuis qu’il est là, cette cantine qui était vraiment trop bruyante est plus calme. L’opposition proteste contre le fait qu’il soit en uniforme. Mais un policier municipal, quand il est en service, est en uniforme. S’il n’est pas en tenue, c’est qu’il ne travaille pas. Son job, c’est d’être habillé en policier. »
Que le flic en question soit très gentil et apprécié des enfants ne change rien à la question : pourquoi, dans une ville de 3.700 habitants, faut-il un représentant des forces de l’ordre à la cantine ? Et, pour tout dire, est-ce son travail ? À l’évidence non.
D’autant plus que la commune n’a jamais fait parler d’elle. L’école primaire ne compte sans doute pas de délinquants en herbe, d’éléments allogènes parlant à peine français ou de petits caïds de banlieue.
Surveiller la cantine et assurer le calme – relatif, ce sont des enfants, tout de même – relève de la responsabilité de l’équipe éducative : une institutrice, un surveillant, voire le directeur de l’école lui-même. De la même manière qu’ils surveillent à tour de rôle les entrées dans l’école, au portail le matin.
D’aucuns diront que l’école manque sans doute des moyens nécessaires pour embaucher un surveillant, et que le policier, fonctionnaire municipal, est payé à effectuer un travail qu’un autre ferait de toute façon pour le même salaire. Peut-être. Mais dans ce cas, qu’il le fasse en qualité de surveillant, et non de policier. C’est-à-dire en civil. Et qu’il exerce ses activités de police municipale le reste du temps.
Parce que si la commune a besoin d’une police municipale, c’est sans doute parce que ces fonctionnaires sont utiles à la tranquillité publique. Alors que notre pays est placé sous un régime d’état d’urgence qui mobilise les forces de gendarmerie, de police nationale et l’armée jusqu’à saturation, les polices municipales pourraient être mieux employées à effectuer les rondes de surveillance dans les lotissements, les zones isolées, s’occuper des problèmes de voisinage, de tapage, de déchets jetés en pleine nature, en bref, de toutes les incivilités qui, faute de moyens, ne sont pas réprimées.
C’est là une curieuse conception de l’emploi des forces de l’ordre. Qui n’est pas propre à cette petite commune de l’Aunis, mais qu’on constate un peu partout. Par exemple, la prolifération des agents de surveillance de la voie publique, dont le travail consiste exclusivement à verbaliser les véhicules en stationnement, n’empêche pas certaines villes d’être envahies de tags, de poubelles déposées n’importe où ou de crottes de chien sur les trottoirs. Toutes infractions que les mêmes ASVP ne verbalisent jamais, y compris lorsqu’elles sont commises sous leurs yeux. Il faut dire qu’à la différence d’un punk à chien, une voiture à l’arrêt ne risque pas d’en coller une aux policiers…
Pendant ce temps-là, les têtes blondes d’Aigrefeuille-d’Aunis apprennent à ne pas parler trop fort en mangeant leurs haricots verts, sous l’œil vigilant du flic de la cantine.

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