samedi 9 juillet 2016

VIDEOS. Euro 2016 : pourquoi le foot nous rend fous !


LE FAIT DU JOUR. Mauvaise foi, hystérie... : les émotions que génère le foot peuvent parfois faire disjoncter les plus calmes d'entre nous.

Pourquoi diable saute-t-on au plafond et hurle-t-on à s'en décoller les poumons quand notre équipe marque un but ? Qu'est-ce qui pousse le plus poli d'entre nous à insulter l'arbitre avec autant de mauvaise foi ? Qu'on soit supporteur fidèle ou simple « footix », il semblerait que le roi des sports nous fasse facilement perdre la raison.

Il faut dire qu'en matière de suspense, le foot est généreux : la nature du but, bien plus rare et crucial qu'un panier en basket, et souvent plus soudain qu'un essai en rugby, rend le résultat plus incertain. Sans parler de la quasi-absence de temps mort qui maintient la pression en permanence.


Les hormones du stress


Quel écho ce suspense trouve-t-il dans l'organisme d'un fan de foot ? « Son cerveau, qui perçoit la possible défaite de son équipe comme un danger, envoie à chaque situation chaude un avertissement aux glandes surrénales, qui en réponse produisent les hormones du stress, dont l'adrénaline », explique Pierre Setbon, cardiologue, spécialiste du stress.


En fouettant le coeur, c'est cette dernière qui génère ces palpitations, sensation de souffle coupé ou de boule au ventre. Les psychologues appellent même ça l'eustress, un mélange d'euphorie et de stress très addictif.

Mais ce stress justifie-t-il que le plus sage des supporteurs passe sa soirée à jurer contre l'arbitre, en dépit de tout bon sens ? Evidemment non, il s'agit là d'un « biais cognitif » bien connu des spécialistes de la psychologie du fan, dont Susan K. Withbourne, professeur à l'université du Massachusetts : « Le supporteur voit le match tel qu'il veut qu'il soit, et non tel qu'il est. Tout ce qui va contre son intuition est balayé. Le factuel ne compte plus. » Et la main de Thierry Henry contre l'Eire en 2009 non plus.

Un piège psychologique


Dans le même genre, explique la psychologue, un supporteur se met arbitrairement à « haïr » les supporteurs du camp d'en face durant une rencontre, « alors même qu'il n'y a rien de plus proche, en termes de valeurs et de style de vie, que deux groupes de supporteurs ». Autre piège dans lequel tombe facilement le fan : croire que son comportement (zapper, aller aux toilettes) influe sur le jeu.

Une superstition qu'a théorisée au milieu du siècle dernier le psychologue américain Frédéric Skinner, en s'apercevant lors d'une expérience que les pigeons qu'il nourrissait automatiquement toutes les quinze secondes interprétaient cette nourriture comme la récompense d'un comportement, attitude qu'ils reproduisaient donc alors qu'ils n'en avaient pas besoin. De là à dire que les supporteurs sont des pigeons...

 Ménagez-vous avant les matchs !
En Allemagne, en 2006, le risque pour les hommes de subir un accident cardiovasculaire pendant le Mondial avait été multiplié par 2,7, selon une étude britannique. « Le stress est un véritable effort cardiaque qui peut s'avérer dangereux pour les plus fragiles et il faut se préparer à une compétition comme l'Euro », assure Pierre Setbon, cardiologue parisien et spécialiste des questions de stress.

Il recommande ainsi, dans les heures qui précèdent les matchs, d'éviter les excitants (café, thé) et l'alcool, qui augmentent l'adrénaline, de réduire la consommation de tabac, de ne pas « trop » manger, même si l'excitation rend boulimique, et même, si possible, de faire une petite sieste...


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