vendredi 29 juillet 2016

La droite exige "plus d'actions" de la part de Valls....


Le Premier ministre prône une interdiction temporaire des financements étrangers de mosquée. Il souhaite des imams "formés en France et pas ailleurs".


Florian Philippot (FN) a renvoyé dos à dos l'exécutif et l'opposition vendredi, estimant qu'il n'y avait « rien sur le fond » dans les nouvelles propositions de Manuel Valls et mettant aussi en doute la « crédibilité » de Nicolas Sarkozy. Dans unentretien au Monde , le Premier ministre Manuel Valls s'est dit vendredi « favorable » à une interdiction du financement étranger des mosquées, souhaitant en outre « inventer une nouvelle relation » avec l'islam de France. « Il n'y a rien sur le fond », a jugé sur Europe 1 Florian Philippot, l'un des vice-présidents du Front national.

« Interdiction temporaire du financement étranger des mosquées ? On le demande depuis des années et des années », a-t-il lancé. « Pourquoi temporaire ? C'est un principe : on ne peut pas accepter de voir des mosquées en France financées par l'Arabie Saoudite, la Turquie, le Qatar ou les puissances du Maghreb qui se font d'ailleurs une concurrence entre elles », a-t-il poursuivi. « Tout cela est forcément malsain, voire dangereux, du fait de l'orientation de certains de ces pays, notamment du fait qu'ils vont vers le salafisme, et je crois que nous avons intérêt à prendre cette décision », a dit Florian Philippot.

« Un exercice d'autosatisfaction »

Dans un communiqué, Les Républicains ont demandé à Manuel Valls « plus d'actions » et « moins de polémiques ». « Si le Premier ministre prétend faire preuve de sang-froid, alors qu'il prenne enfin les mesures à la hauteur de la situation exceptionnelle que nous affrontons. Un peu plus d'actions et un peu moins de polémiques », peut-on lire. « L'État de droit n'est pas là pour protéger la libre circulation des terroristes », explique le parti de droite. « La question est simple, en l'occurrence : le gouvernement a-t-il fait le maximum pour empêcher les attentats ?Non, malheureusement », dénoncent Les Républicains, qui saluent la « seule proposition » du Premier ministre « qui va dans le bon sens »: l'interdiction temporaire du financement étranger des mosquées, qu'il a mentionnée dans son entretien.
Les élus LR Christian Estrosi et Éric Ciotti ont également interpellé Manuel Valls après sa proposition d'interdire temporairement le financement étranger des mosquées. Le député des Alpes-Maritimes et président du conseil départemental Éric Ciotti (LR) a dénoncé vendredi sur Twitter un « indécent exercice d'autosatisfaction » de Manuel Valls sur le terrorisme, son « hypocrisie » et des « demi-mesures ». « Hypocrisie de (Manuel) Valls qui se prononce contre le financement étranger des mosquées mais a refusé mon amendement en ce sens il y a 10 jours ! », a aussi lancé Éric Ciotti. « Début juillet (Manuel) Valls autorisait l'ouverture d'une mosquée financée par l'Arabie Saoudite à Nice. S'il est cohérent il doit la faire fermer ! » a-t-il encore ajouté sur le réseau social.
« Suite à la déclaration dans Le Monde de Manuel Valls (...), je ne peux que déplorer qu'il y a seulement moins d'un mois, le gouvernement a autorisé l'ouverture de la mosquée En-Nour, financée par l'Arabie Saoudite en se substituant au pouvoir du maire », a de son côté déclaré le président de la région Paca Christian Estrosi, 1er adjoint au maire de Nice. « Je n'ai eu de cesse d'alerter le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur sur l'origine des fonds de financement de cette mosquée, sans réaction du gouvernement », a réagi vendredi Christian Estrosi. « Au contraire, le préfet des Alpes-Maritimes s'est empressé de prendre l'arrêté d'ouverture au public alors que j'avais décidé de ne pas le signer. »
La mosquée En Nour a ouvert à Nice début juillet malgré l'opposition de la mairie Les Républicains. Le projet de construction de cette mosquée avait commencé en 2003 avec l'achat d'un bâtiment par un homme devenu plus tard ministre des Cultes en Arabie Saoudite. Christian Estrosi s'était fermement opposé à cette ouverture, estimant qu'elle faisait « courir à la ville des risques d'ordre public ».

« On savait et on n'a rien fait »

Concernant la décision de la justice de libérer sous bracelet électronique Adel Kermiche, l'un des deux auteurs de l'attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray, « M. Valls nous a dit il y a eu des échecs (...) mais normalement quand on est responsable politique on en tire les conséquences en présentant sa démission, c'est comme ça que ça fonctionne dans les autres démocraties matures », a également déclaré Floran Philippot.
« On savait et on n'a rien fait. On a appliqué la solution prônée une semaine avant par Nicolas Sarkozy (le président du parti Les Républicains NDLR), c'est-à-dire le bracelet électronique, c'est une solution laxiste qui est extrêmement dangereuse », a affirmé le frontiste. Pour lui, Les Républicains sont « dans la gonflette verbale traditionnelle », mais « ça ne dupe plus grand monde ». « Nicolas Sarkozy nous explique qu'il faut faire des choses contre l'immigration massive et pour la sécurité » mais « disait déjà cela en 2005, puis en 2007 avant d'être élu, et on l'a vu au pouvoir, il a fait strictement l'inverse », a-t-il déclaré. « Il nous dit aujourd'hui : il faut mettre en place la double peine (...), sauf que c'est lui qui l'a supprimée », a-t-il ajouté. « Ces gens-là n'ont plus de crédibilité », a-t-il dit.

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