lundi 25 juillet 2016

Des officiels des pays du Golfe s’attaquent au cheikh Qaradawi : Il est le « mufti des attentats-suicides » et devrait être traduit en justice.


Au cours des dernières semaines, des représentants officiels des pays du Golfe ont attaqué le cheikh Youssouf Al-Qaradawi, directeur de l’Union internationale des savants musulmans (IUMS), et chef spirituel de la Confrérie des Frères musulmans (FM), pour les fatwas qu’il a émises dans le passé autorisant les attentats-suicides. Ces accusations sont intervenues au lendemain des attentats-suicides du 4 juillet en Arabie saoudite.
Le premier à se lever contre Qaradhawi a été le ministre des Affaires étrangères des EAU, Abdallah bin Zayed, qui a accusé, sur Twitter, Qaradawi d’être partiellement responsable des attentats, et l’a appelé à rendre des comptes.
En réponse, Al-Qaradawi a qualifié sur son propre compte Twitter bin Zayed de “démon”, tout en s’abstenant de répondre aux accusations. Il convient d’observer que Twitter a retiré à deux reprises la réponse de Qaradawi, après quoi ce dernier l’a republiée sur sa page Facebook.
Les commentaires de bin Zayed ont été repris par deux autres représentants officiels des pays du Golfe : le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, Khalid bin Ahmed Aal Khalifa, et le ministre des Affaires étrangères des EAU, Dr. Mohammed Gargash. Plusieurs articles dans la presse du Golfe se sont joints aux attaques contre Qaradawi, le qualifiant de “Mufti du suicide”, et de “cheikh de la fitna [discorde]”, et certains journaux égyptiens connus pour leur position anti-FM ont aussi publié des articles contre lui.
Les accusations contre Qaradawi ont déclenché un débat houleux sur les réseaux sociaux. Comme preuve de la validité de leurs arguments, certains protagonistes ont renvoyé à une vidéo de 2012 dans laquelle le cheikh justifiait les opérations suicide en Syrie. Interrogé pour savoir s’il était autorisé de mener des opérations de “martyre” contre les régimes loyalistes, même si des civils pouvaient être atteints en conséquence, Qaradawi a affirmé que cela était permis, si le groupe (qui menait l’attaque) le jugeait nécessaire.
Ce n’est pas la première fois que différents médias arabes, en particulier ceux qui s’opposent aux FM, imputent à la confrérie – et à Qaradawi en tant que l’un de ses principaux idéologues – les violences de l’EI dans le monde arabe. Si l’Egypte et d’autres pays arabes ont désigné les FM comme organisation terroriste, c’est la première fois que des représentants officiels du Golfe ont désigné Qaradawi comme responsable du terrorisme de l’EI et des attentats-suicides. 
Cela pourrait s’expliquer par leur désir de contrer les arguments de l’Occident selon lesquels la source de l’extrémisme sunnite est le courant wahhabite, dominant en Arabie saoudite, et d’en faire porter la responsabilité aux Frères musulmans, qui sont considérés par beaucoup en Occident comme un mouvement islamique modéré.
Il convient d’observer qu’avant même 2012, Qaradawi avait autorisé les opérations-suicides, notamment en Israël. En 2001, il avait répondu à une fatwa du mufti Abd Al-Aziz bin Abdallah Aal Al-Sheikh, demeurant alors en Arabie saoudite, qui interdisait les opérations-suicides même contre une armée occupant une terre musulmane. Qaradawi avait affirmé en réponse à cette fatwa que les opérations menées par des kamikazes musulmans étaient une forme de résistance légitime, et constituaient des “actes héroïques de martyre et de sacrifice”, une des formes les plus nobles du djihad pour Allah. Il avait précisé :
 “Ces opérations sont la chose la plus éloignée du suicide qui soit, et celui qui les commet n’est aucunement suicidaire. Le suicide consiste à se tuer pour des raisons égoïstes, tandis que celui qui se sacrifie [a fida’i] le fait pour sa religion et la Oumma. Il combat les ennemis d’Allah en utilisant une nouvelle arme que Dieu a placée entre les mains des opprimés comme un moyen de résister à la tyrannie des forts et des hautains”.
En 2015, après qu’il fut accusé de soutenir les opérations-suicides en Egypte, suite à l’éviction du président Mohammed Morsi, le bureau de Qaradawi a publié un communiqué visant à clarifier sa position sur la question. Il a déclaré que, dans son livre Fiqh Al-Djihad [Jurisprudence relative au djihad] datant de 2009, il avait clairement affirmé qu’il autorisait les opérations-suicides en Palestine uniquement, et nulle par ailleurs. 
Le communiqué précisait en outre que, maintenant que les Palestiniens avaient obtenu des armes sophistiquées, les opérations-suicides n’étaient plus valables, pas même en Palestine. Toutefois, les fatwas de Qaradawi autorisant les opérations-suicides sont encore interprétées dans certains cercles musulmans comme conférant un blanc-seing aux attaques de ce genre. Il faut également souligner que ces fatwas apparaissent encore sur son site Internet.

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