jeudi 7 juillet 2016

Chaque passager embarquant à Tel-Aviv subit onze contrôles différents...


Parfois sans s’en rendre compte puisqu’au sous-sol, les valises sont examinées par un scanner spécialement développé par Siemens pour le compte de la sécurité aéroportuaire de l’Etat hébreu. Capacité ? «Au moins 5 000 valises à l’heure», nous déclare un responsable.

Les installations aéroportuaires israéliennes sont également surveillées vingt-quatre heures sur vingt-quatre par des patrouilles motorisées, des réseaux de caméras, ainsi que par des postes d’observation aux vitres sans tain derrière lesquelles des experts se livrent au «screening de foule» dans les halls de départ et d’arrivée. A cela s’ajoutent les agents chargés de détecter les objets suspects dans les poubelles et les valises abandonnées.

Obsession

Pour plus de sécurité encore, le Shabak (la sûreté générale) et la police organisent plusieurs fois par an des exercices au cours desquels de faux terroristes tentent d’introduire dans l’aéroport une bombe factice, une fausse valise piégée ou une arme démilitarisée.

S’ils y parviennent, la société prestataire des services de contrôle est priée de renforcer ses procédures, voire de renvoyer sur le champ les employés fautifs. Si les erreurs ne sont pas corrigées rapidement, son contrat est résilié sans indemnités.

Jusqu’à ces dernières semaines, ce dispositif particulièrement lourd était souvent qualifié de paranoïaque. D’autant que certaines des mesures de sécurité israéliennes s’appliquent aussi aux aéroports étrangers.

A Roissy et à Orly par exemple, les compagnies aériennes de l’Etat hébreu disposent d’un espace réservé dans lequel un personnel spécialisé envoyé par Tel-Aviv procède à ses propres contrôles.

Ces agents séjournent à l’étranger pour une durée de six mois et certains sont également affectés à la sécurité des bureaux de la compagnie israélienne El Al. Ils y croisent parfois les «marshals» armés qui voyagent incognito parmi les passagers de certaines lignes sensibles.

Les attentats du 22 mars à Bruxelles ont changé la perception européenne de l’obsession sécuritaire israélienne. Ces dernières semaines, de nombreux responsables sécuritaires européens ont fait le voyage à l’aéroport Ben Gourion. Le 14 mai, le ministre belge de l’Intérieur a ainsi eu droit à une visite privée des installations les plus sensibles. 

Quelques heures à peine après l’attentat de l’aéroport Atatürk d’Istanbul, mardi soir, il se disait à Tel-Aviv que la collaboration sécuritaire avec la Turquie allait reprendre d’autant plus rapidement que les deux pays viennent de mettre fin à leur brouille de six ans.

En la matière, Israël dispose de plus de quarante ans d’avance sur le reste du monde. Le pays a commencé à élaborer ses propres procédures dans les années 70, alors que les organisations palestiniennes détournaient ou attaquaient les avions de El Al.

En 1972, après la tuerie perpétrée par un commando de l’Armée rouge japonaise à l’aéroport Ben Gourion, qui avait fait 26 morts, la Première ministre Golda Meir avait ordonné la mise en place de mesures de sécurité beaucoup plus poussées.

Plus récemment, lorsqu’Al-Qaeda a revendiqué en 2002 le tir de deux missiles sur un avion israélien survolant le Kenya, Ariel Sharon a décidé que l’Etat financerait la pose de systèmes antimissiles laser sur les appareils des quatre compagnies civiles israéliennes.

«Le système israélien de protection est global parce que le terrorisme l’est tout autant, souligne un consultant en sécurité. Puisque les coups peuvent tomber de n’importe où, on essaye de parer à tout en envisageant toujours le pire du pire. Pendant longtemps, les Européens n’ont pas voulu le comprendre, ils ont changé d’avis lorsque ça leur est aussi tombé dessus.» 

Nissim Behar

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Israel Valley
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