mardi 5 juillet 2016

Bac 2016 : conseils à ceux qui ont échoué...


Le psychiatre Alain Braconnier donne à ceux qui n'ont pas eu leur diplôme cette année (et à leurs proches) les clés pour aborder ce revers.


Non, tout le monde n'a pas le bac. Si près de huit candidats sur dix obtiennent le fameux sésame dans les filières générales, et près de sept sur dix dans les filières technologiques ou professionnelles, deux sur dix échouent bel et bien. Pour ces adolescents, la pression de la société ne fait qu'accentuer leur déception. Comment peuvent-ils faire face à cet échec et que peut faire leur entourage pour les aider ? Les réponses d'Alain Braconnier, psychiatre, chef de la consultation du centre médico-psychologique Philippe-Paumelle à Paris.
Le Point.fr : Comment les lycéens peuvent-ils aborder leur échec au bac ?
Alain Braconnier : Tout dépend de la manière dont ils ont abordé l'épreuve. On peut se trouver face à trois cas de figure. Certains seront déçus et en colère : à cet âge-là, ces sentiments peuvent se manifester de manière assez violente. Ils vont penser qu'ils ne sont pas à la hauteur, ne vont pas vouloir repasser le bac et ainsi s'opposer aux résultats en adoptant un discours radical : « je ne vaux rien » ou bien « c'est injuste ». Les proches de ceux-là devront laisser la colère s'exprimer, avant de les encourager dans un second temps. 
D'autres, qui n'ont pas travaillé du tout, s'étaient persuadés qu'ils décrocheraient leur fameux sésame : ils vivaient jusque-là dans l'illusion et vont bien souvent vouloir y rester. Face à ce déni de réalité, il sera plus difficile de leur faire prendre conscience de la nécessité d'étudier pour réussir : un travail de discussion important sera nécessaire pour que le déni soit totalement levé, et ensuite seulement encourager de nouveau le candidat malheureux.
Et pour ceux qui s'attendaient à cet échec ?
Pour ceux-là, le contact s'établit plus facilement. Puisqu'ils savent pourquoi ils n'ont pas obtenu le bac, le message d'encouragement est plus facile à délivrer.
Qui peut jouer un rôle dans l'entourage de celui qui a échoué ?
Les parents et la famille, bien sûr, mais pas seulement. Les amis, et parfois aussi les anciens enseignants lorsqu'ils sont sollicités, peuvent toucher le lycéen différemment et ainsi participer activement à la prise de conscience des raisons de son échec, et donc à la manière dont il rebondira. 
Celui qui a échoué doit prendre ce résultat comme un feu orange, qui lui permettra d'aborder sa vie sous un nouvel angle. Pour certains, il s'agira de recommencer l'année prochaine en étudiant autrement. D'autres choisiront à l'inverse de ne pas repasser le bac pour se consacrer à une autre voie : dans ce cas, il est indispensable d'avoir une passion qui jouera le rôle de moteur, sans quoi la situation pourrait se révéler très problématique.
L'échec est-il vécu comme une blessure par tous ceux qui n'ont pas eu leur diplôme ?
Bien sûr ! Quelle que soit la situation, ils sont touchés dans leur narcissisme, c'est-à-dire dans l'image qu'ils ont d'eux-mêmes. Mais cet échec peut bien souvent s'avérer productif, et se transformer en déclic.
C'est ce « déclic » qui aidera ceux qui passeront les épreuves de rattrapage ? 
Cette prise de conscience est évidemment nécessaire à tous, et en premier lieu à ceux qui devront rapidement se remobiliser pour les oraux des jours prochains. Pour cette deuxième chance qui leur est offerte, il faut bien entendu qu'ils se préservent de tout stress et qu'ils trouvent les ressources en eux pour éviter la pression des écrits. 
L'anxiété se gère par une anticipation raisonnée ainsi que par le contrôle des événements à venir : cela vaut donc la peine de donner un dernier coup de collier pour maîtriser l'épreuve et se rassurer.
Le bac marque la fin d'une ère, le passage à la vie adulte. Le rater joue-t-il un rôle dans l'évolution de la maturité ?
L'échec peut bien souvent être le signe d'une immaturité. Aujourd'hui, même si cet examen est bien plus facile qu'auparavant, même si d'aucuns disent qu'il ne s'agit même plus d'une épreuve, le stress et l'angoisse perdurent. Passer le bac est un rite, l'obtenir marque une étape dans la vie.
Malgré les nombreuses critiques formulées à son encontre, il ne faut donc pas le supprimer ?
Je suis un grand défenseur du bac. Je ne suis pas contre instaurer une part de contrôle continu, mais d'un point de vue psychologique, il est important que cette épreuve existe. Elle permet de sortir de l'enfance, de la scolarité telle qu'elle a été mise en place depuis la maternelle, tout en accédant à un projet d'études supérieures, voire de professionnalisation.

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