lundi 25 juillet 2016

Athlètes russes dopés : l’arbre qui cache la forêt...


Depuis quelques décennies, le sport est devenu un exutoire des nationalismes. L’affaire russe ne l’illustre que trop bien.


Le Tribunal arbitral du sport (TAS), saisi par la Fédération internationale d’athlétisme, a rendu son verdict le 21 juillet : les athlètes russes, tous convaincus de dopage par le rapport McLaren, seront privés de compétition aux Jeux olympiques (JO) de Rio. Le reste de la délégation russe a finalement obtenu la clémence du Comité international olympique, mais ce rapport révèle un véritable système de dopage de masse, orchestré par l’État et les différentes fédérations russes. Un tel scandale, en réalité un parmi tant d’autres, nous invite à nous demander si le monde du sport est irrémédiablement sclérosé.
Depuis quelques décennies, le sport est devenu un exutoire des nationalismes. L’affaire russe ne l’illustre que trop bien. Un événement suivi par des milliards de spectateurs et de téléspectateurs, comme les JO ou la Coupe du monde de football, est l’occasion pour un État de briller sur la scène mondiale. « Milliards » n’est pas une hyperbole : par exemple, le Tour de France est diffusé dans 190 pays du monde et atteint des audiences de 3,5 milliards. 
Quoi de plus naturel, donc, que de mettre toutes les chances de son côté, peu importe les moyens, pour ramener le plus de trophées possible à la maison ? On se souvient des photos de Lance Armstrong, son maillot jaune sous le bras, serrant la main à un George W. Bush tout sourire…
Mais organiser une grande compétition est certainement un accélérateur de soft power encore plus important que le fait d’y participer. Cela permet de montrer à tous ses rivaux que l’on peut faire face à des coûts monstrueux, accueillir des millions de touristes et lever des impôts pour un prétendu bien commun. Voilà pourquoi les enchères montent au moment de la distribution de cette manne.
Le seul problème – mais il est de taille -, c’est que cette course au mieux-disant n’est absolument pas transparente, malgré ce que proclament les cadres du monde du sport et les élites politiques. D’où les scandales de corruption qui éclatent les uns après les autres. Pensons à celui qui a fait tomber Sepp Blatter, l’ex-président de la FIFA, au sujet de l’organisation de la Coupe du monde de football 2022 au Qatar. 
Arrive alors un moment où les peuples ne sont plus dupes, et Mme Dilma Rousseff en a fait les frais au Brésil, confrontée à des manifestations monstres contre la Coupe du monde 2014 et les JO 2016, parce que les contribuables voyaient les prélèvements augmenter et les infrastructures dont ils ne profiteraient jamais se multiplier.
Dans les compétitions sportives, c’est également un culte de la performance individuelle qui est en jeu. Performance physique, mais aussi – voire surtout – économique. Le sport d’équipe est désormais un vieux mythe, du moins dans les disciplines les plus médiatisées et financiarisées. De 2012 à 2016, la multinationale PSG n’aura tourné que pour Zlatan Ibrahimović. 
Ce dernier, si on lui demande de réagir au prix de transfert de Paul Pogba à Manchester United – une somme record de 120 millions d’euros -, pourra heureusement répondre, comme une satire circulant sur les réseaux sociaux le suggère : « Peuh, la vente des maillots à mon nom me rapporte déjà autant. »
http://www.bvoltaire.fr/romainbussieres/athletes-russes-dopes-larbre-qui-cache-la-foret,273579?mc_cid=c1b5b68880&mc_eid=33bafe47c1

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