samedi 21 mai 2016

Israël : Le retour du « Sauveur » au gouvernement. Par Dora Marrache.....


Deux nouvelles ont marqué la journée du 19 mai :
Premièrement, on  a appris que la réunion internationale, prévue par la France pour poser les jalons des futures négociations entre Israël et le gouvernement palestinien, se tiendra finalement le 3 juin et que la participation de Kerry est assurée. Fixée à l’origine au 30 mai, devant les réticences d’Israël, la France a annoncé qu’elle était reportée à une date ultérieure durant l’été. On en a conclu un peu trop vite que François Hollande l’avait renvoyée aux calendes grecques. Pourquoi soudain nous annonce-t-on qu’elle aura lieu le 3 juin?
Deuxièmement, alors que rien ne le laissait prévoir il y a quelques jours, Netanyahou a offert à Avidgor Lieberman, le leader du parti «Israël Beiténou»,  le ministère de la Défense en remplacement de Moshe Yaalon qui a remis sa démission sous prétexte qu’il ne pouvait plus accorder sa confiance au gouvernement.
Ces deux évènements ont-ils un lien? Nous sommes tentée de le penser surtout lorsqu’on sait que Kerry ne porte pas Lieberman dans son cœur et qu’il le considère comme un obstacle sur la route du processus de paix.
Bien que Lieberman n’ait pas été nommé aux Affaires étrangères, un portefeuille avec lequel il est très familiarisé pour l’avoir occupé de longues années durant , il est fort à parier que sa présence au gouvernement risque de bousculer bien des idées reçues.
Certes, il n’a aucun passé militaire, mais le passé militaire est-il le garant de la réussite au poste de ministre de la Défense?
Ce qu’il faut surtout noter, c’est qu’il est différent de la plupart des politiques. Il n’a pas, et nous ne nous en plaindrons pas, certaines de leurs « qualités » : le double discours, la langue de bois, l’art de noyer le poisson, etc.
Son discours est exempt d’ambiguïtés, d’euphémismes et autres figures de style. Il a son franc-parler, ne mâche pas ses mots , ne s’embarrasse pas d’un style alambiqué, disons tout simplement qu’il exprime tout haut ce que tout la plupart des Juifs pensent tout bas.
Qui plus est, il a une qualité précieuse en politique il est pragmatique.
Certes, l’Occident et les Palestiniens, mais aussi un certain nombre de Juifs israéliens, voient d’un mauvais œil sa nomination au ministère de la Défense.
Pour beaucoup, Liberman, c’est le diable en personne. Son nom seul suffit à faire trembler les Palestiniens. Il est leur ennemi juré : «La nomination de Liberman est un fort message adressé à la communauté internationale, qui montre qu’Israël préfère l’extrémisme, l’occupation et la colonisation à la paix», a déclaré le ministère palestinien des Affaires étrangères.
Et la députée arabe israélienne Hanin Zoabi voit en lui « un fasciste dangereux »  qui devrait être en prison. Alors, en signe de protestation, elle appelle, une fois de plus, au boycott d’Israël.
Évidemment, la gauche en Israël, mais aussi partout dans le monde,  partage la vision des Palestiniens : « Il est difficile d’imaginer le Premier ministre Benyamin Netanyahou prendre une décision plus téméraire et irresponsable que la nomination d’Avigdor Lieberman au poste de ministre de la Défense », peut-on lire dans Haaretz.
La communauté internationale également se désole de la nomination de Liberman  au poste de ministre de la Défense.
Le journal Le Monde titre « Un ancien videur au ministère de la Défense » et parle de son « populisme belliqueux », de ses « diatribes anti-arabes », de ses « idées iconoclastes ». Dans un autre article, il annonce qu’avec le choix de Lieberman à la Défense, Israël risque de se retrouver fort isolé. Comment pourrait-il l’être plus qu’il ne l’est déjà?
Que les Européens ne l’aiment pas, on le conçoit aisément. Il leur sera impossible de le manipuler, de lui faire prendre des vessies pour des lanternes, pour employer une comparaison familière.
Ils ne pourront plus accuser systématiquement Israël de l’échec du processus de paix. Ils ne pourront plus absoudre systématiquement Abbas dans le cas d’un échec.
Est-ce à dire que Lieberman est totalement opposé à la création d’un État palestinien? C’est ce que les médias veulent bien laisser entendre.
Or il n’en est rien. Disons qu’il n’est pas disposé à signer n’importe quoi. Il est conscient qu’il faudra bien remettre certains des territoires disputés, ne serait-ce que pour une question d’ordre démographique. Mais il ne fera rien qui puisse mettre en danger l’État juif.  Il est disposé à faire des concessions dans la mesure où elles ne porteront pas atteinte à la sécurité du pays. Y a-t-il quelque chose de plus important?
On se souviendra qu’en 2014, alors qu’il était ministre des Affaires étrangères, il avait proposé aux Arabes d’Israël des compensations financières contre leur départ pour le futur État palestinien. Et cela dans le but surtout de débarrasser le pays des Arabes israéliens qui ne s’identifient pas à Israël et qui présentent donc un risque majeur pour la paix. N’avait-il pas raison? Pourquoi garder en son sein des vipères?
Quant au fameux Droit au retour dont Abbas a fait une condition sine qua non, avec Lieberman au gouvernement, les Palestiniens seront contraints de faire une croix dessus, c’est certain.
Donc, au vu de la situation actuelle, il nous semble bien que le choix de Lieberman est un excellent choix.
Voyez ce qui se passe aujourd’hui. Avec des mots – mais les mots sont une arme, peut-être même la plus dangereuse qui soit- on est en train de nier petit à petit les droits d’Israël à exister. Et rares sont ceux qui s’objectent à une pareille entreprise!
Les Palestiniens poursuivent leur entreprise de délégitimation d’Israël et jamais ils n’ont rencontré un tel soutien des Occidentaux. Ils « volent » l’Histoire juive et personne ne s’en offusque. Non seulement ils ont obtenu de l’UNESCO que les lieux saints juifs soient inscrits au patrimoine mondial des  lieux saints musulmans, non seulement ils ont converti Jésus à l’islam, mais ils viennent aussi de décréter que l’Étoile de David est un symbole islamique! Et ils obtiendront sans difficultés le soutien des médias, et le silence des chefs d’État.
De toute façon, beaucoup de chefs d’État européens et l’Union européenne elle-même  ont accordé un soutien sans faille aux Palestiniens. La France ne s’est-elle pas arrogé le droit d’intervenir dans le conflit qui oppose Israël aux Palestiniens et n’a-t-elle pas laissé espérer aux Palestiniens que si les négociations échouent, elle reconnaitra l’État de Palestine?
Alors, réjouissons-nous de la nomination d’Avidgor Lieberman! Dans la situation actuelle où Israël est presque quotidiennement mis au banc des accusés, où tout est mis en œuvre par la communauté internationale pour islamiser l’Histoire juive et ses lieux saints afin de déboucher sur la délégitimation pure et simple de l’État juif, l’arrivée de Lieberman au gouvernement est une chance, une bouffée d’air frais, un nouvel espoir.
Avec Lieberman, enfin Israël ne craindra plus les réactions de la communauté internationale!
Avec Lieberman, Israël va enfin « montrer les dents »,  et bien fou le Juif qui s’en plaindra.
Avec Lieberman à la Défense, Israël a trouvé le meilleur avocat qui soit pour assurer sa défense et sa sécurité.
La présence de Lieberman au gouvernement va changer la donne, du moins nous l’espérons.

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