jeudi 27 novembre 2014

Israël : le renfort inattendu d’un ex-ennemi et le déclin de l’allié n°1


Israël : on ne le dit pas assez, mais la politique suivie par le Président al-Sissi renforce la sécurité d’Israël, au moment même où le principal allié d’hier, l’Amérique, poursuit son déclin, dont l’actuelle administration n’est jamais que l’indicateur. La suite qui s’annonce n’est pas, non plus, d’un optimisme angélique...
Diverses évolutions régionales se mettent en branle, presque sans qu’on s’en aperçoive, au Moyen-Orient, même de la part de la presse israélienne. Considérons, simplement, l’isolation de Gaza mise en œuvre par le Président al-Sissi, qui semble échapper à la célérité des médias mainstream. .

Comme d’habitude, les évolutions importantes sont renvoyées dans l’ombre par l’actualité écrasante des événements quotidiens. Les crimes horribles à Jérusalem et le va-et-vient au sein des cabinets s’arrachent les premières pages. Pendant ce temps, les phénomènes suivants se déploient, mais la majorité les ignore :

Le Président al-Sissi, en Egypte, continue pourtant de nous surprendre : il n’est pas désagréable de constater que l’Egypte a étendu sa zone d’isolement de Gaza jusqu’à 1 km de la frontière, en générant ainsi une plus grande sécurité pour Israël, tout en révélant au monde extérieur toute l’étendue de son hypocrisie.
Si jamais Israël effectuait ou, simplement, menaçait de faire quelque chose de semblable, le tollé soulevé serait assourdissant et on aurait, sûrement, droit à une résolution du conseil de Sécurité de l’Onu, auquel on demanderait, avec force pressions, aux Etats-Unis d’y poser son Veto.

 Par-dessus le marché, lors d’interviews devant la télévision française et pendant sa visite en Italie, le Président a déclaré que l’Egypte protégerait Israël des attaques provenant de son territoire et qu’il pourrait envoyer des troupes dans les zones palestiniennes… pour suppléer la police palerstinienne, dans la prévention des attentats contre Israël ».

Les conséquences de cette volonté d’agir sont très significatives. Ce qu’il dit, en effet, c’est que les soldats égyptiens pourraient occuper tout Etat palestinien, de façon à s’assurer que les groupes terroristes ne sont pas en mesure d’y opérer de façon effective. Puisque, quel que soit un quelconque accord futur, les troupes israéliennes demeureront en Judée-Samarie, le temps nécessaire, ces deux pays en viendraient alors à coopérer pour se protéger l’un l’autre des attaques terroristes palestiniennes basées dans ces territoires.

Dans le même temps, l’Etat Islamique a succombé à la maladie psychologique antique des Grecs, « l’hubris » (l’orgueil). Après s’être emparé de l’essentiel du Nord et de l’Ouest de l’Irak, ainsi que de l’Est de la Syrie et proclamé un nouvel Califat, Daesh a pris des mesures qui ne sont absolument pas nécessaires et contre-productives, comme de décapiter des Occidentaux et rendu publics ces actes barbares. 

C’est ce qui a, finalement, entraîné l’implication d’un Administration américaine, à reculons, dans la bataille contre l’Etat Islamique.

Les frappes aériennes de la coalition ont réalisé, au moins, trois objectifs : elles ont permis à l’armée irakienne complètement désorientée, avec l’aide des milices chi’ites, de reprendre l’offensive. 

Elles ont aussi empêché l’Etat Islamique de réaliser ce qui a d’abord semblé être une conquête assez facile de la ville kurde de Kobané, à la frontière turco-syrienne et, finalement, et peut-être est-ce ce qui sera le plus important, réduit de façon substantielle la principale source de financement de Daesh, en détruisant une raffinerie pétrolière que l’Etat Islamique utilisait pour vendre de l’or noir à l’étranger.

En très peu de temps, l’Etat Islamique est passé d’un stade où il apparaissait pratiquement invincible à l’exposition de sa vulnérabilité croissante. 

Les Emirats Arabes Unis ont publié une liste d’organisations terroristes appartenant aux Frères Musulmans, dont deux aux Etats-Unis, ce qui ne va pas sans provoquer des brûlures d’estomac à Washington, puisque ces deux ONG obtiennent toutes les faveurs de l’Administration Obama, en tant qu’interlocuteurs de la communauté américano-musulmane et que plusieurs de ses membres détiennent des positions significatives au sein même de cette Administration. 

Une fois de plus, on marque un point contre les hypocrites. En définitive, pour terminer sur une note pessimiste, deux études récentes démontrent que 74% du PNB mondial, situé dans des pays dépendant des exportations, est en train de stagner ou déjà réellement en déclin, alors que la dépendance à l’égard d’un marché unique, celui des Etats-Unis, augmente, ce qui va, probablement, accroitre les troubles socio-politiques, au moins, dans l’Union Européenne, la Russie et le Brésil.

Déjà, on assiste à l’émergence des signes précurseurs de la propagation d’un tel désordre. Une autre étude démontre que l’inégalité économique aux Etats-Unis atteint ses plus hauts niveaux depuis les années 1920.

 Le gratin d’à peine 0, 1% (soit le dixième d’un pourcent) du peuple américain détient le même volume de richesse que les 90% d’en-dessous, alors que les 50 derniers pour cent ne dispose pas du tout de minimum de richesse nette, ce qui est corrélé au fait qu’environ 50% de la population devient, actuellement, dépendante en totalité ou en partie des largesses du gouvernement.

C’est ce que suggère que le jeu de massacre subi par les Démocrates, au cours des dernières élections de Mi-mandat n’est, sans doute, pas un aussi large triomphe des Républicains que cela, mais plutôt l’indicateur d’un dégoût à l’égard de l’environnement social et économique actuel, en général, à tel point que si c’étaient les Républicains qui étaient au pouvoir, ce sont eux qui auraient fait l’objet de l’acrimonie du public. 

De telles tendances, chez l’allié le plus important d’Israël, sont, pour lui, un signe particulièrement dangereux à prendre en compte.

A la fois les opportunités et les risques, pour Israël, sont énormes, à travers toutes ces évolutions. Les opportunités abondent pour rendre le plus plus sécurisant et plus prospère, mais on doit réellement prêté une grande attention et développer des programmes politiques appropriés pour tirer parti de chacune d’elle.
Par Norman Bailey

Norman A. Bailey, Ph.D., is Adjunct Professor of Economic Statecraft at The Institute of World Politics, Washington, D.C., and a researcher at the Center for National Security Studies, University of Haifa. This column was also published by Globes, the Israeli business daily.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

La grandeur de Binyamin Netanyahou....

Binyamin Netanyahou était en visite aux Etats-Unis pour la conférence annuelle de l’AIPAC. Cette visite devait être triomphale. Elle a ...