mardi 2 avril 2013

Ligue des champions - Paris (P.S.G.), la France te regarde...



Le duel que le PSG va livrer face au FC Barcelone fait partie des plus grands défis offerts à un club français dans l'histoire des coupes d'Europe. Dans ces cas-là, le football tricolore s'est trop habitué à courber l’échine.


Mardi, lorsqu’ils pénétreront sur la pelouse du Parc des Princes, à distance rapprochée et à portée de souffle des géants du FC Barcelone, les joueurs du Paris Saint-Germain entendront le son de la Ligue des champions, 

cette musique grandiloquente qui accompagne les meilleurs de septembre à mai. Ils sentiront surtout le poids de l’histoire. Celle du club. Car il n’est jamais anodin de se hisser parmi les huit meilleures équipes du continent. 

Ce n'est arrivé qu'une fois au PSG, en 1995. L’attente s’est étendue sur près de deux décennies. Dix-huit ans exactement.

Mais l’histoire que le PSG va tenter de graver face à ce qui ressemble de près comme de loin au meilleur collectif de l’histoire dépasse sa seule entité. Il n’est pas seulement question du Paris Saint-Germain de QSI, de Leonardo ou de Zlatan Ibrahimovic. 

Mais du football français dans son ensemble. Sevrée de grandes heures sur le front européen depuis trop longtemps, malgré les essais répétés de l’OL durant plus d’une décennie ou la percée d’une génération spontanée monégasque qui a failli décrocher la timbale en 2004, onze ans jour pour jour après le seul sacre européen du football local, celui de l’Olympique de Marseille, la Ligue 1 vit dans l’arrière-cour et se contente des miettes.

Les Verts, Bordeaux...

Ce à quoi le PSG va avoir le droit mardi, c’est le vrai frisson. Le grand. Celui que la majeure partie des footballeurs et clubs ne vivent même pas une fois dans leur vie. L’occasion de s’étalonner avec ce qui se fait de mieux à des hauteurs où l’oxygène se fait rare. 

En C1, cette opportunité de fricoter avec l’histoire, peu l’ont eue. Encore moins l’ont saisie. Selon notre recensement, le défi du PSG s'inscrit dans le Top 5 des défis de cette dimension.

Le Stade de Reims y a eu droit en 1959, quand il a fallu croiser le fer pour la deuxième fois en quatre saisons avec le grand Real Madrid, devenu triple champion d’Europe dans l’intervalle (défaite 2-0). L’AS Saint-Etienne de 1976, aussi, a tenté sa chance face à l’implacable Bayern Munich et les poteaux carrés de Glasgow (1-0). 

Contre la Juventus Turin en 1985, Bordeaux avait aussi livré son combat homérique. Mais les Girondins, en demie, comme Reims et Saint-Etienne, en finale, avaient dû rendre les armes (3-0, 0-2). Le football français a finalement dû attendre 1991 et l’OM pour que l’un de ses représentants parvienne à terrasser un colosse. Et pas sur un coup de dé ou un exploit venu d’ailleurs au terme d’une soirée surréaliste (1-1, 1-0 sur le terrain, 3-0 sur tapis vert).

OM – Milan 1991/PSG – Barcelone 2013

Marseille – Milan 1991, Paris Saint-Germain – FC Barcelone 2013 : le parallèle a un sens. Parce qu’il est à chaque fois question de puissance émergente. 

Et d’écrasante supériorité. Il y a vingt-deux ans, l’OM, s’était offert le scalp de la référence de l’époque. Référence par les résultats puisque les Rossoneri étaient doubles champions d’Europe en titre, et par le jeu, via la patte d’Arrigo Sacchi, maitre tacticien visionnaire et  révolutionnaire. Pourtant, en deux matches, Raymond Goethals avait donné une leçon au maître. Carlo Ancelotti s’en souvient, puisqu’il était sur le terrain. Mais dans le mauvais camp.

Mardi au Parc des Princes et le mercredi suivant au Camp Nou, l’Italien défendra les intérêts du Paris Saint-Germain mais aussi, par extension, du football français. La mission est à la hauteur de l’événement : se frotter à la référence ultime du jeu. 

Celle qui a changé la face du football catalan, espagnol et même mondial depuis 2008. Les occasions d’entrer dans l’histoire sont rares. Le PSG devra l’avoir en tête entrant sur la pelouse du Parc. Il ne sera pas question d’avoir rien à perdre ou de s’étalonner. Mais d’y aller pour gagner. Parce que rien n’est impossible.

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