mercredi 27 février 2013

Tunisie : Maya Ksouri, portraitiste sans concession et ennemie jurée du politiquement correct


Elle incarne tout ce qu’ils détestent, elle a tout pour les faire pâlir d’envie et de rage ; émancipée, libérée, bien dans sa peau, intelligente, cultivée, courageuse, ne maniant pas la langue de bois. 

Qui ça elle ? 

Cela pourra bien être une citoyenne lambda comme il en existe par milliers dans notre pays, comme il pourrait s’agir de Besma Belaid, Radhia Nasraoui, Zakia Dhifaoui, Maya Jribi, Sana Ben Achour, Saida Garrach, Amel Hamrouni, Leila Toubel, Zeineb Farhat, Raja Ben Salma, Amel Grami, Emna Mnif, Amna Guellali, Leila Den Bebba, Hela Yousseffi, Khadija Ben Hassine, Bochra Bel Haj Hamida, Olfa Youssef, Lina Ben Mhenni, Amna Zahrouni, Badiaa Ouerghi, Nejiba Hamrouni et bien d’autres femmes au tempérament de lionnes et au courage incommensurable… 

De dignes descendantes de la reine Kahena, de Alyssa, de Bchira Ben Mrad et quantités de femmes-courage ayant fait le destin du pays… 

Mais aujourd’hui, si je dois retenir un nom, et parce qu’elle est dans le collimateur de l’infâme, c’est bien Maya Ksouri, l’avocate-chroniqueuse qui chaque dimanche vient dresser des portraits sans concessions sur le plateau de «Klem Enness» sur Attounissia TV.

Que les invités proviennent de la droite ou de la gauche de l’échiquier politique, qu’ils soient écrivains, poètes, artistes, sportifs ou des figures des médias, les portraits de Maya, percutants, méthodiquement étudiés font souvent mouche et finissent souvent par déstabiliser l’invité qui presque invariablement se retrouve dans les cordes.

Cette exercice de style consistant a rompre avec tout ce qui est connivence et proximité, pour pousser l’invité dans ses derniers retranchements est des plus difficiles… 

C’est un rôle exigeant et même ingrat (qui n’aimerait pas être le gentil de service). En effet, le portraitiste ne doit en aucun tomber dans l’attaque personnel mais se mettre pour la «bonne cause» dans la position à la fois du vilain fouineur, de l’investigateur indélicat, de l’avocat du diable, de la machine à révéler les contradictions de l’invité et ses possibles incohérences. 

Ce rôle, Maya le fait à merveille d’où l’agacement quasi général de ceux qui se font dresser des portraits par elle.

Toutefois, d’un agacement somme toute assez légitime (se faire tailler en pièces devant tout le monde n’étant pas d’évidence un traitement particulièrement agréable à vivre), certains de ceux qui ont eu à subir cette épreuve et surtout leur supporters ont poussé les choses jusqu'à tomber dans une posture beaucoup plus problématique ; celle de la détestation et de la haine.

Ce ressentiment qui s’est développé chez certains en une haine noire, comme en témoigne cette déferlante de qualificatifs ignominieux visant Maya sur les réseaux sociaux s’est immanquablement transformée par un dangereux glissement en menace d’agression physique… 

Là, un pas a été franchi et il devient urgent pour tous de se «bouger» pour stopper net ce climat de terreur qui s’abat sur toutes les voix libres de ce pays.

Courageuse et particulièrement «zen» face à ces réactions enragées venues surtout des rangs des sympathisants islamistes (il s’agit -à d’un fait incontestable), Maya ne s’en ira pas pleurnicher sur les plateaux pour demander une protection rapproché, ni surenchérir comme d’autres sur sa qualité de personne menacée dans son intégrité physique (la très grande mode du moment). 

Maya comme beaucoup d’hommes et de femmes de courage, stoïque, droite dans ses bottes, ne reculant jamais devant la difficulté et le danger continue de déminer le champs médiatique de ses connivences, de l’ambiance copains-copines, des débats convenus… 

Bref, elle creuse comme beaucoup d’autres femmes et hommes de talent et de courage, le sillon d’un nouveau journalisme, celui où le chroniqueur n’a ni ami, ni ennemis mais un devoir impérieux de mettre à nu la vérité en posant les vraies bonnes questions et non des questions mollassonnes, mi-audacieuse mi-gentilles particulièrement tièdes et bien dans le politiquement correct.

Chapeau bas, Maya ! Courage et continues à être toi-même… Ni leurs menaces, ni leur haine ne pourra freiner l’aspiration du Tunisien à vivre en citoyen libre dans un pays démocratique… 

Et comme l’aurait chanté, la magnifique Amel Hamrouni «al massira tasstamer».

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