Cette semaine, nous lisons une des paracha les plus
passionnantes, remplie d’action, de tensions, avec de grandes répercussions sur l’avenir du Peuple d’Israël.
passionnantes, remplie d’action, de tensions, avec de grandes répercussions sur l’avenir du Peuple d’Israël.
Résumé.
1. Divisés pour survivre, unis pour régner.
Au début, nous rencontrons Yaacov retournant en Terre d’Israël, après 20 ans de séjour en exil. Il se rapproche de la frontière avec toute sa famille et son convoi imposant. Cependant son cœur tremble d’effroi. Yaacov sait très bien qu'Essav, son frère, nourrit de mauvais sentiments contre lui et rêve de prendre sa vengeance pour les bénédictions qu’il s’est fait subtiliser par ruse. Yaacov suppose qu’Essav, sans aucun doute, l’attend à la frontière, pour régler ses comptes.
Yaacov appréhende cet affrontement, les résultats spirituels et matériels qui en découleront et qui pourraient être catastrophiques.
Outre ces tensions, Yaacov est attaqué par un homme mystérieux dans la nuit : l'ange.
Divisés pour survivre, unis pour régner.
Yaacov appréhende cet affrontement, les résultats spirituels et matériels qui en découleront et qui pourraient être catastrophiques.
Outre ces tensions, Yaacov est attaqué par un homme mystérieux dans la nuit : l'ange.
Divisés pour survivre, unis pour régner.
2. Dans ce frère sommeille l'ennemi.
"Yaacov eut alors très peur et fut angoissé. Il partagea les gens qu'il avait avec lui, et de même les moutons, les bœufs et les chameaux, en deux camps." Se disant " si Essav attaque l'un des camps et le met en pièces, le camp restant sera sauvé." Genèse, 32, 8-9.
Yaacov sentit qu'il était entièrement à la merci d'Essav qui s'approchait de lui à la tête d'un groupe d'hommes armés, et, afin de sauver quand même quelque chose, il partagea ses biens.
De manière similaire, notre dispersion dans la Galouth (exil) fut le moyen de notre conservation et de notre salut. Jamais et nulle part, le glaive d'Essav ne put nous atteindre d'un seul coup. Ainsi par exemple, durant le moyen-âge, pendant que nous saignions au bord du Rhin, nos frères du royaume slave vivaient heureux, et inversement.
De manière similaire, notre dispersion dans la Galouth (exil) fut le moyen de notre conservation et de notre salut. Jamais et nulle part, le glaive d'Essav ne put nous atteindre d'un seul coup. Ainsi par exemple, durant le moyen-âge, pendant que nous saignions au bord du Rhin, nos frères du royaume slave vivaient heureux, et inversement.
"C'est un bienfait de D-ieu de nous avoir dispersés parmi les nations" (Traité Pessa'him, 87b). Yaacov fit la même chose sous la pression des événements." Rav S.R. Hirsch.
Une Histoire:
Au moment ou Hitler monta au pouvoir et il annonça clairement ses horribles projets. Un Rav exprima sa crainte au 'Hafets 'Haïm : Jamais personne n'est arrivé à exterminer le Peuple d'Israël et jamais personne n'y arrivera comme il est écrit : " Si Essav attaque l'un des camps et le met en pièces, le camp restant sera sauvé." (Genèse, 32, 9.) Et le Rav demanda au 'Hafets 'Haïm : "Où est le camp qui restera sauvé ?" "Sur le mont Sion, un débris subsistera et il sera une chose sainte, et la maison de Jacob rentrera en possession de son patrimoine. ", répondit le 'Hafets 'Haïm. Dans ce frère sommeille l'ennemi. "Sauve-moi donc de la main de mon frère, de la main de Essav ; car j'ai peur de lui, afin qu'il ne vienne pas et me tue la mère avec les enfants." Genèse, 32, 12. Pourquoi cette répétition : "de la main de mon frère, de la main d'Essav" ? Et pourquoi cet ordre ? Yaacov avait peur d'Essav, non seulement en tant qu'ennemi, mais aussi en tant qu'ami ; et même, plus en tant qu'ami ('mon frère') qu'en tant qu'ennemi ! Car, Israël a toujours eu plus à craindre l'assimilation que les pogroms. |
3) une prophétie
"Sauve-moi donc de la main de mon frère, de la main de Essav ; car j'ai peur de lui, afin qu'il ne vienne pas et me tue la mère avec les enfants." Genèse, 32, 12.
De quoi Yaacov a-t-il donc bien pu avoir peur ? D-ieu ne lui avait-il pas dit qu'Il le protégerait ?
Voici l'explication du Talmud :
Voici l'explication du Talmud :
Rabbi its'hak demande l'explication de ce verset :
''N'accorde pas, Maître du monde, aux demandes des méchants, ne laisse point s'accomplir leurs perfides desseins…"
''N'accorde pas, Maître du monde, aux demandes des méchants, ne laisse point s'accomplir leurs perfides desseins…"
Rabbi Its'hak répondit :
C'est Yaacov qui demanda à D-ieu de ne pas laisser l'ennemi accomplir ses desseins et cet ennemi c'est Germamia de Edom (Essav), car si cet ennemi réussissait, il détruirait le monde.
Et Rachi (11ème siècle) commente : Germamia, c'est un des royaumes d'Edom.
Rabbi Yaacov Hemdin explique : Rachi a voulu dire Germania (l'Allemagne).
Guemara Meguila, 6a.Malheureusement, Yaacov avait de quoi avoir peur de l'Allemagne.
C'est Yaacov qui demanda à D-ieu de ne pas laisser l'ennemi accomplir ses desseins et cet ennemi c'est Germamia de Edom (Essav), car si cet ennemi réussissait, il détruirait le monde.
Et Rachi (11ème siècle) commente : Germamia, c'est un des royaumes d'Edom.
Rabbi Yaacov Hemdin explique : Rachi a voulu dire Germania (l'Allemagne).
Guemara Meguila, 6a.Malheureusement, Yaacov avait de quoi avoir peur de l'Allemagne.
De même, dans la Haftara de notre Paracha Vayichla'h, le Prophète Ovadia écrit :
"Et les exilés de cette légion d'enfants d'Israël, répandus depuis Cannan jusqu'à Tsarfat, et les exilés de Jérusalem, répandus dans Sefarad, posséderont les villes du Midi" (verset 20).
"Et les exilés de cette légion d'enfants d'Israël, répandus depuis Cannan jusqu'à Tsarfat, et les exilés de Jérusalem, répandus dans Sefarad, posséderont les villes du Midi" (verset 20).
Ibn Ezra, dans son commentaire, explique : Nous savons que la terre de Cannan c'est Allemania (l'Allemagne), et que Tsarfat c'est Francia (la France).
Peut-être le Prophète ne parle-t-il que de ces exilés là pour nous faire comprendre que ce sont les trois endroits où les Juifs ont le plus souffert.
Peut-être le Prophète ne parle-t-il que de ces exilés là pour nous faire comprendre que ce sont les trois endroits où les Juifs ont le plus souffert.
"Yaacov dit alors à Chimon et à Lévy : 'Vous m'avez terni en me mettant en discrédit auprès de l'habitant du pays." Genèse, 34, 30.
Dans ce paragraphe, nous nous interrogeons sur la question difficile de savoir s'il faut se comporter envers l'ennemi d'une façon dure ou non.
Le Or Ha'haïm explique que c'était le sujet de discussion entre Yaacov et ses enfants Shimon et Lévy.
Ces deux pensaient qu'il n'était pas possible de passer cet acte sous silence, et que l'on avait l'obligation de leur donner une bonne leçon afin qu'ils ne recommencent plus.
Yaacov répond : "Moi je suis seul, et eux sont nombreux".
La réponse des enfants est, d'après le Or Ha'haïm : "Si nous ne les intimidons pas, demain leur main sera contre nous ! Il faut imposer des limites dès le début."
Ces deux pensaient qu'il n'était pas possible de passer cet acte sous silence, et que l'on avait l'obligation de leur donner une bonne leçon afin qu'ils ne recommencent plus.
Yaacov répond : "Moi je suis seul, et eux sont nombreux".
La réponse des enfants est, d'après le Or Ha'haïm : "Si nous ne les intimidons pas, demain leur main sera contre nous ! Il faut imposer des limites dès le début."
Mais, dans la Paracha genese Vayé'hi,( 49, 5)
Yaacov leur dit : "Chimon et Lévy sont frères, cependant leurs sollicitations sont des instruments de violence. Que ma volonté n'entre pas dans leurs délibérations, que mon honneur ne soit pas associé à leurs assemblées."
Malgré les explications de ses enfants, Yaacov ne fut pas d'accord avec eux, et qu'il ne fallait pas se venger, ni frapper d'une main forte devant cet acte de vandalisme envers Dina.
Cependant aujourd'hui, il ne s'agit peut-être pas de représailles envers les Palestiniens, mais plutôt d'une légitime défense. A vous d'y réfléchir.
5) Question à un rabbin :
Je voudrais savoir pourquoi on ne mange pas le nerf sciatique ?
Réponse :
Selon le Séfer Ha'Hinou’h, l’ange qui a combattu avec Yaacov était l’ange d’Essav. Après une lutte qui dura toute la nuit, l’ange ne réussit pas à déraciner Yaacov, ni sa descendance du monde. C'est pourquoi, il le frappa à la cuisse, au nerf sciatique.
Ce combat entre la descendance d’Essav et celle de Yaacov se perpétue encore aujourd'hui. C'est même un axiome : "Essav déteste Yaacov"(Rabbi Shimon, Bar Yo'haï) qui malheureusement se vérifie par l'histoire de l'antisémitisme.
A la fin, la délivrance viendra comme on l'a vu avec Yaacov : "lorsque le soleil se leva, il fut guéri". Nous aussi, quand le soleil du Mashia’h se lèvera, il nous guérira et arrêtera nos souffrances et nous délivrera.
Selon le Séfer Ha'Hinou’h, l’ange qui a combattu avec Yaacov était l’ange d’Essav. Après une lutte qui dura toute la nuit, l’ange ne réussit pas à déraciner Yaacov, ni sa descendance du monde. C'est pourquoi, il le frappa à la cuisse, au nerf sciatique.
Ce combat entre la descendance d’Essav et celle de Yaacov se perpétue encore aujourd'hui. C'est même un axiome : "Essav déteste Yaacov"(Rabbi Shimon, Bar Yo'haï) qui malheureusement se vérifie par l'histoire de l'antisémitisme.
A la fin, la délivrance viendra comme on l'a vu avec Yaacov : "lorsque le soleil se leva, il fut guéri". Nous aussi, quand le soleil du Mashia’h se lèvera, il nous guérira et arrêtera nos souffrances et nous délivrera.
La mitsva de ne pas manger du nerf sciatique comporte une allusion au Peuple d’Israël. Malgré sa souffrance et son malheur dans l’exil parmi les peuples, il faut qu’il conserve la foi inébranlable qu'il est et restera « Israël », car quoiqu'il advienne, sa postérité se maintiendra.
***Selon le ‘Hézkouni, les enfants d’Israël ont laissé leur père Yaacov traverser seul le fleuve et combattre contre l’ange.
Etant eux-mêmes des Tsadikim aguéris (voir l’histoire de Chimon et Lévi qui vengèrent leur sœur Dina (Genèse 34, 24-31), et n’ayant pas accompagné leur père, ce dernier fut blessé à la cuisse.
Etant eux-mêmes des Tsadikim aguéris (voir l’histoire de Chimon et Lévi qui vengèrent leur sœur Dina (Genèse 34, 24-31), et n’ayant pas accompagné leur père, ce dernier fut blessé à la cuisse.
De là, nous apprendrons, si les bonnes manières ne nous l'avaient pas déjà appris, que c'est une mitsva d'être prompt à raccompagner son prochain avec ses propres jambes, davantage encore quand il s'agit de son propre père.
Le nerf sciatique se trouvant dans la jambe, nous en donne une allusion claire et parfois douloureuse…
Si nous ne consommons pas le nerf sciatique, c'est ce qu'explique Le Baal HaTossefot parce qu'il est un mémorial de la victoire de Yaacov contre l’ange.
Selon le Tour (Beth Yossef), c’est pour s’éloigner d'une chose qui a causé un dommage à Yaacov.
Aujourd’hui, dans la plupart des communautés, nous nous abstenons de consommer l’arrière complet de la bête (gros et menu bétail), étant donné la difficulté que nous avons, dans la pratique, pour retirer le nerf sciatique.
6) Pourquoi l’ange a-t-il frappé le nerf sciatique ?
Etant donné que le nerf sciatique est en rapport avec les organes génitaux, et ne pouvant toucher Yaacov, l'ange a voulu porter atteinte à ses organes à la fin de la nuit, au moment le plus sombre, juste avant le lever du jour. (En effet, le nerf sciatique commence à la hanche, ce qui est une allusion à la Brit Mila. Nous l’apprenons en effet de Avraham, qui fit jurer Eliézer sur la mitsva de la Brit Mila en lui imposant la main sur sa hanche).
Pendant deux milles ans, le Peuple d’Israël a marché dans sa presque totalité dans le chemin de Yaacov, et après être passé par les moments les plus sombres de son histoire, le voilà à nouveau attaqué de toutes parts et par tous les moyens possibles, et ce, d’une manière sans précédant dans l’histoire du Peuple juif. Tous les médias, presse écrite, télévisée et électronique (Internet), les courants de modes, etc. tout vient tenter la descendance de Yaacov.
Saura-t-il surmonter l’épreuve ?
Cette volonté qu'a l'ange d'atteindre les organes génitaux de Yaacov révèle le but profond d’Essav :
1. Rendre impur cet organe génital kadosh (saint, consacré),
2. Entraver la natalité, c'est-à-dire la continuité du peuple juif, (par exemple, l’assimilation prenant des proportions jamais vues).
Le ‘Hafets Haïm explique que l’ange ne s’est battu, ni contre Avraham, ni contre Its’hak.
En effet, si Avraham représente la bonté, Its’hak la rigueur, Yaacov quant à lui incarne la Torah. L’ange peut laisser tranquille un homme rempli de bonté ou de rigueur, cela ne le dérange pas trop. Mais un homme qui incarne la Torah, cela l’ange ne peut pas le supporter. C’est pour cela que le Midrash dit que quand D-ieu a donné la Torah au Mont Sinaï, la «Sina » s’est dressée contre le Peuple juif. « Sina » en hébreu signifie la haine, l’antisémitisme.
La torah est l'arme principale du Peuple d’ Israël.
* * *« Voyant qu’il ne pouvait le vaincre, il lui pressa la cuisse ». Genèse 32, 26.
Comment un ange n'a-t-il pas pu battre un homme ?
Yaacov étant tellement attaché à D-ieu dans la pensée et les paroles, que l’ange ne put le vaincre.
Yaacov étant tellement attaché à D-ieu dans la pensée et les paroles, que l’ange ne put le vaincre.
Comment est-il alors parvenu à la blesser ?
L’ange lui transmit alors que dans le futur, il arrivera que les dirigeants de la génération ne sachent plus faire face à leur tâche. A cet instant de stupeur, Yaacov interrompit son attachement avec D-ieu et l’ange en profita pour le frapper à la cuisse.
7) Education des enfants.
Pourquoi Yaakov n’a-t-il pas voulu marcher avec Essav ?
Essav dit : « …partons et marchons ensemble… ».
Yaacov lui répond : « …ces enfants sont délicats…Que mon Seigneur veuille passer devant son serviteur, moi je cheminerai à ma commodité …
et selon le pas de mes enfants. »
Genèse, 33, 12.
Lorsque Essav lui propose une escorte, il réplique : « A quoi bon ? »
Pourquoi Yaacov n’a pas voulu marcher avec son frère puisque le danger était passé ?
Essav incarne toutes les valeurs dont Yaacov cherche à s’éloigner.
Le terme q
Pourquoi Yaacov n’a pas voulu marcher avec son frère puisque le danger était passé ?
Essav incarne toutes les valeurs dont Yaacov cherche à s’éloigner.
Le terme q
ue la Torah emploie pour désigner les généraux d’Essav est «Alouf ». Ce mot signifie «champion », «homme d’élite ». C’est en fait tout ce qui s’apparente à la force, aux jeux olympiques qui seront développés plus tard par la Grèce qui développa à son paroxysme le culte de la forme au détriment du développement de l’âme. Tout cela est bien sûr accompagné de la course à la gloire et aux honneurs.
Yaacov ne cherche rien de tout cela. Il préfère préserver la spiritualité de ses enfants. Toutes les valeurs incarnées par Essav et ses soldats, Yaacov s’efforcent de s’en éloigner au maximum pour préserver sa famille et les générations futures d’Israël. Il sait très bien reconnaître les futilités éphémères d’Essav.
De même, il est de notre devoir de protéger nos enfants des influences néfastes qui les entourent, ainsi nous n'aurons pas à nous réveiller… trop tard !
« …ces enfants sont délicats… je cheminerai à ma commodité … et selon le pas de mes enfants. »Aussi Yaacov marchait-il au pas des enfants, c’est-à-dire selon le développement de chacun, selon leur propre rythme et cela, dans le but d’en faire des hommes, des bnéi Israël.
Proverbe de Salomon : "Eduque le jeune selon ses possibilités"
* * *Nous voyons Yaacov faire preuve d'une grande finesse lorsqu'il répond de manière détournée à Essav. Il fait bien attention à ne pas le froisser en lui disant ouvertement qu’il ne souhaite ni sa compagnie, ni celle de ses guerriers.
Chabbath Chalom
Rav Raphael Pinto.

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