jeudi 14 juillet 2011

A la Une de la presse française : un 14-juillet endeuillé… Cinq soldats français tués en Afghanistan



A la Une de la presse française : un 14-juillet endeuillé…

Cinq soldats français tués en Afghanistan

Les militaires ont été victimes d'un attentat suicide dans la province de Kapisa, au nord-est de Kaboul. Un civil afghan a été tué. Quatre autres soldats français et trois civils sont grièvement blessés.

Au lendemain de la visite éclair de Nicolas Sarkozy en Afghanistan, cinq soldats français ont trouvé la mort dans la province de Kapisa. Les militaires, qui protégeaient une assemblée de notables à Joybar, à 35 kilomètres au nord-est de Kaboul, ont été surpris par une attaque suicide. Ces morts portent à 69 le nombre de soldats français tués en Afghanistan depuis 2001. C'est l'attaque la plus meurtrière contre l'armée française depuis l'embuscade d'Uzbin qui avait fait 10 morts en 2008.

Un responsable de la police locale a indiqué qu'il s'agissait d'un attentat suicide. Les insurgés talibans ont revendiqué l'attentat dans un SMS envoyé à l'Agence France-Presse.

«Un terroriste a déclenché sa bombe à proximité des soldats», a précisé l'Élysée dans un communiqué. Un civil afghan a également été tué dans cet attentat. Quatre autres militaires français et trois civils sont eux grièvement blessés. Selon Gérard Longuet, ministre de la Défense, l‘un des quatre blessés dans est «très abîmé» et que les autres sont dans des situations «sous contrôle».

Les soldats tués, âgés de 27 à 38 ans, sont un lieutenant et un adjudant du 1er Régiment de chasseurs parachutistes (RCP) de Pamiers (Ariège), deux adjudants du 17e Régiment de génie parachutiste (RGP) de Montauban et un caporal-chef du Sirpa-terre de Lyon.

«Un lâche assassinat»

L'Assemblée nationale a rendu hommage aux militaires défunts en observant une minute de silence au début des questions au gouvernement. Le premier ministre, François Fillon, a assuré que les soldats français défendaient en Afghanistan une «cause juste».

Le président de la République a de son côté fait état de «sa grande tristesse» et dénoncé un lâche assassinat. Il «présente aux familles et à leurs proches ses plus sincères condoléances et s'associe à leur douleur. Il souhaite aux blessés un prompt rétablissement.» Il exprime enfin «la détermination de la France à continuer d'oeuvrer au sein de la Force Internationale d'Assistance à la Sécurité pour rétablir paix et stabilité dans ce pays et contribuer à son développement.» Le président a toutefois confirmé mardi le retrait d'un quart des forces françaises, soit 1000 hommes, d'ici fin 2012. Il a rappelé que l'objectif était un retrait complet des forces internationales d'ici 2014.

Pour Martine Aubry, candidate à la primaire socialiste, cette nouvelle tragédie «montre l'urgence d'un plan précis et concerté de retrait de nos troupes d'Afghanistan». «En l'absence de règlement politique, la présence militaire de la coalition expose gravement nos soldats sans perspective de solution, écrit-elle dans un communqiué. Il est temps de mettre fin à cette impasse».


Le jour de son traditionnel défilé sur la plus célèbre avenue de Paris, « l'armée française est en deuil », titre Le Figaro. Le journal publie en une les photos de quatre des cinq soldats tués hier mercredi 13 juillet par l'explosion d'une bombe dans la province de Kapisa, en Afghanistan. Quatre seulement puisque le nom d'un des soldats n'a pas été rendu public à la demande de la famille.

Pour France-Soir, ce n'est pas seulement l'armée, mais la France entière qui est en deuil: « 5 morts de trop », titre le journal. Et puis finalement 69 de trop, puisque c'est le nombre de soldats tués en Afghanistan depuis 2001. France Soir relève le défi d'afficher tous leurs visages sur sa une, une impressionnante mosaïque, macabre.

« Morts pour la France ou morts pour rien ? » (...) s'interroge Libération, qui parle d'une armée « abattue en Afghanistan ». Pour Le Figaro, ces morts sont « le revers de la médaille que la France pourrait arborer pour son engagement en Afrique, au Kosovo, au Liban ». Le quotidien se demande « comment le pays peut honorer noblement ses enfants qui meurent (...) parfois dans l'indifférence générale ». (...) Car « un défilé annuel sur les Champs-Élysées ne suffit pas », pense-t-il.

Un défilé où sans aucun doute, aujourd'hui, « le pas des militaires sera plus lourd », écrit La Charente Libre. Pour le quotidien régional, cette guerre n'était pas forcément la meilleure forme de lutte contre le terrorisme. « Peut-être devrait-on écouter les experts quand ils privilégient la politique du renseignement à celle de la canonnière »

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