samedi 4 août 2018

Le prisonnier de guerre israélien et le geôlier palestinien qui l’avait sauvé.....

Ephraim Talabi, à droite, et Mohammed Amin a-Sati se rencontrent pour la première fois en 36 ans après la première guerre du Liban au domicile d'a-Sati à Zarqa, en Jordanie, juillet 2018 (Capture d'écran : Hadashot )


Ephraim Talabi, âgé aujourd'hui de 55 ans, est allé en Jordanie retrouver Mohammed a-Sati, ex-combattant du Fatah, celui qui" m'a redonné mon équilibre, m'a rendu à ma vraie vie"


Trente-six ans après avoir été fait prisonnier pendant la première guerre du Liban, Ephraim Talabi a décidé de retrouver l’un de ses geôliers, un homme qu’il n’avait jamais oublié et qui, selon lui, lui a rendu son équilibre durant toute cette expérience traumatisante – par de simples gestes de gentillesse.
Talabi avait été capturé par une cellule palestinienne durant des combats dans le sud du Liban et il était resté dix jours en détention.
Muhammad Amin a-Sati, un soldat du Fatah qui avait lutté contre l’incursion israélienne en 1982, « m’a traité comme un être humain » durant ces jours sombres, s’est rappelé Talabi dans un reportage diffusé mercredi par la chaîne Hadashot.
A-Sati a été lui-même arrêté par les soldats israéliens alors qu’il avait la garde de Talabi et leurs rôles se sont soudainement inversés : Talabi était libre et al-Sati était devenu un prisonnier.
Au cours des décennies qui ont suivi depuis, Talabi a toujours rêvé de retrouver a-Sati, son geôlier-sauveur.
Mohammed Amin a-Sati, à gauche, rencontre Ephraim Talabi, le prisonnier de guerre qu’il avait sauvé, dans une séquence d’archives datant de 1982 (Capture d’écran : Hadashot)
Et c’est finalement ce qui est arrivé ces dernières semaines après trois mois de recherches intensives menées par Ohad Hemo, de la chaîne Hadashot, en Cisjordanie, à Gaza et en Jordanie.
L’ancien combattant du Fatah a été localisé dans la ville jordanienne de Zarqa, une banlieue située au nord-est d’Amman.
Talabi était très excité à l’idée de retrouver a-Sati. Au poste-frontière avec la Jordanie, il confie : « La vérité, c’est que c’est la première fois que je suis dans un pays arabe depuis le Liban. Il y a une tension. Qui vais-je donc rencontrer après tant d’années ? »
Alors que Talabi s’approche de Zarqa, Muhammad donne au téléphone au chauffeur de taxi les indications nécessaires pour se rendre chez lui. Et l’ancien combattant du Fatah se tient dans la rue lorsqu’il arrive enfin. Il donne une accolade amicale à Talabi alors que les deux hommes franchissent la porte de son domicile.
« J’ai songé à venir à Tel Aviv pour te rencontrer », plaisante a-Sati.
Ephraim Talabi, à gauche, et Mohammed Amin a-Sati dans la maison de Zarqa de ce dernier, en Jordanie, au mois de juillet 2018 (Capture d’écran : Hadashot)
Le reportage de Hadashot montre aux deux anciens adversaires une séquence filmée extraite des informations de 1982, dans laquelle Talabi dit aux journalistes qu’a-Sati « m’a traité comme un être humain. Quand il y avait de l’eau, il m’en apportait, il me lavait. Il me demandait toujours comment j’allais ».
« Tu m’as sauvé la vie », dit-il à a-Sati en anglais sur ces images prises après la capture du membre du Fatah.
« Une autre fois, on se verra et on sera heureux », lui répond a-Sati, souriant.
A Zarqa, en 2018, les deux hommes se sourient, s’embrassent, et se souviennent de ces journées si particulières.
Assis dans le salon d’a-Sati, dans un quartier délabré de Zarqa, Talabi se rappelle que « c’est ce qui m’a rendu mon équilibre, ce qui m’a ramené à ma vraie vie » – le fait que tu m’aies traité comme un être humain ».
Ephraim Talabi, un prisonnier de guerre israélien pendant la première guerre du Liban, dans une séquence d’archives de 1982 (Capture d’écran : Hadashot)
« Je n’étais pas dans la cellule qui l’avait capturé », explique a-Sati.
« J’avais la charge de le surveiller jusqu’à ce que nous puissions le livrer à Abu Ammar, », le nom de guerre du chef de l’OLP d’alors, Yasser Arafat.
« Pourquoi vous ne l’avez pas tué ? », demande Hemo, le journaliste de Hemo, qui assiste à cette rencontre, servant d’interprète.
« Le tuer alors qu’il est prisonnier ? », s’exclame a-Sati, surpris. « Je préfère me tuer d’abord. Il n’y a même pas à discuter ».
Selon a-Sati, Talabi ne l’a pas abandonné lorsque la situation s’est inversée. « Ce qu’a fait Ephraim pour moi a été plus formidable que ce que j’ai pu faire pour lui. Il était blessé au bras gauche. Lorsqu’il m’a vu là, menotté, allongé sur le sol, prostré, il m’a soulevé la tête [avec la main indemne] et il l’a posée sur ses genoux. Il m’a demandé tranquillement : ‘De quoi as-tu besoin ?’ et j’ai répondu : ‘Une cigarette, c’est tout’. Il m’en a donné une ».
A-Sati explique qu’il a été obligé de quitter le Liban après la guerre et qu’il était persona non grata en Cisjordanie.
« Il y a eu une campagne cruelle contre moi. Pas à cause de l’histoire avec Ephraim, mais ils s’en sont servi. Ils ont dit que j’avais rendu Ephraim aux Israéliens et que j’avais livré ma cellule à l’armée israélienne », dit-il.
Alors que Hemo lui demande s’il a été accusé d’espionnage en faveur des Israéliens, il répond : « Oui. A cause d’Ephraim. Mais malgré [cette campagne], je suis allé à Ramallah pour voir qui propageait ces mensonges. Et j’ai dit : ‘Je vous quitte. Venez donc me trouver en Jordanie’. »
Talabi était resté dans l’ignorance des problèmes rencontrés par a-Sati après la guerre. Ce dernier a également perdu son père et son frère et il a regretté de ne pas s’être marié et de n’avoir jamais eu d’enfants. Il raconte à Talabi s’être installé pendant plusieurs années dans un village de Cisjordanie pour y vivre avec son grand-père.
Talabi, marié et père de deux enfants, confie à Hemo : « Je ne réalise que seulement maintenant ce qu’il a traversé ».
Lors du voyage qui le ramène vers Israël, Talabi se dit « très heureux de l’avoir retrouvé. J’ai le sentiment que la boucle est bouclée ».

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