samedi 4 août 2018

Il s’appelait Adrien Perez…


Beau gosse, brun aux yeux bleus, un sourire qui devait faire des ravages auprès des Iséroises. Son bonheur idéal ? Une femme, des enfants, une voiture, un boulot, d’après sa mère. Cela tombait bien, elle n’attendait que cela. Vivre et vieillir tout en regardant grandir ses enfants et jouer avec ses petits-enfants. Une famille française normale avec son lot de joies et de peines.
Le jour de ses 26 ans, Adrien est parti fêter son anniversaire en boîte de nuit avec ses potes. La boîte était dans la banlieue grenobloise, plus précisément à Meylan. Elle s’appelait Le Phoenix, c’est un chouette nom. Dans la mythologie, c’est un oiseau qui ne meurt jamais et renaît de ses cendres. Pourtant, c’est là que les rêves tout simples d’Adrien se sont arrêtés. C’est là que la famille Perez s’est envolée en cendres.
Dans la soirée, une jeune femme du groupe a été importunée par plusieurs individus. Puis, à la sortie de l’établissement, Adrien s’est interposé pour défendre Thibault, son meilleur copain, agressé par les mêmes racailles. Dans le groupe : les frères Yanis et Younes El Habib. 20 et 19 ans. Aux États-Unis, ils n’auraient même pas eu l’âge de rentrer en boîte. Pourtant, à Meylan, ils étaient chez eux.
Adrien a pris un coup de couteau mortel dans le poumon. Son assassin a visé directement les parties vitales, il aurait pu viser le bras, la jambe. Cela aurait été tout autant criminel mais les conséquences auraient été moindres et des millions de Français ne se seraient pas levés ce matin avec l’envie de vomir.
Sa mère a été mise au courant quelques heures après, elle qui confiait avoir dit à Adrien « sois prudent » et lui de répondre rigolard « t’inquiète, maman ». J’ai à peu près le même âge que lui et je le comprends. À 25 ans passés, on entend les angoisses de notre mère avec un sentiment moqueur. On se dit qu’elle s’inquiète pour rien, on la connaît, cette boîte, on la connaît, cette route, certes, la banlieue craint un peu, mais, bon… on sait se défendre.
Ce drame parle de lui-même. Il est une accusation, un procès et un réquisitoire. Procès contre l’État et son impuissance devant une poignée de sauvages. Réquisitoire contre ces racailles elles-mêmes incapables de se construire une vie et qui vont détruire celle des autres. Procès contre cet autre moi qui essaie de se censurer pour éviter le « pas d’amalgame », procès contre cette peur de dire un mot de trop, celui qui vous ferait passer à la XVIIe chambre pour outrage, insulte raciste, propos discriminants, peur de rameuter les journalistes, intellectuels, militants associatifs, les Qataris d’AJ+, les Sihame Assbague et autres Rokhaya Diallo.
Toute cette valse de petits marchands de haine, de petits rentiers de l’antiracisme qui n’ont pas dit le moindre mot sur Adrien Perez, pas la moindre condamnation des deux petites raclures qui l’ont enlevé aux siens.
« En tuant notre fils, ils ont détruit notre vie […] Je ne pardonnerai jamais », conclut le père d’Adrien. Nous non plus, Monsieur Perez, on ne pardonnera jamais.

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