lundi 7 mai 2018

Netanyahu, invité d’honneur de Poutine pour célébrer le Jour de la Victoire en Russie....


Le président russe Vladimir Poutine a organisé une importante réunion au sommet entre les dirigeants russes et israéliens à l’occasion de la célébration du 9 mai, Jour de la Victoire en Russie.

Le gouvernement russe a confirmé que le Premier ministre israélien Netanyahu a été invité à assister, en tant qu’invité d’honneur, à la célébration du 9 mai prochain du Jour de la Victoire en Russie. Il aura également des entretiens de haut niveau avec le gouvernement russe et avec le président Poutine.
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  • Le site web du Kremlin a publié une déclaration à cet effet :
« Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu effectuera une visite de travail à Moscou le 9 mai. Il a été invité à assister à un défilé militaire marquant le 73e anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique.
M. Netanyahu s’entretiendra également avec le président Vladimir Poutine. »
  • Israël, pour sa part, a confirmé que Netanyahu a accepté l’invitation de la Russie.
Le 30 avril dernier, le Premier ministre Netanyahu s’est entretenu avec le président russe Vladimir Poutine à la suite de la révélation des documents captés par le Mossad sur le plan iranien pour parvenir à l’armement nucléaire. Les deux hommes ont également discuté de la situation en Syrie et ont convenu de leur future rencontre.
La célébration du Jour de la Victoire du 9 mai n’est pas seulement un jour de fête en Russie. C’est aussi un point culminant du calendrier diplomatique russe.
Les dirigeants étrangers qui sont invités à assister à la célébration sont invariablement des personnes en qui la Russie porte un intérêt particulier, l’invitation étant traitée comme un honneur spécial.
Par exemple, les personnalités qui ont déjà été invitées à assister à la célébration comprennent le président chinois Xi (qui a assisté à la célébration du 70e anniversaire en 2015), la chancelière Angela Merkel, le président Nazarbayev du Kazakhstan, et le Premier ministre Tsipras de Grèce (ce dernier a causé une grave offense en ne s’étant pas présenté).

Israël bombarde la Syrie. La Russie protège la Syrie. La Russie honore Israël

L’invitation de la Russie au dirigeant israélien est bien entendu à prendre dans le contexte où Israël bombarde régulièrement la Syrie. Et elle surprendra beaucoup de gens qui ont une lecture simpliste de la géopolitique, étant donné les frappes récentes et les tensions au sujet de la Syrie et de l’Iran.
En réalité, une invitation au dirigeant israélien est un geste évident pour célébrer la victoire de la Russie sur le nazisme, la Russie et l’État juif ayant une histoire commune contre le nazisme qui se perpétue avec le million de Russes israéliens.
Cependant, les relations entre la Russie et Israël continuent de faire l’objet de nombreux malentendus. Par exemple, la Russie est beaucoup critiquée par les pro-Russes et les pro-Assad parce qu’elle ne « défend pas la Syrie » contre les nombreuses frappes aériennes israéliennes, même si la Russie n’a jamais dit qu’elle le ferait.
Pour comprendre la situation, il faut accepter l’existence de la complexité du Moyen-Orient.
  • Tant qu’Israël ne franchit pas les lignes rouges de la Russie en lançant des frappes contre la Syrie qui remettent en question l’existence du gouvernement syrien, ou qui interfèrent dans la conduite des opérations de l’armée syrienne contre les terroristes djihadistes que le gouvernement syrien combat, alors la Russie – qui n’est pas partie au conflit israélo-arabe ou à l’état de guerre entre Israël et la Syrie qui existe depuis 1948 – mais cependant vote systématiquement toutes les résolutions anti-israéliennes au Conseil de de sécurité de l’ONU ne s’y impliquera pas.
  • Tant que la Russie respecte les lignes rouges d’Israël, à savoir que l’Etat hébreu ne tolérera pas l’implantation en Syrie de bases militaires iraniennes qui menacent Israël, le stockage de missiles iraniens en Syrie ou leur livraison au Hezbollah, Israël n’interviendra pas, et ne prendra aucune position, ne condamnera pas, la Russie dans les conflits syrien et ukrainien.
Tout cela a été élaboré et convenu entre la Russie et Israël au cours d’une réunion au sommet entre le président Poutine et le Premier ministre Netanyahou et leurs chefs militaires respectifs à Moscou le 21 septembre 2015, peu après le début des opérations militaires russes en Syrie, et ces accords tiennent parce qu’Israël possède géographiquement et technologiquement une puissance militaire supérieure à la Russie.
Depuis lors, bien qu’il y ait eu des frictions occasionnelles, l’accord conclu entre Poutine et Netanyahou le 21 septembre 2015 s’est maintenu, et tout indique que les dirigeants russes et israéliens restent attachés à cet accord.
La Russie et Israël sont également en désaccord sur l’Iran. Netanyahu considère l’Iran pour ce qu’il est, c’est-à-dire un Etat sponsor du terrorisme dans le monde et comme la plus grande menace pour Israël. Israël est déterminé à détruire le plan d’action global conjoint convenu entre l’Iran et la communauté internationale, alors que la Russie est déterminée à améliorer ses relations avec l’Iran et souhaite préserver le plan d’action global conjoint.
Sur ce sujet aussi, les Russes et les Israéliens ont accepté de ne pas être d’accord. Au point que le Premier ministre Netanyahu est l’invité d’honneur du président Poutine.
Pour le reste, les relations entre la Russie et Israël sont excellentes – Poutine est le premier président au monde à avoir reconnu que Jérusalem est la capitale d’Israël (en précisant « Jérusalem-Ouest »), ce qui est important même si cela a été ignoré par la communauté internationale du fait que la Russie n’est plus un acteur majeur, et les gouvernements des deux pays sont déterminés à ce qu’elles restent excellentes.
Israël il faut le préciser, n’est pas un allié russe – c’est un allié américain – et il faut reconnaître à Netanyahu ce talent d’avoir évité les écueils d’une position aussi délicate : suivre une politique étrangère qui se met en travers des positions russes sans faire de la Russie un ennemi.
La Russie, pour sa part, a appris, après la guerre des Six Jours de 1967, qu’il n’y a aucun avantage pour la Russie à faire d’Israël un ennemi. Cette blague souvent attribuée au clan Poutine en dit long :
Le général en chef de l’armée russe demande un entretien d’urgence au président Poutine.
– Monsieur le Président, la Chine a décidé de nous envahir– Et alors ?
– Monsieur le président, ils sont 1,4 milliard et nous ne sommes que 140 millions !
– Et alors ? Regardez en 1967, les Juifs étaient 5 millions, les Arabes étaient 250 millions, et Israël a gagné la guerre en 6 jours !
– C’est exact monsieur le président, mais nous n’avons pas beaucoup de Juifs dans notre armée.
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Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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