jeudi 1 mars 2018

«Accueillir un bourreau du régime iranien à l’ONU est un scandale!»


La venue à Genève d’un ministre impliqué dans un crime contre l’humanité suscite la colère.


L’arrivée à Genève du ministre iranien de la Justice, Seyyed Alireza Avaee, suscite colère et indignation parmi les ONG. Elle est aussi à l’origine de deux plaintes déposées par Me Marc Bonnant à Genève et devant le Ministère public de la Confédération à Berne. Artisan des massacres commis en 1988 en Iran, Seyyed Alireza Avaee figure sur une liste noire de l’Union européenne (UE) pour son implication dans des crimes contre l’humanité.
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À l’époque, il orchestre en tant que procureur général et membre de la «Commission de la mort» le procès et la disparition de 30’000 prisonniers politiques. Cruelle ironie de l’Histoire, Téhéran l’a désigné pour prendre la parole au nom du gouvernement ce mardi devant le Conseil des droits de l’homme. Un choix perçu comme une provocation. L’affaire met Marc Bonnant hors de lui. «C’est totalement scandaleux. Comment ce Conseil peut-il recevoir des bourreaux et leur donner la parole?» s’indigne l’avocat Genevois qui a été mandaté par le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) de Myrian Rajadavi. «Cet homme devrait être châtié. Sa place n’est pas dans cette enceinte», ajoute-t-il.
«Sa présence serait une insulte aux principes des Nations Unies»
C’est ce que pensent aussi Amnesty International, Human Rights Watch et France Libertés. «Sa présence serait une insulte aux principes des Nations Unies et causerait un préjudice grave au Conseil des droits de l’homme et à ses États membres», a prévenu l’association fondée par Danielle Mitterrand. Trop tard. Seyyed Alireza Avaee était déjà à son siège ce lundi. «C’est désastreux pour l’image de l’ONU», estime aussi Shahin Gobadi, membre de la commission des Affaires étrangères du Conseil national de la Résistance iranienne. Il rappelle que Seyyed Alireza Avaee est également impliqué dans la répression brutale des manifestations démarrées en 2017 et qui ont conduit à l’arrestation d’au moins 8000 personnes.
La controverse tombe au plus mal pour le Conseil des droits de l’homme qui voit sa crédibilité un peu plus entamée chaque jour. Comme si cela ne suffisait pas, ses travaux ont dû être suspendus durant deux heures lundi à cause d’un mouvement de grève improvisé des fonctionnaires internationaux et notamment des interprètes contre les réductions de salaires annoncées en début d’année.
Ce n’est pas la première fois que les opposants iraniens dénoncent le passé trouble d’un ministre attendu à Genève. En 2013, ils s’étaient émus de la venue du vice-ministre des Affaires étrangères, Akhondzadeh Basti, soupçonné d’avoir préparé l’assassinat de l’opposant iranien Kazem Radjavi, exécuté près de son domicile de Coppet le 24 avril 1990. Une affaire presque anecdotique au regard de ce qui est reproché à Seyyed Alireza Avaee.
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Immunité diplomatique
Les deux plaintes déposées en Suisse n’auront pas d’effet, du moins dans l’immédiat. L’intéressé qui jouit de l’immunité diplomatique ne peut pas être arrêté en Suisse. Le Ministère public de la Confédération confirme avoir reçu une plainte. «Les documents sont en cours d’analyse», explique-t-on. À Genève, le pouvoir judiciaire n’entend pas répondre aux questions.
À défaut d’avoir été entendus, pour l’heure, par la justice, les opposants comptent l’être par l’opinion publique. Une manifestation est organisée ce mardi après-midi place des Nations à Genève. La mobilisation devrait être forte. Les moudjahidines du CNRI ont montré qu’ils étaient capables de rassembler du monde. Et dans le cas présent, le sentiment d’injustice et de colère est exacerbé par le contexte international et les violences en Syrie auxquelles l’Iran participe en soutenant activement le pouvoir de Bachar el-Assad.
Source : 24heures.ch

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