jeudi 14 décembre 2017

Jérusalem, le billet d’humeur d’un réalisateur franco-israélien....


Le réalisateur Pierre Rehov revient sur la décision de Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. Il s’étonne de l’indignation internationale provoquée par cette décision.
  Suite à la décision du Président Trump d’exécuter la loi bi-partisane du congrès américain de 1995 qui reconnaît à Israël le droit de définir Jérusalem sa capitale et invite le département d’état à y transférer son ambassade, il fallait s’attendre aux révoltes d’une grande partie du monde musulman qui considère de son côté le Mont du Temple ( Haram Al Sharif ) comme son troisième lieu saint.

Il fallait également s’attendre aux réactions inquiètes de nombres de gouvernements, notamment européens, qui, tout en ayant établi des chancelleries à Jérusalem, et s’y rendant régulièrement ne serait-ce que pour rendre visite à leurs homologues israéliens, s’offusquent de ce changement de cap de l’administration américaine qui n’en est pas vraiment un. Clinton, Bush et Obama l’avaient promis. Trump a raison d’affirmer qu’il est le seul à avoir tenu cet engagement.
Ainsi que je l’écrivais dans Le Figaro en juin dernier, Jérusalem n’est pourtant devenue vraiment importante pour les Arabes de Palestine qu’après la reconquête de la vieille ville, y compris le Mont du Temple, en 1967.
Sous occupation jordanienne, ce secteur était totalement laissé à l’abandon, ainsi qu’en témoignent nombre de photos d’époque. Il est également à souligner que seuls les Musulmans avaient droit d’accès aux lieux saints des trois monothéismes jusqu’à leur reconquête par Israël.
Des voix s’élèvent maintenant qui voudraient faire croire que la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’Etat Hébreu est désormais un obstacle au processus de paix.
Ce processus n’a, malheureusement, à ce jour, accouché que de violences, tant les dirigeants palestiniens ont l’impression que la menace et le recours à la terreur, tout en accusant Israël d’effet miroir, sont des moyens plus efficaces d’obtenir la reconnaissance internationale, qu’un retour à la table de négociations.
En Israël, nous le savons: ce processus, qui dure depuis vingt ans, a surtout fait des victimes des deux côtés. Car, pour parvenir à un accord, encore faudrait-il qu’Israël ait un authentique partenaire, qui ne se contente pas de crier à «l’occupation» dès qu’il lui est demandé la moindre concession. La réconciliation «attendue» entre l’Autorité Palestinienne et le Hamas, est également un sujet d’inquiétude tout autant que le refus de Mahmud Abbas de cesser de verser des salaires aux terroristes emprisonnés.
Israël devrait avoir les mêmes droits, y compris celui de définir sa capitale à l’emplacement de son centre administratif et de se dessiner des frontières défendables.
Il faut parfois le rappeler: Israël a beau être le pays des Juifs, c’est un pays comme les autres, qui devrait avoir les mêmes droits, y compris celui de définir sa capitale à l’emplacement de son centre administratif et de se dessiner des frontières défendables. Le droit, aussi, de ne pas être systématiquement calomnié et condamné par les Nations Unies, par le truchement d’agendas qu’il est le seul à subir.
Comment, par exemple, l’UNESCO, a-t-elle pu arracher au peuple Juif tout attachement à sa ville sainte, en déclarant Jérusalem ville occupée et en renommant le Mont du Temple «Haram al sharif»? Personne n’avait cru bon intervenir entre 1948 et 1967, lorsque la quasi-totalité des synagogues et des cimetières juifs de Jérusalem étaient détruits par l’occupant jordanien.
Il faut également se révolter contre une réécriture de l’histoire, qui a conduit, par exemple, récemment, les Arabes de Palestine à exiger de l’Angleterre qu’elle renie la déclaration Balfour.
Car l’on pourrait reprocher à Lord Balfour d’avoir promis au peuple Juif la création d’un Foyer National sur cette terre à l’abandon, aride et sans avenir qu’était la Palestine, après la victoire des démocraties occidentales contre l’Empire Ottoman, mais le principal crime de l’Angleterre ne serait-il pas plutôt d’avoir édicté en 1939 le «Livre Blanc» qui y autorisait une immigration arabe massive tout en limitant celle des Juifs?
Petite parenthèse, ce «Livre Blanc» qui participa passivement à l’extermination des Juifs d’Europe en les empêchant de trouver refuge en Palestine mandataire, était signé Neville Chamberlain. Ce même Chamberlain qui, en compagnie de Daladier, avait cru apaiser Hitler en lui abandonnant la Tchécoslovaquie en 1938.
Je voudrais, un instant, faire appel à des témoins de renom, qui ont décrit en leur temps cette région et qui, par leurs écrits, effacent la mythologie d’une Palestine anciennement peuplée, dans laquelle les religions vivaient en harmonie.
· Mark Twain, Les innocents, 1867
«La désolation présente est telle que l’imagination la plus fertile ne pourrait gratifier ce paysage d’un semblant de vie ou de mouvement. Nous n’avons pas vu un seul être humain sur notre trajet. À peine ça et là un arbre ou un caroubier. Même l’olivier et le cactus, derniers amis des sols pauvres, semblent avoir déserté ce pays. Aucun peuple ne l’a considérée comme sa terre, son pays. Elle n’est plus qu’une province lointaine, pauvre et perdue, livrée à des nomades. Les forêts ont disparu, les villes tombent en ruine et pendant des siècles pas une ville nouvelle n’y sera construite.»
· Chateaubriand, Voyage en Orient, 1811
«Tandis que Jérusalem sort ainsi du désert, brillante de clarté, jetez les yeux entre la montagne de Sion et le Temple; voyez cet autre petit peuple ( les Juifs ) qui vit séparé du reste des habitants de la cité. Épris, il baisse la tête sans se plaindre; il souffre toutes les avanies sans demander justice; il se laisse accabler de coups sans soupirer; on lui demande sa tête: il la présente au cimeterre.»
Lorsque Federica Mogherini et certains gouvernements affirment qu’il faudrait maintenant reconnaître Jérusalem comme capitale de la Palestine, sur quel fondement juridique et historique le font-ils? La sélection de certaines résolutions de l’ONU suffirait-elle, quand le péché originel n’est autre que le rejet par tous les pays arabes de la décision 181 déclarant la partition de la Palestine mandataire et accordant de facto un état au peuple Juif?
Loin de moi, pour autant, d’affirmer que les Arabes de Palestine n’ont aucun droit sur cette terre. Le propos de ce billet est à l’opposé de ce que mes détracteurs voudront me faire dire. Car, pour citer Einstein, repris d’une certaine manière par la Président Trump dans son annonce du 6 décembre: «La folie c’est de toujours faire la même chose en espérant obtenir des résultants différents».
Or, qu’ont fait l’Europe et les présidents américains successifs jusqu’à l’élection de Donald Trump concernant le Moyen Orient?

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