jeudi 13 juillet 2017

Avec Elie Semoun comme parrain, la première édition du Tel Aviv Comedy Club prend son envol....


Avec tous les humoristes juifs célèbres dans le monde, il est surprenant qu’un festival d’humour juif en Israël, n’existe pas. (ou même pourquoi pas les Maccabiades du rire).

Emmanuel Smadja, Français ayant fait son alyah il y a 4 ans et qui tenait le café-théâtre Le Pranzo à Paris, s’est lancé dans une aventure : faire venir des comiques français en Israël.

S’inspirant du Marrakech Comedy Club créé par Jamel Debbouze, il a décidé de créer le Tel Aviv Comedy Club dont c’était la première édition jeudi dernier.
Au-dessus de l’entrée de Glilot Cinéma City, grand complexe de salles de cinéma, une énorme bannière digitale. D’habitude ce sont les annonces de films hollywoodiens ou des pubs en hébreu qui y passent en boucle, cette fois-ci le texte défile en français et il s’agit de l’affiche promotionnelle du Tel Aviv Comedy Club.
Comment cette (drôle d’)idée a vu le jour ?
Emmanuel Smadja (Crédit : autorisation)
Emmanuel Smadja (Crédit : autorisation)
« Tout d’abord par une grosse recherche de partenaires et associés sérieux, par l’apprentissage de la langue, des us et coutumes du pays, des prix et systèmes des différents événements, bref énormément de rencontres. Entre temps, j’ai travaillé en France sur l’organisation et la présentation du Gala du Festival de Paris avec Kev Adams, Kyan Khojandi, Bérengère Krief, Arnaud Tsamere, Florent Peyre… pour fêter les 10 ans de mon ancien établissement, le Pranzo. Une fois prêt, je me suis lancé dans la réalisation du Tel Aviv Comedy Club en co-production avec iCinema, » explique Emmanuel Smadja au Times of Israël.
« J’avais ouvert un café-théâtre sur les Grands Boulevards à Paris en face du Gymnase et du Jamel Comedy Club, Beaucoup de comédiens qui sont aujourd’hui connus ont commencé là-bas. J’ai tenu ce lieu pendant 9 ans et rouvert ensuite à l’intérieur du Théâtre du Gymnase pendant un an avant de faire mon alyah, » poursuit Emmanuel Smadja, qui a collaboré avec Raphael Elbaz, pour monter le projet.
Après une première partie d’un humoriste francophone local Sébastien Goëta, le spectacle commence avec l’humoriste Sacha Judaszko, qui a démarré comme chauffeur de salle sur les émissions d’Arthur et de Cyril Hanouna avant d’écrire entre autres pour Gad Elmaleh, Kev Adams et Anthony Kavanagh.
Sacha Judaszko sur la scène du Tel Aviv comedy club, le 6 juillet 2017 (Crédit : Eliora Efrati/autorisation Emmanuel Smadja)
Sacha Judaszko sur la scène du Tel Aviv comedy club, le 6 juillet 2017 (Crédit : Eliora Efrati/autorisation Emmanuel Smadja)
Un CV pas trop nul pour décider de s’engager soi-même et se lancer dans une carrière de one man show.
Puis c’est le tour de Judith Mergui, artiste francophone vivant en Israël, révélée par son one woman show
« Inchalyah » sur les déboires liés à l’alyah. Elle prépare actuellement son deuxième spectacle.
Une présence scénique efficace doublée d’une chutzpah innée ou acquise ici. Elle vient présenter, devant un public concerné, un nouveau sketch sur l’immense difficulté d’acheter un appartement à Tel Aviv, surtout… lorsque « pigeon » se dit « français » en hébreu.
Majid Berhila, ex-lascar gay révélé par Laurent Ruquier débarque ensuite avec sa valise, la police de l’aéroport Ben Gurion venant de le libérer après un interrogatoire et ce n’est pas un sketch, où plutôt cela en devient un : un Musulman arrive en Israël et explique à la police qu’il est venu pour faire rire.
Les spectateurs sont hilares et reconnaissants aussi qu’un musulman brave les clichés (et probablement les critiques virulentes) pour venir découvrir de ses propres yeux qui sont vraiment les sionistes et leur pays tant diabolisé.
Majid Berhila sur la scène du Tel Aviv comedy club, le 6 juillet 2017 (Crédit : Eliora Efrati/autorisation Emmanuel Smadja)
Majid Berhila sur la scène du Tel Aviv comedy club, le 6 juillet 2017 (Crédit : Eliora Efrati/autorisation Emmanuel Smadja)
En partant il lance au public l’applaudissant (très) chaleureusement : « Allez je retourne à l’aéroport, je pars mardi, mais il va me falloir au moins 4 jours pour me faire enregistrer ».
Puis l’humoriste Waly Dia, qui nous raconte ses mésaventures autobiographiques, fruit d’un père musulman sénégalais et d’une mère française catholique.
Avec finesse, il aborde les clichés des différentes communautés déclarant que les Juifs ne sont finalement pas les plus mal lotis.
Waly Dia a aussi été découvert dans l’émission de Ruquier « On n’demande qu’à en rire ». Il a par la suite joué au Jamel Comedy Cub avant d’être produit par Jamel Debbouze.
« Ils [Waly Dia et Majid Berhila] ont tout de suite dit oui, ils étaient touchés de l’invitation. Je les connais depuis 10 ans, ils n’ont eu aucune mauvaise réaction et ont très envie de revenir. Ils ont vraiment beaucoup aimé et ne s’attendaient pas du tout à ça. »
Walid Dia sur la scène du Tel Aviv comedy club, le 6 juillet 2017 (Crédit : Eliora Efrati/autorisation Emmanuel Smadja)
Walid Dia sur la scène du Tel Aviv comedy club, le 6 juillet 2017 (Crédit : Eliora Efrati/autorisation Emmanuel Smadja)
« Les gens ici leur ont fait un accueil extraordinaire, j’étais très fier, » confie, ravi, Smadja qui souhaite « que ce festival d’humour ait un rayonnement encore plus international pour développer une bonne image d’Israël et le faire découvrir à un maximum de gens dans un cadre inhabituel et original. »
Le Tel Aviv Comedy Club nous présente ensuite un faux numéro d’illusionniste pour nous permettre en fait d’assister à une vraie demande en mariage d’un spectateur à sa petite amie. Comme aux vraies Maccabiades sportives de cette année…
Après le rire, l’émotion cherchée par Emmanuel Smadja fonctionne, le couple est attendrissant et la future mariée cueillie, en larmes sous les applaudissements du public.
Une demande en mariage sur la scène du Tel Aviv Comedy club (Crédit : Eliora Efrati/autorisation Emmanuel Smadja)
Une demande en mariage sur la scène du Tel Aviv Comedy club (Crédit : Eliora Efrati/autorisation Emmanuel Smadja)
Vient ensuite « le pistonné » comme il se désigne lui-même, à savoir le frère d’Emmanuel Smadja, David qui se lance avec talent dans un numéro d’improvisation, celui d’un peintre italien qui aux mots évoqués spontanément par le public doit créer un tableau et l’histoire qui va avec, en temps réel, sous nos yeux et sans triche.
Puis arrive celui que tout le monde attendait, le parrain de la première édition, Elie Semoun, ouvrant là la voie aux futurs Tel Aviv Comedy Club qui au gré des années deviendra sans nul doute un rendez-vous incontournable de l’humour.
Il est venu présenter trois sketches de son dernier spectacle dont le fameux ‘Apprenti Djihadiste’. (« Martyr à la plage, Martyr prend l’avion »… « sur Bagdad y a de la meuf ») C’est fini ? Non ! The show must go on…
Une vidéo de Kev Adams est projetée, il s’excuse de ne pas être là, pris par des obligations professionnelles mais promet non pas d’être à Jérusalem l’an prochain, mais à Tel Aviv, pour parrainer la seconde édition.
C’est ensuite le tour de Bérangère Krief, comique révélée entre autres dans la série Bref de Canal + et au cinéma par le film « Adopte un veuf » de nous faire un sketch, très différent de ce que l’on a l’habitude d’entendre, quelque peu expérimental.
Bérengère Krief et Elie Semoun en coulisses lors du Tel Aviv Comedy Club (Crédit : Eliora Efrati/autorisation Emmanuel Smadja)
Bérengère Krief et Elie Semoun en coulisses lors du Tel Aviv Comedy Club (Crédit : Eliora Efrati/autorisation Emmanuel Smadja)
Bérengère nous raconte, à fleur de peau, et comme si c’était arrivé la veille, son mariage annulé après une demande idyllique faite sur une barque voguant sur Central Park et sur les différentes facettes de sa personnalité.
C’est un sketch féministe où elle représente le groupe des « femmes au cœur en miettes » qui sonne vrai et sincère, remportant davantage l’adhésion des femmes que des hommes dans la salle et qui deviendra hilarant plus tard, lorsque l’artiste Larusso, elle aussi quittée avant son mariage ne vienne la joindre pour un duo où les deux s’affronteront afin de savoir laquelle a le plus souffert et perdu.
Et ce sera la même Larusso, chanteuse, qui clôturera le festival en mettant le feu dans le public en interprétant son ancien tube « Tu m’oublieras » ainsi que la chanson de Sarit Hadad. « ata totah » [tu es une bombe].
On ne demandait qu’à en rire, ce fut le cas. On n’oubliera pas cette soirée-là !
Majid Berhila, Larusso, Emmanuel Smadja et Bérengère Krief prennent un selfie à la fin du Tel Aviv comedy club (Crédit : Eliora Efrati/autorisation Emmanuel Smadja)
Majid Berhila, Larusso, Emmanuel Smadja et Bérengère Krief prennent un selfie à la fin du Tel Aviv comedy club (Crédit : Eliora Efrati/autorisation Emmanuel Smadja)

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