jeudi 22 juin 2017

Pour lutter contre le terrorisme, Collomb restreint le port d’armes des policiers...


L’information a été révélée par la rédaction d’Europe 1 le 21/06/2017 : une note de service interdit désormais à tous les fonctionnaires de la police nationale d’être porteurs de leur arme, y compris lors de leur trajet domicile-travail, dès lors qu’ils n’ont pas fait l’objet d’un entrainement au tir lors des quatre derniers mois, ou qu’ils n’ont pas pu effectuer leurs séances obligatoires au cours de l’année précédente.
Circulaire à destination de tous les effectifs de la police nationale
Ces instructions annulent les dispositions prises au lendemain des attentas de novembre 2015, lesquelles permettaient aux policiers de conserver leur arme en permanence afin de garantir leur sécurité et celle de nos concitoyens.
Elles ont pour conséquences de rendre encore plus contraignantes les conditions du port de l’arme en dehors du service pour l’ensemble des policiers de France qu’elles ne l’étaient avant les attentats, puisqu’il était possible de porter son arme en allant prendre son service ou à l’issue, avec pour seule obligation de la déposer en cas d’absence de plus de 48 heures.
Par ailleurs, il convient de rappeler que si les entraînements au tir sont on ne peut plus nécessaires, ils ne dépendent aucunement de la volonté des personnels concernés, mais exclusivement des moyens mis en oeuvre par l’Etat, lesquels sont très insuffisants et ne permettent pas à chaque policier de s’entraîner aussi fréquemment.
La gestion des séances de tir obligatoires sont déjà considérées comme un véritable casse-tête, du fait du manque d’effectifs pour les encadrer, mais aussi du manque de stands disponibles et des contraintes professionnelles des effectifs censés y participer.
Ainsi, de nombreux policiers seront contraints de déposer leur arme dans l’armoire forte de leur service à l’issue de chacune de leur vacation, et ce quel que soit le danger avéré auquel ils sont exposés.
Le lâche assassinat du commandant Jean-Baptiste Salvaing et de sa compagne Jessica Schneider le 13 juin 2016 à leur domicile de Magnanville par le terroriste islamiste Larossi Abballa n’aura donc pas servi de leçon à ceux qui du haut de leur tour d’ivoire ne risquent absolument rien, et dont la seule vocation est de servir aveuglément ceux qui ont le pouvoir de booster leur carrière.
Mettre en danger la vie de ceux qui la risquent déjà au quotidien pour protéger celle des autres est un acte irresponsable, mais il doit nous rappeler, si c’était encore nécessaire, qu’au delà des effets d’annonce visant à rassurer l’opinion se cache une réalité bien plus sombre : celle des conditions dans lesquelles les policiers de France exercent au quotidien.
Cela pose, une fois de plus, la question de la volonté politique s’agissant d’assurer la sécurité des Français, à moins de considérer que le danger vienne précisément de ceux qui sont en charge de l’assurer chaque jour sur le terrain.
Bien entendu, certains argueront que l’entrainement est essentiel pour que les policiers puissent utiliser le plus efficacement possible leur arme de service – ce qui est vrai – mais ils ne sauront pas quoi répondre dès lors qu’on leur pointe cette évidence : si l’on est capable d’être porteur de son arme pendant le temps de service, alors rien ne s’oppose à la possibilité de la conserver en dehors.
A l’heure où les policiers, gendarmes, et militaires, ne cessent d’être pris pour cible sur la voie publique, à l’heure où les Champs-Elysées deviennent aux yeux du monde un terrain d’action pour les terroristes, à l’heure où le chef du gouvernement n’hésite pas à sous entendre que ce sont les risques du métier, la note de service dont il est question est tout bonnement inacceptable.
Sa seule existence est une mesure de défiance de plus lancée au visage des policiers, qui pourraient s’en satisfaire si les moyens leur étaient donnés de répondre aux exigences prévues, ce qui n’est absolument pas le cas.
Ce n’est en tout état de cause pas avec ce genre de mesures que le gouvernement apaisera la colère légitime des policiers.

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