lundi 26 juin 2017

Mythe et réalité : Etre « Bébé Cadum » et mourir !!


Le septuagénaire lambda a bien du mal à réaliser que le mythe « Bébé Cadum » est né d’une réalité, un gros et beau bébé qui vient de mourir à l’âge de 92 ans ! Car enfin, très vite « Bébé Cadum » est devenu au-delà de l’image du gros bébé joufflu et tout rose, une expression qui a fait partie intrinsèque du patrimoine populaire de la langue française pendant moult décennies !

Mais plus étonnants encore, les destins parallèles de la célébrissime savonnette « Bébé Cadum » et son modèle-photo à peine connu, Maurice Obrejan, valent la peine d’être mis en lumière !

Avoir été le premier lauréat du concours «Bébé Cadum», le plus beau des bébé en 1925, que sa photo soit devenue l’image reproduite sur toutes les savonnettes de la marque est un état de fait qui lui collera sans doute éternellement à la peau…
Mais la suite de son histoire est bien différente de l’intemporel « Bébé Cadum » qu’il incarne et incarnera pour combien de temps encore !

Ainsi « Maurice Obréjan, premier lauréat du concours «Bébé Cadum» du plus beau bébé en 1925 et ancien résistant, est décédé à Paris à 92 ans, selon un avis publié samedi dans Le Figaro par le président et le bureau des Amitiés de la Résistance.
Juif français déchu de sa nationalité, résistant à 17 ans, il avait été arrêté en 1942 et déporté avec toute sa famille dont il sera le seul à revenir…

Né d’un père roumain et d’une mère polonaise, il racontait à qui voulait l’entendre, comment ses parents l’avaient inscrit car tout le monde disait qu’il était un beau bébé.
La chance avait fait le reste.
Même en déportation, mes compagnons d’infortune m’appelaient +Bébé Cadum+. Malgré les circonstances, j’étais la star de cet horrible endroit…», confiait-il à l’AFP en 2010.
En effet on imagine mal que ce bambin qui a fait sourire la France entière ait pu un jour être le numéro 178177 d’un camp de la mort…
Décoré plusieurs fois pour actes de résistance, cet homme discret a raconté son parcours dans un livre paru aux éditions du Petit Pavé, «Un homme trois fois Français».
A lire impérativement !
L’inhumation de Maurice Obréjan aura lieu ce lundi à 14H30 au cimetière du Père-Lachaise à Paris.
Petit retour en arrière. Qu’en est-il de l’histoire de ce fameux « savon pour la toilette et le bain », créé en 1907 ? Qui est Michael Winburn. ?
Guéri d’un eczéma grâce à un produit à base d’huile de Cade (appellation provençale d’un genévrier du midi), c’est l’industriel américain, directeur d’une société de produits chimiques (l’Omega Chemical Company), qui en acheta le brevet au distributeur, le pharmacien parisien Louis Nathan.
Le savon Cadum sera popularisé par le fameux visage du « bébé Cadum », que l’on doit à l’origine au peintre Arsène- Marie Le Feuvre.  Nu sur une serviette – image osée à l’époque –, il envahit les murs de France dès 1913.  La rumeur veut que le peintre se soit inspiré du fils de la célèbre danseuse américaine Isadora Duncan, mort peu de temps après, noyé dans la Seine.
Il faudra attendre 1924 pour que la société, (qui détient 50 % du marché de la savonnette et des produits d’hygiène), organise le concours du « plus beau bébé ». Aux mains du groupe Colgate-Palmolive en 1952, la marque redevient indépendante et française en 2003.
Depuis janvier 2007, la savonnette « Bébé Cadum » réinvestit les rayons bébés avec, sur son packaging, le célèbre dessin du bébé croqué en 1913. Depuis cette date, Cadum s’est jeté à l’eau en redonnant vie à la célèbre élection du « Bébé Cadum », mais, modernité oblige, cette élection se fait depuis lors sur Internet. Chaque mois un bébé est retenu, et la finale a lieu une fois par an.
En l’occurrence, après une année de sélections, plus de 40 000 participants et 120 000 votes d’internautes, c’est Jeanne, 23 mois qui a été élue « Bébé Cadum 2007 », la première de la nouvelle génération. Un vote sous la houlette du premier « Bébé Cadum » élu en 1925, Maurice Obréjan, toujours vivant à l’époque, membre du jury de l’élection 2008, avec Inès de la Fressange comme présidente.
Malheureusement, entre temps, la mythique expression de « beau bébé Cadum » était devenue quasiment une insulte, le symbole du bébé éternellement bébé , un pauvre niait !
Comment gérer un produit dont l’injurieuse complainte, son « Oh, le bébé Cadum », le rend parfaitement invendable. La réponse fut simple : Partant du principe qu’il suffit de faire d’un handicap une force, il fut décidé de proposer le produit avec un slogan contraire, le revendicatif « Je ne suis plus un bébé Cadum ». Une bonne idée de Gilles Nouailhetas, son nouveau repreneur, qui, en moins de quatre mois, réussit à remettre son «Bébé Cadum» en première place du segment enfant. Depuis, les produits sans savon ont fait florès. Mais notre « Bébé Cadum » a su prendre le virage juste comme il fallait .
En bref : Les produits sont à présent sans savon, sans paraben, sans colorant et sans alcool.
Cadum aussi…Ils sont censés apporter une hydratation intense, une peau fraîche et apaisée, un toucher léger, et sont testés dermato logiquement…Cadum aussi…Et alors, que demande le peuple.
par Bely Landerer
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