dimanche 22 janvier 2017

Analyse: le défi iranien de Trump est une opportunité pour Israël....


À son entrée à la Maison Blanche, Donald Trump retrouvera un certain nombre de dossiers importants concernant les affaires étrangères, dont la question iranienne. Il devra réfléchir à une solution plus sophistiquée que "soutenir" ou "s’opposer" à l’accord nucléaire iranien. Cette réflexion sera aussi l’occasion pour Israël de rectifier les échecs de l'été 2015.

Au cours de la campagne électorale, Trump s'est opposé ouvertement à l'accord nucléaire, menaçant de le "déchirer", un son de cloche assez différent du Sénat qui a eu une approche plus modérée de la question.
Le secrétaire de la Défense, le général James Mattis, a soutenu que, bien que l'accord n'ait pas été bon, les États-Unis devaient respecter leurs engagements. Le secrétaire d'État désigné et le directeur de la CIA ont eux souligné les lacunes de l'accord, mais se sont engagé à surveiller étroitement sa mise en œuvre et à ne pas prendre de mesures pour l'annuler.

La question n'est donc pas de savoir si la nouvelle administration doit s'en tenir à l'accord ou à le "déchirer", mais plutôt à savoir comment maintenir ses résultats afin de corriger ses défauts stratégiques à long terme.

Une annulation immédiate de l'accord pourrait isoler les États-Unis de leurs alliés qui l'appuient et endommager les deux moyens de pressions disponibles qui ont mené l'Iran à l'accord, à savoir les sanctions internationales efficaces et une option militaire valide.
Même s'il est logique d'annuler l'accord, il serait cependant préférable d'attendre une bonne occasion sous la forme d'une violation iranienne significative de l'accord ou d'un changement politique pour le faire.

À court terme, l'accord présente certains avantages. Il a éloigné l’Iran de plusieurs mois voire d’une année complète de l’obtention de l’arme nucléaire, tout en maintenant un régime strict de surveillance sur des éléments importants dans le programme nucléaire.
Néanmoins, l'accord pose deux problèmes. Premièrement, il laisse libre cours à l'activité négative de l'Iran dans les secteurs non-nucléaires tout en approuvant un programme nucléaire légitime, avancé et illimité dans la seconde moitié de la période de l'accord. Deuxièmement, l'accord ne prévoit aucune restriction quant au programme de missiles iraniens, qui est essentiel pour la construction d'une arme nucléaire opérationnelle.

En d’autres termes, abandonner les acquis de l'accord, en particulier dans les premières années, avant que les principales restrictions du programme nucléaire ne deviennent invalides, serait une erreur. Par ailleurs, permettre au régime radical iranien d'atteindre des capacités nucléaires avancées dans les dernières années de l'accord, serait également à éviter.

Avec l'arrivée de la nouvelle administration, Israël a une deuxième chance d'influencer la politique américaine concernant le programme nucléaire iranien. De créer une opportunité d'action conjointe contre l'Iran et de faire progresser un accord parallèle israélo-américain visant à changer la stratégie sans pour autant violer l'accord.

Pour se faire, les deux pays doivent tomber d’accord sur une nouvelle ligne rouge publique à ne pas franchir.
Alors que l'administration Obama ne voulait pas agir aussi longtemps que l'Iran n'essayait pas de produire une arme nucléaire dans la pratique, Israël devrait aspirer à influencer l'administration Trump afin de répondre fermement aux tentatives iraniennes de profiter des défauts de l'accord.
Israël et les Etats-Unis doivent également s'entendre sur le système de renseignement qui sera utilisé pour exposer les violations iraniennes. Il est également nécessaire que l’entente avec les États-Unis mette l'option militaire d'Israël sur la table en dernier recours afin de prévenir un Iran nucléaire. Enfin, Washington et Jérusalem doivent élaborer un plan d'action contre le soutien iranien aux organisations terroristes dans la région et appliquer la résolution 2231 de l'ONU qui interdit à l'Iran de développer le programme impliquant des missiles balistiques portant des ogives nucléaires.

Dans le cadre des tentatives visant à rétablir les relations entre Israël et les États-Unis, il est urgent de mettre en place une stratégie qui rétablira la dissuasion contre l'Iran et l'empêchera de tirer parti des faiblesses de l'accord nucléaire. Si la dissuasion et la diplomatie échouent, c’est le partenariat américano-israélien qui devra empêcher l'Iran d'obtenir l’arme nucléaire.
Amos Yadlin est le directeur de l'Institut d'études sur la sécurité nationale de l'Université de Tel-Aviv (INSS).
Cet article a été publié avec l'accord de Ynetnews.

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