mardi 10 janvier 2017

60 minutes avec un néo-nazi......


Daniel Kravitz, propriétaire d’un commerce de meubles d’occasion à Denver (États-Unis), fut pris au dépourvu par le client qui entra dans son magasin. Vêtu comme un voyou, le jeune homme avait le crâne rasé et les biceps recouverts de tatouages virulents, dont l’infâme « Kill Jews ! » (Mort aux Juifs !). Sans aucun doute, il s’agissait d’un néo-nazi.
Daniel fut plutôt soulagé que sa kippa soit dissimulée par une casquette.
Néanmoins, il passa l’heure qui suivit à aider son client. Il lui fit visiter son magasin, l’aida à choisir un assortiment de meubles en bon état, lui accorda une généreuse remise, puis aida le jeune néo-nazi à charger ses achats dans sa camionnette.
Après avoir soigneusement inspecté le jeune homme pour s’assurer qu’il n’était pas armé, Daniel lui demanda prudemment : « Dis-moi, es-tu vraiment convaincu de tout ce qui est écrit dans tes tatouages ?
— Tu paries que oui ! répliqua le jeune homme.
— As-tu déjà fait du mal à quelqu’un ?
— Ouais !
Daniel marqua une pause avant d’ajouter :
— Qu’as-tu contre les Juifs ?
— Ce sont tous des voleurs et des menteurs ! s’exclama le client. Et de poursuivre sa diatribe avec une litanie de tous les stéréotypes antisémites possibles et imaginables.
Daniel écouta patiemment jusqu’à ce que l’homme ait fini de parler. Puis il retira sa casquette pour révéler sa kippa et déclara :
« Es-tu conscient que tu viens tout juste de passer une heure avec un Juif ? N’ai-je pas été honnête, affable et généreux avec toi pendant tout ce temps ? »
— Es-tu conscient que tu viens tout juste de passer une heure avec un Juif ? N’ai-je pas été honnête, affable et généreux avec toi pendant tout ce temps ?
Le néo-nazi eut le souffle coupé par l’incrédulité :
— Impossible, mon pote ! Tu ne peux pas être juif !
David désigna la mézouza sur la porte d'entrée puis montra au client un sidour (livre de prière) posé sur son bureau.
— Tu peux constater de tes propres yeux que je suis juif, et que je ne corresponds pas du tout à l’image que tu t’es faite des Juifs. Tu as subi un lavage de cerveau. Je n’arrive pas à croire que tes parents t’aient élevé avec une haine aussi virulente. Tu as dû couper les ponts avec eux, présuma Daniel.
Le néo-nazi confirma ses suspicions ; il n’avait pas adressé la parole à ses parents depuis dix ans. À ce moment précis, un autre client arriva. Daniel souhaita une bonne journée au néo-nazi avant de reporter son attention sur le nouveau client.
Daniel Kravitz dans son magasin
Six mois plus tard, le jeune homme fut de retour au magasin de meubles. Cette fois, il arborait une coupe de cheveux courte, des vêtements convenables et des manches longues qui dissimulaient ses tatouages. À la surprise de Daniel, il l’enlaça chaleureusement,
— Je dois m’excuser auprès de vous et vous remercier, confia-t-il, les larmes aux yeux. Vous m’avez fait réévaluer toutes les valeurs en lesquelles je croyais jusque là. Grâce à vous, je sais maintenant ce qu’est un Juif, et j’ai décidé de reprendre ma vie en mains. J’ai même renoué avec mes parents.

Un peu de lumière peut chasser beaucoup d’obscurité… Ne sous-estimez jamais la lumière considérable qu’un seul acte peut apporter au monde.
Cette histoire a été racontée par Daniel Kravitz au Rav Shraga Freedman, auteur des ouvrages Living Kiddush Hashem et sefer Mekadshei Shemecha.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Catherine Deneuve sur l'affaire Weinstein: "Il y a vraiment un déferlement qui est assez ignoble"

En pleine promotion de son nouveau film Tout nous sépare, l'actrice française a évoqué l'affaire Weinstein, producteur qu'el...