jeudi 8 décembre 2016

Pequignet , la bonne idée made in France au mauvais moment ?


Ironie de l'histoire de l' horlogerie française : quasiment au même moment, Lornet, une marque 100 % indépendante, dévoile sa première montre conçue, fabriquée et assemblée en France et l'on apprend la quasi-disparition de Pequignet… 

Elle avait pourtant su,
au fil des anstrouver sa place dans le paysage des marques horlogères indépendantes. 
À l'heure des grands groupes qui en ont tant absorbé au tournant des années 2000, il n'en reste plus beaucoup. En SuisseChopard , Rolex,Breitling , parmi les marques majeures. En France, les grands noms sont beaucoup plus rares. Ils n'en sont que plus précieux. Parmi euxMichel Herbelin , Saint-Honoré , Lip... et Pequignet.



© DR

La fin d'une ère symbolique

L'horlogerie française s'apprête donc à perdre non seulement une marque, mais aussi un symbole . Pequignet fut la première , en 2004, à parier sur le retour gagnant de l'horlogerie mécanique française. Un secteur sinistré depuis Lip en 1977 et qui n'a pas, comme la Saxe horlogère, bénéficié d'un soutien ou d'une solidariténationale pour ressusciter. Le repreneur de Pequignet, Didier Leibundgut, lui avait pourtant donné des bases techniques  : un mouvement conçu en interne , le fameux Calibre royal.

Passablement prématuré , il avait néanmoins fini par être fiabilisé et par s'imposer dans la grammaire horlogère avec un certain succès.

© ap DR

En 2012, des investisseurs privés reprennent la marque. Elle est alors incarnée par Laurent Katz , qui pose 11 millions d'euros sur la table . Le Calibre royal est exploité, mais la marque s'ouvre : au-delà de ce produit de prestige , il faut rentabiliser la marque, faire rentrer des devises . 

L'intention est bonne, pas la période, malheureusement : à partir de 2013, tous les indicateurs économiques de l'horlogerie virent au rouge . En France, en Suisse, et dans le monde.

La bonne idée, au mauvais moment

Pequignet vacille rapidement. La marque avait déjà été rachetée, en 2012, sousredressement judiciaire avec reprise de passif. S'ensuivent quelques litiges précédant le rachat et qu'il faut solder, puis quinze mois consécutifs de baisse de l'horlogerie au niveau mondial . Pequignet, qui peinait à garder la tête hors de l'eau, coule. 

Ce 30 novembre, elle retourne en redressement judiciaire. Elle disposeactuellement de trois mois pour trouver un nouveau repreneur, le troisième, faute de quoi elle sera cette fois définitivement liquidée.

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Une malédiction française ? Loin de là. MAT Watches est bien ancrée, CharlieWatch est un cas d' école , Briston défraie la chronique, Lip a le vent en poupe, Poiray rafraîchit l' ensemble , les vétérans Saint-Honoré et Michel Herbelin sont les gardiens du temple depuis trois générationsSans oublier que, même Swiss Made, des marques comme Bell & Ross, Vuitton ou Hermès sont avant tout françaises.
Mais, entre les tenants du quartz et ces trois derniers exemples de belle horlogerie mécanique faite en Suisse, il existait un segment pour de la belle horlogerie conçue en France, mécanique, traditionnelle. Pequignet l'a dignement occupé pendant plus de dix ans : un créneau judicieux, mais au mauvais moment. Qui sait si, maintenant, la toute jeune Lornet relèvera le défi....

http://www.lepoint.fr/montres/pequignet-la-bonne-idee-made-in-france-au-mauvais-moment-08-12-2016-2089019_

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