mercredi 16 novembre 2016

Lettre ouverte au Mur occidental Kotel...Jérusalem !


Cher Kotel,


Tu as souvent fait les gros titres ces derniers temps. On a l’impression que pratiquement aucun jour ne passe sans que l’on diffuse des mensonges à ton propos.

Tu as souvent fait les gros titres ces derniers temps. On a l’impression que pratiquement aucun jour ne passe sans que l’on diffuse des mensonges à ton propos. L’UNESCO a voté par deux fois une résolution prétendant qu’il n’y a jamais eu de Temple juif à Jérusalem, que les Juifs qui affluent du monde entier n’ont aucun lien avec toi, ni droit de prier devant tes pierres caressées par le soleil. Quelle absurdité !
J’ai passé quelques uns des moments les plus importants de ma vie à tes côtés. J’ai du mal à imaginer ce que ma vie serait sans toi ni la proximité particulière avec Dieu que j’ai ressentie en ta présence. Le moment est venu de te remercier.
Depuis le tout premier instant où j’ai posé mon regard sur toi, tu m’as toujours surpris. Tout au long de mon enfance, ma famille et moi nous tournions en ta direction quand nous priions à la synagogue. Mes arrière-grands-parents, qui vivaient dans des ghettos en Europe, gardaient ton image présente à l’esprit. Bien qu’ils ne purent jamais espérer voyager à Jérusalem pour te rencontrer face-à-face, ils t’évoquaient dans leurs prières quotidiennes, confiants que le jour viendrait où leurs descendants auraient le privilège de prier librement face à tes pierres.
Mais ce matin où je t’ai rencontré pour la première fois, au lieu de paraître ancien, tu semblais si moderne. Débordant de vie, tu étincelais au soleil. Avec circonspection, je me suis approchée de toi ; j’ai posé ma main sur tes pierres tièdes, et de manière inattendue, mes yeux se sont remplis de larmes. J’ai imaginé les générations de Juifs qui s’étaient tenus à l’endroit même où je me trouvais, apportant offrandes et prières.
Soudain, le cri d’une femme en prière a transpercé l’air : « Je t’en prie, mon Dieu ». La main posée sur tes pierres, elle épanchait son cœur, tandis que des larmes ruisselaient le long de son visage. Je me suis empressée de détourner la tête, ne voulant pas troubler l’intimité de ce moment de mon regard, mais l’image de son visage est restée gravée dans ma mémoire. J’étais habituée aux offices de synagogue bienséants. Je n’avais jamais vu quiconque si profondément immergé dans la prière.
J’ai récité la prière du matin et à chaque mention du patriarche Abraham, j’étais submergée par l’émotion en prenant conscience que je me tenais à l’endroit précis où il avait conduit Isaac. Et tandis que je lisais les psaumes écrits par le roi David, j’étais ébahie de me trouver à l’endroit précis qu’il avait conquis et destiné à l’édification du Temple. À chaque fois que mon livre de prières évoquait les sacrifices qui étaient offerts à Dieu au Temple, je levais les yeux, m’attendant presque à voir une volute de fumée oscillant dans la brise estivale. Une heure est passée mais il m’a semblé que seules quelques minutes s’étaient écoulées. J’ai eu l’impression d’avoir été transportée dans le temps jusqu’au lieu où le passé et le présent avaient paru se rejoindre.
Après cette rencontre, je n’ai jamais plus pu me passer de toi. Je suis revenue quelques jours plus tard par un vendredi soir, et j’ai rejoint les foules d’étudiants universitaires et de touristes comme moi, qui étaient aimantés par ta présence. Des familles du voisinage nous ont ouvert leurs foyers et c’est devant toi que j’ai reçu ma toute première invitation à un repas du Chabbat. Ta majesté inspirait les familles de Jérusalem à ouvrir leurs portes, et nous-mêmes étudiants universitaires à ouvrir nos cœurs.
Et depuis tu as toujours été là pour moi. Je me suis tenue devant tes pierres pour réfléchir aux différents débouchés qui s’offraient à moi après la fac. J’ai prié devant toi pour des proches parents quand ils étaient malades, pour trouver du réconfort quand les choses n’allaient pas bien. Ce fut en ta présence que, brisée à l’idée d’être célibataire pendant beaucoup plus de temps que la plupart de mes amies, j’ai prié pour rencontrer mon mari.
À maintes reprises, tu m’as inspiré à penser aux autres. L’après-midi où je suis venue te rendre visite et j’ai vu un groupe de jeunes recrues qui prêtaient serment à l’armée israélienne devant toi, j’ai prié pour la sécurité de ces jeunes hommes avec une intensité que je n’avais jamais éprouvée auparavant.
L’année où je me suis trouvée en Israël à Ticha Béav, le jour commémorant la destruction du Temple et de tes autres murs, j’ai trouvé toute ton esplanade remplie de gens assis par terre, jeûnant, priant et se lamentant.
Quelques années plus tard, à l’approche de sa Bat-Mitsva, notre fille n’a eu qu’un seul souhait : se tenir en ta présence et s’imprégner de ta sainteté et de ton atmosphère unique en ce jour si important.
Quelqu’un m’a dit une fois que tu n’es jamais seul, que les Juifs ne laissent jamais ton esplanade vide. L’année où j’ai visité Jérusalem pendant une tempête de neige, j’ai décidé de le constater par moi-même. Et effectivement, à minuit, malgré la neige, se tenait un groupe d’hommes priant en silence. Nous avons perdu notre Temple si précieux il y a très longtemps alors maintenant nous sommes déterminés à ne pas t’abandonner, cher Mur occidental.
À travers les années, j’ai vus des sikhs et des bouddhistes, des chrétiens et des juifs, des gens laïques et religieux venir ensemble pour prier près de toi. Tu es ouvert tous les jours, et ton entrée est gratuite. Tu fais don de toi en toute simplicité ; tes trésors sont ouverts à tous.
Mur occidental, tu es l’épicentre du monde juif, l’endroit où je me sens plus proche que jamais de mes frères juifs. Même si on peut s’adresser à Dieu partout, nos prières redoublent d’intensité à tes côtés. Merci de m’inspirer, de me réconforter, d’unir mon peuple. Je te porte toujours dans mon cœur.

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