mercredi 23 novembre 2016

Les djihadistes se retournent contre le peuple qui les a élevés....


Entretien avec la réalisatrice Cheyenne Carron...


Olivier Prévôt. Quand on regarde votre filmographie, on est frappé par votre courage. De L’apôtre qui évoque la conversion d’un musulman au catholicisme, à Patries qui aborde le thème du retour au pays des enfants d’immigrés, et maintenant La chute des hommes  qui raconte l’enlèvement d’une jeune française par des djihadistes, vous n’hésitez pas à aborder des sujets difficiles, avec un regard, des références qui peuvent faire polémique.
Cheyenne-Marie Carron. Si polémique il y a, elle ne vient pas de moi. Je n’aime pas la dimension forcément racoleuse de la provocation, du chiffon rouge que l’on agite. Je dirais plutôt qu’il s’agit de sujets de mon temps. Je suis une femme française. J’ai quarante ans. Tous ces sujets – complexes je vous l’accorde – me concernent. Nous concernent. Je m’efforce de les traiter avec honnêteté, vérité, humanité. Je suis un metteur en scène catholique, je regarde le monde avec un regard de chrétienne. J’estime qu’il n’y a pas de sujets réservés ou, au contraire, interdits aux chrétiens. Le monde nous est ouvert.
Vous abordez vos thèmes et vos histoires avec beaucoup de franchise et un véritable point de vue. En même temps, on sent chez vous une empathie pour tous les personnages.
Je ne pourrais pas réaliser un film avec une autre approche. Dès qu’on creuse un sujet, on ne peut qu’entendre l’autre, ses motivations, y compris dans le cas de ces djihadistes qui s’engagent dans des voies si sombres, des voies de combats, de destruction. Dans La chute des hommes, il y a trois points de vue : celui de Lucie, petite chrétienne qui part très naïvement au Moyen-Orient et qui se retrouve prise en otage ; celui de Younes, chauffeur de taxi très pauvre qui se fait complice des djihadistes et tentera d’effacer sa faute ; celui d’Abou, un Français de souche, converti à l’islam radical.
C’est cela, pour vous le cinéma : pouvoir se mettre dans la peau de tous ?
À l’écoute de tous, oui, mais en tant que catholique. C’est mon héritage. Vous savez, je suis une enfant de la DDASS, j’ai été accueillie par une famille chrétienne… Je tiens d’autant plus à mon héritage chrétien. J’essaie de développer une approche aimante de l’autre.

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