samedi 19 novembre 2016

Il est pas frais, mon Macron ?


Avant-hier, Emmanuel Macron s’est déclaré candidat à l’élection présidentielle.
Macron est brillant. Macron est jeune. Macron est beau. Il n’en fallait pas plus pour faire de lui la nouvelle vedette des sondages et des médias. Mais derrière ce triptyque objectif au vu de son parcours académique et de sa plastique, Macron incarne-t-il vraiment la fraîcheur en politique ?
En réalité, Macron fait du neuf avec du vieux. Il applique avec brio la technique du rétro : donner de la fraîcheur aux vieilles recettes. En incarnant le libéralisme et le libertarisme, Macron se fait le porte-parole d’Attali (avec qui il a travaillé sur le rapport suivi par Sarkozy puis par Hollande) et de Rocard, avec qui il partage la même popularité médiatique. Macron a, en tout cas, compris une chose : le libéralisme transcende le courant gauche-droite, ce qui lui permettra de séduire des libéraux des deux camps.
Malgré un éventuel rassemblement autour d’un courant libéral-libertaire, Macron risque de peser bien peu en passant à côté des thématiques sur lesquelles vont se jouer la présidentielle : l’identité et la sécurité.
Car ce sont ces thématiques qui intéressent avant tout une majorité de Français et les peuples en général. En témoigne la progression des courants patriotes dans des pays européens en excellente santé économique.
Parce que la différence entre la sécurité et l’économie, c’est que la sécurité est une fonction régalienne que seul l’État peut assurer. Alors que l’économie française peut compter sur une force entrepreneuriale incroyable qui, malgré un contexte très difficile, fait de la France un des pays qui attirent le plus les investisseurs aujourd’hui. Ce n’est pas pour rien que Hollande a dit qu’il pourrait se représenter en fonction des chiffres du chômage et non en fonction des chiffres de la délinquance : il est loin d’être bête. L’emploi est une préoccupation aujourd’hui supplantée par la peur de se faire agresser en sortant de chez soi, la peur de se faire déposséder de son identité, de sa patrie, « le seul bien de celui qui n’a plus rien », selon Jaurès.
Pour l’instant, Macron passe à côté de ces enjeux. Il sortira sans doute avec talent quelques saillies contre la délinquance, l’islam militant et l’immigration sans entraves, comme Rocard avait choqué en déclarant qu’on « ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Et il finira par tout régler par le social, comme Rocard a instauré la notion d’assistanat dans l’État-providence avec le RMI.
Décidément, beaucoup de similitudes entre Macron et Rocard. Reste à savoir s’il faudra ajouter l’échec électoral à la liste de leurs points communs.

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