samedi 12 novembre 2016

Giuliani, Trump et la Sécurité d’Israël ©


Le mois dernier, au cours d’une visite en Israël, Rudolph Giuliani a demandé une rencontre avec le haut du gratin de la Direction des Systèmes de Défense Avancés Rafael.
On connaît Giuliani comme l’ancien maire mythique de New-York City et comme un proche associé du Président élu des Etats-Unis, Donald Trump. Il s’est avéré être l‘homme politique américain prédominant à avoir soutenu Trump de bout en bout, tout au long de sa campagne.
Les principaux dirigeants exécutifs de Rafael avaient l’intention d’inviter Giuliani à dîner dans un prestigieux restaurant très connu, mais il a préféré du houmous et des kebabs et ainsi la soirée s’est terminée dans un petit restaurant local à kebab de Kfar Sava. La réunion n’a pas porté sur les activités en cours de Giuliani, dans la cyber-sécurité. Ce dirigeant républicain prédominant avait réclamé cette rencontre dans le but de remercier personnellement les responsables chez Rafael du développement du système Dôme de Fer, qui a apporté une contribution significative à la sécurité nationale d’Israël. 
Les hôtes de Giuliani l’ont remercié en lui faisant cadeau d’une modèle réduit du Dôme de Fer et il en a réellement été ému aux larmes. Cette réunion se passait à huis-clos à l’écart de la presse, aussi sommes-nous dans l’incapacité de citer les paroles aimables et chaleureuses de Giuliani, concernant sa relation personnelle avec Israël et l’importance qu’il accorde à la sécurité d’Israël.
Est-ce si important ? En effet, selon les reportages qui ont court aux Etats-Unis, on s’attend à ce que Giuliani soit nommé Ministre de la Justice (Procureur Général) et pas Secrétaire à la Défense, mais ce récit est indicatif pour montrer à quel point la nouvelle Administration sera différente, et l’attitude de sagesse qu’elle adoptera, comparée à l’Administration Obama.
Voici encore un nouvel exemple : le candidat le plus probable à la position d’Ambassadeur des Etats-Unis en Israël, David Friedman, est le Président des Amis Américains de l’Institution Bet-El.
Donald Trump, au centre, aux côtés de sa fille Ivanka Trump, à droite, et de l’vocat David Friedman, à gauche, sortent du Bureau Fédéral à la suite de leur apparition au Tribunal U.S. des Faillites, jeudi 25 février 2010 à Camden, New Jersey. (Bradley C Bower/Bloomberg News)


Apparemment, ces détails n’ont rien à voir avec la sécurité d’Israël, comme l’administration Obama n’a jamais renoncé à la sécurité d’Israël en tant que telle, malgré les divergences. Obama s’est montré généreux en matière de financement apporté au projet du Dôme de Fer et au cours de son mandat, le dialogue stratégique et en matière de renseignements entre les deux pays est resté exact et solide.
En même temps, ce changement d’approche pourrait avoir deux effets essentiels sur la sécurité nationale d’Israël.
L’Aide Américaine
Un nouvel accord de dix ans sur l’aide américaine a été signé en juillet. Bien que l’accord ait déjà été finalisé et signé, il y a une chance raisonnable pour que la prochaine administration soit plus attentive aux requêtes d’Israël sur certaines technologies de pointe que l’Administration Obama a refusé de lui fournir, en plus de l’ampleur financière de l’accord.
Les restrictions initiées par la précédente administration et imposées sur la manière dont certaines parties spécifiques des fonds de l’aide américaine devraient être dépensées dans des achats (en utilisant le shekel) aux industries de défense israélienne, pourraient relâcher. De façon encore plus importante, le soutien de la nouvelle administration envers Israël sera plus fiable que celle de la précédente administration.
Une situation, telle que celle où Département d’Etat empêche la livraison par les Etats-Unis à Israël de missiles et munitions cruellement nécessaires, comme au cours de l’Opération Bordure Protectrice, à l’été 2014, ne se reproduira vraisemblablement pas avec celle-ci.
La dissuasion et le projet nucléaire iranien
L’Administration Trump sera perçue comme plus dissuasive, aux yeux des organisations terroristes musulmanes et en particulier aux yeux de l’Iran, dont on s’attend à ce qu’il viole tôt ou tard, l’accord nucléaire. S’il s’avère que les Iraniens s’efforcent d‘obtenir la bombe, en dépit de l’accord, la réplique américaine sera probablement bien plus drastique et moins diplomatique que tout ce à quoi on pouvait s’attendre avec l’Administration Obama, ou, dans ce domaine, de la part d’une nouvelle administration sous le règne d’Hillary Clinton.
Ce qu’il faut retenir : Le soutien de la Défense américaine à Israël ne dépend pas de l’identité du parti dirigeant, mais plutôt de l’ampleur du soutien du public américain. Des sources de l’Ambassade israélienne à Washington ont déclaré la semaine dernière, non sans une certaine satisfaction, que même après les huit ans de Présidence Obama, le soutien à Israël s’élève à pas moins de 60%, à comparer avec les 18% de soutien aux Palestiniens.
Pour cette raison, un effort massif est investi afin de tout faire pour préserver ce soutien populaire massif à Israël, en Amérique.
En même temps, les sentiments chaleureux de la nouvelle administration envers Israël, au contraire de l’hostilité (ou du politiquement correct) du Président Obama et du Secrétaire d’Etat John Kerry, aura un effet significatif sur la position stratégique d’Israël dans la région.
A présent, les principales puissances actrices dans la région estimeront que l’engagement des Etats-Unis envers Israël est sans réserve et que la façon d’atteindre le cœur du gouvernement américain à Washington passe à nouveau par Jérusalem.
Mais il subsiste aussi des risques : Trump adhère à une politique selon laquelle les intérêts américains passent avant tout le reste. Il est imprévisible et il peut aussi décider que le Moyen-Orient n’est d’aucun intérêt que ce soit pour les Etats-Unis. A première vue, cependant, il semble que les perspectives et opportunités – en ce qui concerne l’appareil de la défense israélienne – surpassent nettement les risques.

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