vendredi 28 octobre 2016

Deux euros pour le prix d’un ?


Il faudra que les bureaucrates européens et les économistes bien-pensants se fassent une raison. Le débat sur l’euro n’est pas près d’être clos – à moins, évidemment, que la monnaie unique ne s’effondre sur ses bases à la faveur d’une nouvelle crise financière au sein de la zone. 
En effet, les sacrifices consentis par les États pour sauver les pays en faillite – Grèce à trois reprises, Irlande, Portugal, Chypre, Espagne pour ce qui est de ses banques – n’ont pas permis de réinstaller l’ensemble du système sur une trajectoire stable de prospérité et d’assainissement financier. La croissance reste anémique en dépit de l’amélioration notable des conditions d’emprunt sous l’impulsion de la banque centrale de Francfort. 
Et les dettes publiques sont plus élevées que jamais, sauf dans la surpuissante Allemagne. L’Espagne elle-même, qui s’enorgueillit de la meilleure croissance économique en Europe, ne réussit pas à stabiliser une dette publique qui atteignait 35 % du PIB en 2007 – une misère – mais culmine aujourd’hui à 100 %. 
Nous comprenons intuitivement que les dettes publiques ne pourront être ramenées à une proportion raisonnable sans abandon de créances par les prêteurs des États. Mais comment réaliser cet abandon sans mettre en péril les prêteurs à leur tour, qu’il s’agisse des banques, des sociétés d’assurances ou des fonds de placement ?
La solution cartésienne de Joseph Stiglitz
Face à cet horizon bouché, un bon esprit libéral, couronné par le prix Nobel, vient de jeter sa gourme. Joseph Stiglitz a pris le risque de s’exposer à la critique des bien-pensants en proposant de couper l’euro en deux : un euro pour le Nord, un euro pour le Sud. Ce n’est pas tant l’idée qui est nouvelle, elle a déjà été suggérée, c’est la personnalité de son auteur, qui s’est affranchi des conventions pour relancer le débat, en consacrant son dernier livre à la question1.  
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