lundi 31 octobre 2016

Ce que Tsahal doit retenir de Mossoul ©


La colonne d’infanterie et de transport de troupes ci-dessus est constituée de Kurdes Iraniens enrôlés, formés et entraînés par les Peshmergas kurdes d’Irak et leurs instructeurs américains. On le voit à leur logo orange du PJAK, parti Pour un Kurdistan Libre en Iran.
Ceci peut être annonciateur des risques de règlements de comptes entre ces Peshmergas et les milices pro-iraniennes inféodées aux Ayatollahs (Brigade Badr et Milice de Mobilisation Populaire ou PMU en anglais), à l’issue du conflit contre Daesh… 
Les leçons que Tsahal devrait tirer de la Bataille de Mossoul
Le modus Operandi de Daesh en Irak, fait d’offensives par les tunnels, de tirs de snipers et de forces spéciales conçues pour s’emparer de communautés, inspirera probablement le Hezbollah et le Hamas, sur le plan des méthodes, au cours de leurs prochains conflits avec Israël.

[NDLR : L’inverse est également vraie : Daesh n’a rien inventé depuis la création du terrorisme palestinien internationaliste, embryon du terrorisme global d’Al Qaïda et de l’Etat Islamique]. 

La  bataille pour Mossoul vient juste de commencer, mais on peut déjà discerner que les méthodes de combat de l’Etat Islamique (Daesh) sont similaires -parfois même complètement identiques – aux méthodes de combat que le Hezbollah et le Hamas projettent d’employer lors du prochain conflit contre Israël.
La comparaison entre la façon dont Daesh combat actuellement les forces qui l’attaquent et les futures méthodes de combat du Hamas et Hezbollah est fondée sur les déclarations faites par leurs dirigeants, les reportages publics sur ces dirigeants et leurs activités préparatoires sur le terrain.
Fighting in the Mosul area, last week (Photo: Reuters)
Les combats dans la zone de Mossoul, la semaine dernière (Photo: Reuters)

Le combat de Daesh à Mossoul peut être décrit comme « une stratégie de guérilla défensive » ou de « guérilla urbaine ». L’essentiel des combats se déroule dans des zones bâties où les défenseurs, qui sont familiarisés avec cette zone et préparés aux combats, disposent d’un avantage, même si le nombre de combattants dont il dispose est relativement faible.
Dans ce cadre, il est important de mentionner que les 8.000 combattants de Daesh à Mossoul et dans les villages environnants font face à une force offensive constituée part des unités d’élite, comprenant l’armée irakienne, la milice kurde des Peshmergas qui a récemment été armée et entraînée par les Américains et les Turcs et un mélange de milices chiites et sunnites qui combattent aux côtés du gouvernement irakien.
 Au total, cela porte le nombre de combattants qui se confrontent à Daesh à quelques 35.000 combattants. Le rapport numérique d’1 à 4, en faveur des attaquants ne garantit pas nécessairement la victoire, mais il leur fournit un avantage significatif. Dans le contexte israélien, ce sera probablement le rapport numérique entre Tsahal et le Hezbollah, dans une guerre future au Liban et en Syrie et autant, lors d’un nouveau cycle guerrier contre le Hamas à Gaza.

Photo: Reuters
Photo: Reuters

L’activité de Daesh se subdivise par un plan consistant à « retarder le combat » dans les zones rurales ouvertes de l’extérieur de Mossoul et des préparatifs pour le combat lui-même à l’intérieur de la ville. Sur ces deux théâtres de guerre, Daesh utilise les civils comme boucliers humains, principalement du fait de sa capacité à se mélanger à la population civile, de façon à surgir brusquement et à se retirer ensuite en dissimulant parmi la population. Cette méthode d’action permet à Daesh d’échapper aux bombardements de la coalition aérienne dirigée par les Etats-Unis.
C’est exactement ce qu’aussi bien le Hamas que le Hezbollah ont toujours fait et continueront à faire. Ils « disparaissent » également et s’évanouissent au sein de la population civile, disparaissent par les tunnels immédiatement après une attaque, de façon à échapper au courroux des tirs aériens et d’artillerie de Tsahal. Daesh, comme le Hezbollah et le Hamas, cherche à apparaître lors de brèves périodes de temps qui leur permettent de porter des coups aux forces d’attaque, avant de disparaître d’une sphère uniquement pour réapparaître dans une autre.
Les procédures pour « retarder les combats » prennent place par deux créneaux. Le premier canal consiste en des attaques-surprise lancées par les djihadistes de Daesh, probablement des djihadistes de cellules dormantes, qui se sont mélangés à la population et qui attaquent à l’extérieur du théâtre des combats autour de Mossoul. Leur but est de contraindre les Irakiens et les Kurdes à redéployer des forces dans leurs propres domaines de défense, essentiellement afin de diluer les forces attaquant Mossoul.
C’est une attaque de ce genre qui a été menée, le week-end dernier, dans la ville de Kirkouk – une ville qui est aussi importante pour le gouvernement irakien et son armée, à cause des puits de pétrole qui l’entourent, que pour les Kurdes qui proclament la souveraineté sur cette ville (considére comme leur « Jérusalem »). Alors que la ville est située à plus de 150 kms de Mossoul, l’attaquer est aussi utile à la défense de Mossoul. Par conséquent, l’attaque contre Kirkouk a été méticuleusement planifiée. Daesh y a envoyé des voitures-piégées et des snipers par petites cellules, qui ont tiré sur les forces de sécurité irakiennes et kurdes et se sont ainsi infiltrés dans de nombreux bâtiments, en escaladant les toits et en tirant à partir de là. On a relevé près d’une centaine de morts, parmi les forces et plus de 75 djihadistes tués.
ISIS set fire to oil wells in order to disrupt the UAVs’ activity (Photo: AP)
Daesh a mis le feu à des puits de pétrole et à des mines d’acide sulfurique, dans le but d’interrompre l’activité de repérage et de bombardements des drones et de l’aviation (Photo: AP)

En outre, les djihadistes de Daesh ont mis le feu à plusieurs puits de pétrole et à un site d’acide sulfurique, de façon à couvrir le ciel par d’épais nuages de fumée noire, qui devraient ralentir ou interrompre l’activité des drones américains. Ces drones recueillent les renseignements, mais prennent aussi pour cibles les dirigeants et djihadistes de Daesh par des tirs de missiles.
Les forces aériennes de la Coalition, qui apportent leur couverture aérienne aux forces terrestres irakiennes et kurdes, ne peuvent que lancer des missiles guidés de précision vers des cibles localisées à l’avance.
La seconde composante de cette tactique visant à « retarder les combats » implique de déposer et dissimuler des charges explosives improvisées et des mines le long des principales routes de circulation et de faire exploser des véhicules-piégés contre les engins blindés qui avancent en direction de Mossoul. Daesh frappe également des cibles stratégiques, telles qu’un site de production d’électricité qui dispose d’un nombre significatif d’employés iraniens. En outre, il utilise l’opportunité de porter préjudice à l’Iran, qu’il perçoit comme son ennemi Numéro Un au Moyen-Orient.

Quelles sont les leçons que Tsahal peut tirer de Mossoul?  

Durant la prochaine guerre, Israël doit s’attendre à ce que le Hezbollah et le Hamas essaieront de retarder une offensive terrestre lancée par Tsahal, en s’attaquant par surprise aux communautés juives frontalières. Ils peuvent aussi tenter de s’emparer d’otages, dans le but d’entraver l’avancée d’une attaque israélienne, comme Daesh l’a fait dans la ville de Bartella, qui est située à environ 20 kms de Mossoul et dans d’autres villages de la zone périphérique.
Le Secrétaire-Général du Hezbollah, Hassan Nasrallah a déclaré plusieurs fois au cours de ses récents discours, que les plans du Hezbollah visent à s’infiltrer en Galilée et à s’emparer de communautés villageoises israéliennes près de la barrière de sécurité et à plusieurs kilomètres de la frontière libanaise, dans le but de retarder l’avancée des forces blindées de Tsahal, qui se déplaceront vers les zones de rassemblement de soldats ou à l’intérieur même du territoire libanais.
Photo: AP
Photo: AP

Le Hezbollah essaiera probablement aussi de dissimuler des engins explosifs sur les routes de circulation des forces blindées de Tsahal, qui entreront au Liban pour s’emparer et détruire les zones de lancement de missiles et de roquettes. Le Hezbollah entreprendra de retarder ces forces grâce à des engins explosifs, des mines, mais aussi principalement par des tentatives d’incursion des forces des unités spéciales (Brigade Radwan) du mouvement terroriste, afin de prendre le contrôle de communautés civiles et de prendre des otages.
Puisque le Hezbollah ne dispose pas de puits de pétrole auxquels il puisse mettre le feu, de façon à couvrir le ciel de draps noirs de fumée, de manière à neutraliser les drones et les postes d’observation aérienne israéliens , il est raisonnable de supposer que le Hezbollah va chercher à rivaliser avec ce qui s’est produit au Kosovo : c’est-à-dire de brûler d’autres substances générant de la fumée afin de produire le même effet et de tirer sur les sites chimiques de Haïfa.

La guerre souterraine

Le Hamas emploiera des méthodes légèrement différentes, mais il est important de souligner que le creusement de tunnels offensifs vers le territoire israélien est destiné, entre autres choses, à permettre aux forces spéciales du Hamas de prendre le contrôle d’une communauté, de s’emparer d’otages, et ainsi, essentiellement, de porter préjudice au front intérieur,alors que les forces de Tsahal se déplacent à l’intérieur de la Bande de Gaza.
Cependant, l’objectif des tunnels, également utilisés par Daesh, n’est pas uniquement de s’infiltrer dans les zones détenues par l’ennemi, mais de servir aussi d’endroit où se cacher contre les frappes aériennes d’une manière qui permette à Daesh de combattre et de transférer rapidement ses combattants et ses armes de place en place.
This is what is waiting for ISIS in the battle for Mosul (Photo: AFP)
Voilà ce qui attend Daesh dans la bataille pour Mossoul (Photo: AFP)

C’est précisément le but des tunnels de combat que le Hamas creuse à l’intérieur de la Bande de Gaza et des lieux de cachettes que le Hezbollah creuse dans les villes et villages du Sud-Liban. Dans ces tunnels ils stockent de la nourriture, de l’eau et des munitions dans le but de favoriser des combats prolongés sous la zone construite et permettre aux combattants de se reposer entre deux tranches d’action et de conflit.
Dans ce contexte, la tactique de Daesh qui a été préparée d’avance à Mossoul et dans ses environs n’est pas différente de celle à laquelle le Hamas se prépare, ainsi que de celle du Hezbollah. Les fortifications souterraines sont essentiellement destinées à des objectifs de survie plutôt que pour mener des attaques, bien que les deux fonctions soient possibles. On doit souligner que Daesh a probablement aussi préparé des tunnels offensifs à Mossoul, qui contiennent de vastes quantités d’engins explosifs, qu’il déclenchera dans le but de bloquer les forces se déplaçant dans les rues principales de Mossoul. Le Hamas emploie les mêmes méthodes.
Photo: Reuters
Photo: Reuters

Traiter le problème des tunnels requerra, par conséquent, de gros efforts, à la fois de la part des forces d’assaut sur Mossoul et de la part de Tsahal, si l’armée israélienne est contrainte de devoir se battre à Gaza ouau Sud-Liban. Il y aura une nécessité de neutraliser autant les tunnels offensifs pénétrant sur le territoire israélien, qu’être capable, au même moment de traiter efficacement le réseau de tunnels souterrains et de désactiver un nombre significatif d’entre eux à Gaza et au sud-Liban, qui ont été creusés – comme à Mossoul – dans le but de permettre à des forces relativement réduites de s’engager dans des combats de « guérilla urbaine » durant une période prolongée dans le temps.
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Le combat prévu à l’intérieur de Mossoul est aussi très similaire à ceux que le Hezbollah et le Hamas planifient : utiliser le réseau de tunnels dans le but de surgir dans des endroits imprévus, d’apparaître sur le toit des immeubles et commencer à tirer à vue. Mais il y a une différence centrale : alors qu’ils combattront dans les villes, le Hezbollah et le Hamas ne laisseront pas de grosses quantités d’engins explosifs derrière eux pour prendre Tsahal pour cibles, mais essentiellement des zones désertées, en essayant de ne pas s’aliéner complètement la population vivant habituellement dans ces endroits.

The forces are headed to Mosul and have already occupied several towns (Photo: AFP)
Les forces se dirigent vers Mossoul et elles occupent déjà plusieurs villes importantes (Photo: AFP)

Une autre différence majeure, c’est que le Hamas et le Hezbollah disposent d’un vaste nombre de missiles anti-tanks, capables de ralentir la progression de forces blindées, alors que Daesh à Mossoul n’a que quelques armes capables d’endommager des véhicules blindés à une distance de plusieurs (au moins 5) kilomètres. Les combattants de Daesh portent des lance-roquettes RPG, capables de toucher un véhicule blindé à seulement quelques centaines de mètres et qui sont très difficiles à manier en zone ouverte. En zone urbaine, les RPG également en possession du Hamas comme du Hezbollah, constituent un énorme avantage. Daesh compense ce manque par l’envoi de camions-piégés contre les convois et les cmapsq militaires adverses.
Les similitudes entre les méthodes de combat employées par Daesh et celles du Hezbollah – et dans une certaine mesure, par le Hamas – dans les plans qui seront aussi réutilisés contre Israël, requièrent de Tsahal une observation et une surveillance redoublée des méthodes de combat retenues par les combattants irakiens et kurdes afin d’y faire face, ainsi que par les forces aériennes américaines frappant à Mossoul. Si les leçons tirées de Mossoul sont convenablement retenues par Tsahal et examinées dans le détail, afin de les adapter à nos conditions de combat, elles peuvent aider Tsahal pour les prochaines batailles au Liban et à Gaza tout ne permettant d’encourir moins de pertes humaines et moins de dégâts matériels.
Nous devons nous rappeler, cependant, que la stratégie de Daesh est différente de celle du Hezbollah et du Hamas, qui est fondée sur l’épuisement du front intérieur israélien, principalement en tirant des salves incessantes de roquettes et de missiles et à travers bien d’autres moyens, comme les attaques-surprise par les tunnels, débarquements d’hommes-grenouilles, etc. Daesh mène une guerre-suicide dans le but de préserver vivace une idée et pour produire principalement une victoire de prise de conscience des opinions publique, qui lui permettra ensuite de poursuivre ses menées de guerres terroristes un peu partout, comme partie intégrante du djihad global.
 Ron Ben-Yishai 

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