vendredi 23 septembre 2016

Marisol Touraine, la "carte vitale" de François Hollande....


Elle bouche le trou de la Sécu, augmente les médecins et assume la réforme des retraites. Avec elle, Hollande jouera la carte sociale de sa campagne.


On la voit de plus en plus ainsi que Najat Vallaud-Belkacem. Ses petits camarades la poussent sur le devant de la scène car avec son bilan social et gestionnaire,Marisol Touraine permet à François Hollande de présenter quelques arguments à ses adversaires de la gauche. 

La ministre de la Santé est son meilleur avocat au procès en "trahison de la gauche" que lui intentent tour à tour Arnaud Montebourg,Benoît Hamon, Marie-Noëlle Liennemann ou encore Gérard Filoche. On parle d'elle pour diriger sa campagne. "Moi, je ne demande rien et on ne m'a parlé de rien", lâche-t-elle. 
Aujourd'hui, Marisol Touraine pose un jalon : après cinq années d'efforts, le "trou de la Sécu" est quasiment bouché, ce qui n'était plus arrivé depuis 2001. "On est passé de 17,5 milliards d'euros à 400 millions d'euros, se réjouit l'ancienne rocardienne. Et sans demander plus d'efforts aux patients et en donnant plus d'argent aux hôpitaux et aux médecins." 
La consultation médicale passera, en effet, à 25 euros. L'équation budgétaire n'était pas simple avant l'été au moment de boucler le PLFSS (projet de loi de finances de la sécurité sociale) puisqu'il fallait également prendre en compte l'augmentation du point d'indice de la fonction publique et l'arrivée de nouveaux médicaments innovants très coûteux (jusqu'à 500 000 euros par traitement !). Bien entendu, le passif demeure très lourd (une dette de 180 milliards d'euros de la Sécu)...

Bruno le Maire dans le viseur

Si les comptes sociaux sont au quasi-équilibre, c'est aussi parce que la situation de l'emploi s'est légèrement améliorée. Les cotisations sociales des travailleurs renflouent les caisses. Marisol Touraine récolte également les fruits de sa réforme hospitalière (les groupements hospitaliers de territoires), issue de sa loi santé, qui a permis de mutualiser les moyens médicaux et de jouer sur les complémentarités entre établissements.
"Je ne dirige pas un ministère technique. La question de la santé et du mode de son financement est éminemment politique, prévient-elle. Quand j'observe les programmes des candidats de la primaire de la droite, j'en suis plus que jamais convaincue. Par exemple, quand Bruno Le Maire propose de baisser la CSG, ce sont, selon nos calculs, 20 milliards d'euros en moins dans les caisses de la Sécurité sociale. 
Très bien, mais comment compense-t-il ? Il dérembourse des médicaments, supprime des postes d'infirmières, de médecins ? Propose-t-il un système où l'assurance privée prendrait le relais d'une sécurité sociale amoindrie ? C'est un bon débat politique. Il faut que les Français sachent ce qu'on leur prépare. Sous couvert d'économies, on veut nous faire basculer dans un autre monde."

Hollande s'inspire de la campagne de Mitterrand en 1988

La ministre de la Santé assume également une réforme plus difficile : celle des retraites qui allonge progressivement la durée de cotisation. "Moi, j'assume de dire que nous devons travailler plus longtemps parce que nous vivrons plus vieux. Mais je ne raisonne pas comme François Fillon en termes d'âge légal de départ à la retraite. Quand on dit, ce sera 65 ans pour tout le monde, c'est injuste, car il y a ceux qui, ayant fait des études longues, auront commencé à cotiser à 25 ans et les autres qui, plus modestes, auront commencé à travailler à 20 ans."
Même chose pour la pénibilité. La droite fustige cette réforme bureaucratique qui pèse sur les entreprises. La ministre de la Santé contre-attaque : "Nous avons simplifié le système au maximum. Mais celui qui porte des charges toute la journée et dont la durée de vie est plus courte mérite de partir plus tôt à la retraite. C'est une question de justice."
Entre le discours de Wagram de François Hollande (déjà très social et qui ne portait plus la moindre trace du virage social-libéral) et la défense vigoureuse de la sécurité sociale par Marisol Touraine, c'est la campagne électorale du président qui se dessine. Une campagne qui n'est pas sans rappeler celle de François Mitterrand en 1988 : la "France unie" et la défense des acquis sociaux.

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