mardi 2 août 2016

« Moi, la Juive, je me sens abandonnée »


Comme en France, des représentants d’organisations musulmanes italiennes ont appelé leurs fidèles à assister à la Messe dimanche, en signe de solidarité avec les catholiques, après l’égorgement du Père Hamel dans son église à Saint-Étienne-de-Rouvray.

Parmi les nombreux commentaires postés suite aux divers hommages interreligieux rendus au Père Hamel, sauvagement égorgé par de pieux musulmans qui obéissent aux injonctions coraniques, j’ai été frappée par celui d’une Italienne de confession juive.
Elle y exprime toute sa solitude, sa tristesse, toute son amertume devant l’indifférence du monde chrétien envers les attentats islamistes qui frappent sans interruption le peuple juif en Israël et les citoyens de confession juive en Europe.
« Moi, la Juive, qui depuis des années me consacre aux dialogues pour la paix, je me sens abandonnée. L’oubli et l’indifférence du monde chrétien envers les Rabbins assassinés et parfois barbarement égorgés en France et en Israël, au cours de la prière du matin, m’attristent.
Où étaient ces musulmans, aujourd’hui si sensibles au meurtre du prêtre perpétré à Rouen ?
En outre, notre souveraineté historique sur nos lieux bibliques nous a été enlevée par une résolution de l’UNESCO avec la complicité de la France et de nombreux autres pays de l’UE. Silence absolu !
Ne ratez aucun des articles de Dreuz, inscrivez-vous gratuitement à notre Newsletter.
Des familles juives sont assassinées dans leurs maisons, les Palestiniens dansent sur nos morts. Aucune réaction n’est entendue, ni de la part du Pape François ni de la presse catholique. Bien au contraire, ces attentats sont justifiés à cause de la soi-disant discrimination imposée par Israël aux Arabo-Palestiniens. Ces derniers se sentent frustrés, ils doivent donc être soutenus.
On honore les morts d’Auschwitz, mais on y a construit une église (l’affaire du carmel d’Auschwitz) sur le plus grand cimetière juif, sans nous consulter !!
Où se trouve la tolérance religieuse ? Où se trouve le respect pour les frères aînés des chrétiens ?
Nous ne sommes qu’un peu plus de 14 millions dans le monde et vous plus d’un milliard. Il est facile de nous exterminer et certains, par le passé, essayèrent de le faire, d’autres, aujourd’hui appellent à nous éradiquer de la surface de la Terre.
Nous sommes seuls et mal vus. »
Maria
Si hier, sous l’œil des caméras, les embrassades affectueuses entre musulmans et chrétiens fleurissaient, aujourd’hui les polémiques sur l’invitation aux musulmans à assister à la Messe en hommage au prêtre français égorgé, enflent en Italie.
Au-delà de ce que les médias italiens ont voulu faire croire, les avis étaient très partagés au sein de la communauté musulmane. Moins de deux pour cent des musulmans résidant régulièrement en Italie, soit environ 23 000 personnes, ont répondu aux appels des organisations musulmanes et de certains imams.
« J’ai vu la vidéo de nos frères à l’église, dit d’une voix retentissante l’imam de Lecce, Saifeddine Maaroufi, ils sont assis en silence, ne prient pas, ne chantent pas, mais semblent embarrassés. Alors, dites-moi, quel est le sens de cette initiative. ? Pourquoi devons-nous nous soumettre aux demandes venues de l’étranger ? »
« Pour nous, les lieux de culte sont importants, ce sont des lieux sacrés, explique l’imam aux journalistes du Corriere della Sera, mais pour l’Occident laïc, cela semble être juste du folklore. Le coran affirme : « à vous votre religion, à moi la mienne. »
L’imam de Lecce, comme d’autres, aurait préféré un moment de rencontre en un lieu plus neutre, non dans une église.
« Nous les musulmans, nous sommes priés de faire les sermons en italien, de manifester contre la violence, et nous obéissons.
Et maintenant, ils veulent quoi ? Que nous jurions sur la Constitution italienne, que nous allions prier à l’église ? Et la prochaine fois, nous devrons jurer sur la Croix ? Nous convertir ? On place la barre de plus en plus haut et nous ne pouvons l’accepter. Nous devons vaincre la méfiance à notre égard, mais en restant fidèles à nous-mêmes. »
Les pauvres : ils craignent d’être un jour obligés de se convertir au christianisme, eux, dont la mission première parmi nous est notre conversion de gré ou de force à la « seule vraie religion » : l’islam.
Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Rosaly pour Dreuz.info.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire