vendredi 3 juin 2016

Orad (Israël), solution contre les drones de la bande de Gaza ?


Le ministère de la Défense a annoncé lundi avoir déjoué des tentatives de contrebande de drones et d’équipements militaires à destination de la bande de Gaza. Le contrôle des colis postaux par les inspecteurs du poste de contrôle d’Erez ont permis de contrecarrer ce système.
Certains des colis contenait des dizaines de drones en pièces détachées. Ce lundi, un paquet contenant dix drones fut confisqué à la frontière. Un tel événement ne constitue pas une première pour les autorités militaires, les inspecteurs ayant découvert par le passé des drones dans des cargaisons de jouets ou d’autres marchandises au poste de contrôle de Kerem Shalom.
Selon des sources proches de la Défense, la pression constante et conjointe du Shin Bet, de la police israélienne, de l’autorité fiscale israélienne et de Tsahal ont forcé les groupes terroristes gazaouis à rechercher de nouveaux moyens de contrebande : les services postaux. Des sources qui avaient, par le passé, tiré la sonnette d’alarme vis à vis de l’usage de drones par ces groupes dans un objectif de reconnaissance des forces de Tsahal et des villes israéliennes proches de la frontière.
Ces paquets contenaient également des dispositifs de visée pour fusils, des composants devant améliorer la précision des roquettes, des outils renforçant la portée des téléphones portable dans des zones à faible signal, ainsi que des émetteurs sophistiqués dont la détention est illégale en Israël et dans l’Autorité palestinienne.
Le ministère de la Défense a déclaré lundi : “Ces équipements ont été confisqués et une enquête a débuté à l’encontre des individus responsables ces tentatives de contrebande.”
En attendant, alors que les préoccupations demeurent quant à l’utilisation de drones par les groupes terroristes dans une optique offensive, Orad Control Systems a annoncé ce lundi la mise sur le marché imminente de son nouveau système de neutralisation des drones. Le MC-Horzion sera commercialisé pour les services militaires et de sécurité protégeant les aéroports, les positions stratégiques et les lieux accueillant un public nombreux et dense (les stades par exemple).
Orad a indiqué que son système fournirait une protection contre les petits drones par l’identification et le suivi de leurs trajectoires de vol. Les drones identifiés comme hostiles par le système seront neutralisés par le blocage des signaux radios et GPS.
“A l’occasion d’essais que nous avons menés, nous avons démontré les capacités opérationnelles du système et son aptitude à neutraliser les drones hostiles à plus de 2,5 kilomètres” a affirmé Yossi Gofer, vice-président en charge du marketing. “Certains drones que l’on peut acheter en ligne sont capables de transporter des équipements utiles pour la collecte de renseignements, d’images, d’enregistrements audios ou pour lâcher des bombes pesant jusqu’à deux kilogrammes. La facilité avec laquelle on peut se procurer ces équipements a créé une menace pour laquelle nous n’avions pas de solution.”
LE PLUS.
Orad Control Systems est l’une des plus importantes entreprises de sécurité israéliennes. Fondée en 1971, elle dispose de son siège à Holon mais et aussi présente à Nicosie, à Nairobi, à Bucarest et à Amsterdam.
D’autres types de dispositifs anti-drones ont été développés récemment.
En 2015, le Secrétariat général de la Défense avait par exemple primé les système Boreades et Angelas créées respectivement par CS Systèmes (et deux PME) et l’Onera. Le premier regroupe un système enregistrant la signature thermique du drone, recueillant son image grâce à un réseau de caméras au sol, créant un leurre des repères GPS du drone, et neutralisant la télécommande de l’opérateur. Le second est similaire au système d’Orad par l’utilisation d’un brouillage électronique.
L’entreprise française Malou Tech a quant à elle développé un “drone intercepteur”, sorte de “drone anti-drone” ayant vocation à neutraliser les drones hostiles dans les airs, en plein vol.
D’autres pays, comme les États-Unis, la Chine ou l’Allemagne s’intéressent aux capacités de systèmes lasers, capables de détruire des petits drones dans un rayon de deux kilomètres.
Ces différentes solutions ne règlent pour autant toujours pas l’une des problématiques principales des dispositifs anti-drones : la neutralisation en milieu urbain, susceptible de dégâts matériels et humains.

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