C’est bien connu : le Français voit toujours le verre à moitié vide. En apparence du moins. Car dans le fond, nos concitoyens ne sont pas si moroses.
Alors ça va mieux ? Evidemment que non. Les attentats terroristes, la morosité de l’économie, Marine Le Pen au sommet dans les sondages, et en plus, les inondations. Comme si les 58 % de Français qui se déclarent pessimistes (baromètre IFOP de janvier 2016) n’avaient pas déjà de quoi alimenter leurs pensées négatives. Comment cela pourrait-il aller mieux ?
« Les Français sont les plus pessimistes d’Europe ! », s’exclame Martin Shain, chercheur en sciences politiques à l’Université de New York. A la question d’une étude réalisée par Pew Research Center leur demandant si la vie de leurs enfants serait meilleure ou pire que la leur, les Français répondaient « pire » à 86 %, 30 points de plus que les Allemands.
Forcément, se dit-on, l’économie allemande se porte tellement bien. Justement non, ce n’est pas le (seul) sujet. Car, en 2013, lorsque cette enquête a été menée, Grecs et Espagnols se montraient bien moins pessimistes que les Français, alors que leurs économies nationales étaient dans des états bien plus préoccupants.
Le Français peut-il aller mieux ? Posez la question à Claudia Senik, professeure à l’université Paris-Sorbonne et à l’Ecole d’économie de Paris, et elle confirmera que sur toute une batterie de questions destinées à apprécier la façon dont les populations envisagent leur avenir, les Français, toutes conditions égales par ailleurs, décrochent. Et voilà au moins quarante ans que ça dure, depuis les premières études de l’European Social Survey (ESS). « On aimerait avoir des données remontant...

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