Le pasteur Philippe Kabongo Mbaya revient sur le rapport au Coran et à l'islam des membres de la galaxie djihadiste.
Publié dansRéforme le 2 juillet 2015
Voici le ramadan, mais les musulmans ne connaîtront guère de répit. Le djihadisme de sang ne faiblit pas. En France, au Moyen-Orient, dans le Maghreb, en Afrique. Le drapeau noir frappé de la confession de foi de l’islam, l’odieux étendard dont s’est servi Yassin Salhi, a aussi valeur de carton rouge parmi les nations ! Au front, la bannière précède les processions des combattants radicalisés, ici, elle est l’accessoire d’un djihadisme de proximité. On tue pour Dieu, on peut se laisser tuer pour lui. Les érudits musulmans ont beau répéter que l’islam n’est pas cette boucherie, cette hémorragie de terreur continue de faire d’irrémédiables dégâts dans l’imaginaire collectif.
Sentiments déstabilisants
Chaque fois que ces événements se produisent, on a l’impression que le phénomène monte en puissance. La répétition des massacres, toujours plus odieux, produit un sentiment déstabilisant : les djihadistes n’auraient peut-être pas encore dit leur dernier mot ! Sentiment terrible. Il s’accompagne d’une sensation d’insécurité traumatisante. Et c’est là que le combat que livre cette barbarie rattrape paradoxalement, de manière inattendue, sa signification étymologique : un combat intérieur. Pour les djihadistes, tout est blanc ou noir dans ce combat, dans une confusion entre le rationnel et l’irrationnel. La compréhension de l’ensemble relève d’un équilibre incertain.
L’islam a aussi ses traditions apocalyptiques, largement reprises des représentations protochrétiennes et juives. Selon l’une de ses traditions, les territoires occupés actuellement par l’EI (État islamique) entre la Syrie et l’Irak correspondent à l’espace apocalyptique où se déroulera un combat millénariste à l’apparition du Mahdi aux derniers jours. Les jeunes gens qui vont grossir les rangs de l’EI sont subjugués par cet imaginaire. Ils font souvent une superposition fantasmagorique entre des séries télévisuelles occidentales, elles-mêmes inspirées des récits à prétention eschatologique dans la Bible, et les prédictions de la tradition orale islamique. Le rapport au Coran est fondamentaliste.
Les nouveaux convertis sont des ignorants catéchisés sur Internet en cinq minutes, dont le désert intérieur est abreuvé de récits de djihadistes égorgeurs à l’inconscient indéfinissable. Le cocktail est littéralement apocalyptique au sens chaotique de ce terme ! Yassin Salhi est resté emmuré dans son silence les premiers jours de sa garde à vue. Puis, il a avoué. Il voulait qu’on parle de lui. Les enquêteurs savent qu’il a envoyé une photo, prise en selfie, le montrant aux côtés de la tête de sa victime décapitée.
La tête accrochée à un grillage était entourée du drapeau sur lequel est écrite la profession de foi islamique. Peu importe que le terroriste ait été « radicalisé » ou pas, en lien ou non avec un correspondant en Syrie. L’exhibitionnisme ritualisé sur un fond de millénariste retient l’attention. Comme exemple de bricolage mystico-religieux, le drapeau noir de l’État islamique est devenu l’emblème du douzième martyr du chiisme, l’imam caché chargé de mener l’ultime bataille contre les infidèles et d’établir un jour la loi de Dieu sur toute la terre.
« Du Khurassans (province d’Afghanistan) émergeront les bannières noires que nul ne pourra refouler. Les armées qui les porteront continueront d’avancer jusqu’à ce qu’elles atteignent l’Illya (Jérusalem). Et qu’elles plantent leurs drapeaux… » Yassin, le croyant ?... Lire l’intégralité.
CRIF

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