Si le service militaire est obligatoire pour les Israéliens, le phénomène des "soldats seuls" (Hayal Boded en hébreu) - des jeunes du monde entier qui décident d'immigrer sans leurs parents et de faire leur service sur la base du volontariat pour certains - tend à s'amplifier, selon une étude du quotidien israélien Haaretz jeudi.
Fin 2014, 3384 soldats "seuls" venus de plus de 70 pays remplissent les rangs de l'armée israélienne, soit plus de 1000 nouveaux chaque année, dont 70% sont des hommes.
Certains de ces soldats, qui troquent leurs habits de civils pour embrasser l'uniforme, ne sont pas "nouveaux immigrants" et ne demandent pas la citoyenneté israélienne.
"Je veux m'engager pour défendre notre pays, protéger nos familles, et intégrer la vie israélienne", évoque Dylan, un jeune français qui n'a pas encore demandé la citoyenneté, mais qui s'apprête à s'engager volontairement pour 3 ans dans l'armée.
Selon des chiffres de Nefesh B'Nefesh, un organisation d'aide à l'immigration pour les Juifs américains, seuls 2700 sur les 3384 ont récemment reçu la carte d'identité israélienne, le reste, donc, est constitué d'un contingent de volontaires qui ne sont pas candidat à l'immigration. Un quart de ces recrues, de surcroît, viennent des Etats-Unis.
Le reste provenant principalement de France, Russie, Ukraine et Canada. Alors qu'entre 2012 et 2013 seulement 5 nouveaux soldats d'origine étrangère ont rejoint Tsahal (l'armée israélienne), ils ont été 330 de 2013 à 2014 à faire ce choix.
Parmi eux, 57% ont été enrôlés dans des unités combattantes.
Interrogé par Haaretz, un haut responsable de l'organisation Nefesh B'Nefesh attribue cette augmentation exponentielle au "bouche à oreille". Le réseau de jeunes qui se recommandent cette expérience "est notre meilleur ambassadeur", déclare-t-il. Et d'ajouter que l'antisémitisme de plus en plus ressenti chez ces jeunes, couplé d'un fort sentiment d'antisionisme, "galvanise" ces futures recrues juives et sionistes.
Le nombre de femmes, souvent plus âgées, n'est pas négligeable également. Ces soldates seules sont attirées par le porte-parolat de l'armée, la communication de Tsahal dans leur langue maternelle, mais aussi des unités d'ingénierie ou autre. Certaines, bien que rares, font le choix du "front", et des unités combattantes.
"Je suis venue pour vivre en Israël avant tout, et j'ai très vite compris que l'armée faisait partie de la vie ici, que c'était un passage obligé. D'une part pour s'intégrer, d'autre part parce que je voulais donner au pays ce que tous les jeunes israéliens donnent", raconte de son côté Sarah, ex-soldate dans le service de communication de Tsahal.
"J'ai vite compris l'importance du travail de l'unité de la communication. Expliquer les menaces qui nous entourent, qui sont les ennemis, mais surtout représenter tous les jeunes soldats, souvent dépeints comme des brutes épaisses à l'étranger alors qu'ils ne sont pour la plupart rien d'autre que des adolescents qui ont la lourde responsabilité de protéger le pays", explique-t-elle, désormais étudiante.
"Ils le font avec énormement de courage et de dévouement, mais ils préféreraient, c'est certain, profiter de leur jeunesse autrement. Où trouvent-ils la force de passer trois ans de leur vie à la frontière de Gaza face au Hamas, du Liban face au Hezbollah? C'est une question que je me pose encore aujourd'hui. Au delà de ces aspects, expliquer les actions de l'armée auprès du public francophone m'a permis de faire le lien entre mes deux identités, mes racines françaises et mon attachement à Israël", conclue-t-elle.
L'été dernier, trois "soldats seuls" sont morts à Gaza: Jordan Bensemhoun, 22 ans, franco-israélien, Max Steinberg, 24 ans, de Los Angeles, et Sean Carmeli, 21 ans, israélo-américain également.
Par ailleurs, appelés également les "soldats seuls", de très nombreux jeunes israéliens, orphelins ou qui n'ont pas de contacts avec leur famille, bénéficient d'un soutien financier légèrement plus élevé que celui des soldats réguliers.

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