Maurice-Ruben Hayoun est professeur d’universités, spécialiste de philosophie juive médiévale (Maïmonide), de pensée judéo-allemande moderne (de Moïse Mendelssohn à Gershom Scholem) et de philosophie arabo-musulmane de l’âge d’or (Averroès, Ibn Badja, Avicenne)
Il a été impressionné par la ferveur de croyants de toutes religions à Jérusalem.
Lui qui a raconté à une conférence, avec l’autodérision des gens conscients de leur valeur (dont un savoir encyclopédique et j’aurais aimé mettre un S à encyclopédique car il doit en connaître plusieurs et en plusieurs langues) s’être fait « vanner » par une femme qui lui a dit:
« Vous nous dites qu’Adam n’existerait pas …et vous voulez écrire la biographie d’un homme qui n’existe pas !!! »
Ce n’est pas grave.
La première des Dix Paroles (parce que « Dix Commandements » est une mauvaise traduction du nom hébreu Asereth ha-Diberoth : עֲשֶׂרֶת הַדִּבְּרוֹת) est :
Pentateuque – תורה Exode – שמות Yitro – יתרו Ch. 20 ▼*
« Je suis l’Éternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, d’une maison d’esclavage.
Et bien, je note que D.ieu n’a pas dit « Tu dois croire que je suis l’Éternel ton D.ieu ».
« D.ieu n’existe pas et nous sommes son peuple » a dit Woody Allen.
Tout entre les mains de D.ieu SAUF la crainte de Lui-Même, à part quelques cas compliqués comme Pharaon, dont D.ieu a endurci le cœur pour qu’il ne laisse pas partir Son peuple.
Donc D.ieu est là où on le fait rentrer. (Je suis très sensible à la sérénité des jardins des abbayes cisterciennes)
Chez nous, le rapport est D.ieu est complexe, à la fois de proximité et de crainte : on prie debout, on est sur terre pour « réparer le monde », on peut discuter avec D.ieu, comme Abraham qui a âprement négocié le sort de Sodome et Gomorrhe,
ou comme le rabbin Levi-Itzjak de Berdichev, célèbre rabbin hassidique du 18ème siècle, qui ose s’adresser à D.ieu en ces termes :
« Depuis que tu as fait alliance avec ton peuple, Tu t’acharnes à vouloir la rompre, comme il est démontré : pourquoi ? Souviens-toi : sur le Mont Sinaï, tu te promenais avec la Tora comme un marchand qui ne peut pas se débarrasser de ses pommes pourries. Tu proposais tes commandements à toutes les nations et elles répondaient avec dédain. Seulement Israël s’est déclaré disposé à les accepter, à t’accepter. Où se trouve ta récompense ? » (1)
« Maitre de l’Univers, pardonne à Israël ses péchés. Si Tu le fais, c’est bien.
Sinon, je vais dire au monde que les Tefillins que Tu portes ne sont pas Cacher. [et oui, D.ieu porte des tefilins symboliques] Pourquoi? Le verset du roi David inscrit à l’intérieur de Tes Tefillins dit: Qui est comme ton peuple, Israël, nation unique sur la terre? Donc, si Tu ne pardonnes pas Israël, ce verset est faux, et les Tefillins sont incorrects. »
- Se rendant à la synagogue pour célébrer l’office du shabbat, Rabbi Levi-Itzhak de Berditchev, croise un jeune juif athée qui fume une pipe. Le Rabbi s’arrête et lui demande : « Tu as sans doute oublié que c’est shabbat aujourd’hui. - Non, répond le jeune homme. - Alors tu ignores sûrement qu’il est interdit de fumer ce jour. - Pas du tout, je connais les lois de la Torah ! » dit le jeune avec effronterie. Rabbi Levi-Itzhak de Berditchev le dévisage un long moment. Et soudain, levant les yeux vers les cieux, il s’écrie : « Maître du monde ! Vois, même les moins pieux de tes fils sont incapables de formuler un seul mensonge ! ». (2)
Il y a même des juifs qui ont fait un procès à D.ieu pour le massacre de Ses enfants, raconte Elie Wiesel, mais je suggère de laisser prudemment cela à des Maîtres qui le font dans le respect le plus strict de D.ieu et de Sa Torah.
Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Joëlle de Paris pour Dreuz.info.
Je vous recommande l’article de Maurice-Ruben Hayoun : A Jérusalem, de l’église du Saint Sépulcre au Mur des lamentations :



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