vendredi 5 décembre 2014

L’aviation de la coalition coupe au-dessus d’Israël pour frapper l’E.I.


Presque toutes les frappes américaines et européennes, ainsi que les vols de surveillance contre les forces de l’Etat Islamique en Syrie et en Irak, dans le cadre de l’Opération Détermination Absolue, rejoignent leurs cibles en traversant les cieux d’Israël et de Jordanie, indiquent les observatoires civils américano-européens, chargés de tracer les trajectoires globales des forces aériennes.
Ces organismes, engagés dans la surveillance minute par minute des mouvements des frappes aériennes et du réapprovisionnement en carburant à travers le monde, ont publié des images détaillées qui reproduisent la totpagraphie aérienne de ces routes.

 Ils révèlent que les avions de guerre américains et européens se réapprovisionnent en deux points, au-dessus de la Méditerranée, avant d’entrer dans l’espace aérien israélien.

Ils utilisent deux couloirs aériens (voir la carte en lien, c’est impressionnant) qui surplombent le centre et le nord d’Israël.

Pour commencer, les avions américains rejoignent à très haute altitude une zone située juste au nord de Tel Aviv et prennent la direction Est pour passer au-dessus de la Jordanie, afin de rejoindre l’Irak. Ils se focalisent plus tard sur les sites occupés par l’Etat Islamique dans la province du Anbar, à l’ouest de l’Irak et sur le bassin de l’Euphrate.

Les Islamistes ont entrepris de dissimuler leurs nouvelles bases établies sur les rives du fleuve à la dense végétation, qui sont presque impossibles à détecter par les satellites militaires d’espionnage.
Le deuxième couloir aérien pour les avions de la coalition traverse la baie de Haïfa, puis à l’Est, au-dessus de la Vallée de Jezreel et ensuite vers Hama, dans la pointe sud du Golan, où convergent les frontières israélienne, jordanienne et syrienne. 

Au tour suivant, la flotte aérienne d’assaut vole vers l’Est de la Syrie pour frapper les forces de l’Etat Islamique à Abu Kemal et Deir Ez Zor, ainsi que d’autres localités de la frontière Est de la Syrie avec l’Irak.

Les forces aériennes américaines se sont tournées vers l’obtention d’une autorisation israélienne pour rejoindre la Syrie, après le refus du Roi Abdallah de Jordanie de fournir cet accès au-dessus de son royaume aux avions de la coalition chargés de frapper les cibles jihadistes en Syrie. Il leur a seulement permis de voler au-dessus de son royaume vers l’Irak, avec la permission préalable de Bagdad.

Pas plus Washington que Jérusalem ou Amman ne veulent confirmer ni démentir le fait que ces trajectoires sont utilisées pour atteindre des cibles de Daesh en Syrie et en Irak – bien que plusieurs sites internet militaires ont pu rendre publiques de telles données, grâce à des cartes détaillées du ciel.

Les Etats-Unis et Israël ont opté pour cette réticence à communiquer, en prenant en compte trois considérations :

1. La réticence à révéler qu’Israël et la Jordanie sont de réels partenaires de l’Opération Détermination Absolue.

2. Il serait également embarrassant de dévoiler que l’utilisation de leur espace aérien a fait l’objet de négociations préalables visant à obtenir la permission des gouvernements israéliens et jordaniens.

3. L’échelle de l’opération nécessite aussi d’être gardée secrète : les frappes aériennes américaines sont gérées par trois centresde commandement : le Commandement Central américain à Tampa, en Floride ; son commandement avancé sur la Base aérienne américaine d’Al Udeid, au Qatar ; et les Quartiers-Généraux de l’OTAN à Bruxelles, qui coordonne les opérations aériennes américaines et européennes avec les forces aériennes basées au Moyen-Orient, qui prennent part aux missions contre l’Etat Islamique.

Les sources militaires de Debkafile signalent que, nonobstant la vaste étendue de l’offensive aérienne de la coalition contre l’Etat Islamique, à laquelle 20 pays participent en apportant la contribution de 200 avions de chasse, ses réalisations concrètes sur le terrain restent peu impressionnantes, c’est le moins qu’on puisse dire

Bien que les communiqués officiels fassent état d’un nombre important de frappes aériennes (55 pour la fin de la dernière semaine), il n’y a guère plus de 10 frappes par jour, actuellement. C’est bien en-dessous du niveau d’intensité requise, si on voulait réellement produire un renversement de l’équilibre militaire contre les Islamistes

Le seul bénéfice notable qui ressort de cette vaste offensive démonstrative concerne la décision prise par le dirigeant de l’Etat Islamique, Abu Bakr al Bagdadi de tirer un trait sur l’expansion de ses conquêtes territoriales en Syrie et en Irak, dans le but de sauvegarder son organisation et lui épargner des pertes supplémentaires, à cause des frappes américaines et alliées.
Il est, maintenant, déterminé à concentrer ses forces de façon à stabiliser et consolider ses victoires. L’Etat Islamique a donc changé de stratégie, en passant de l’extension à la défense de ses positions acquises.



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