Après le bac, ces très bons élèves optent pour de prestigieuses universités anglo-saxonne. Ils les choisissent pour leur renommée, en fonction des classements internationaux. Le Figaro Étudiant est allé à leur rencontre.
Au delà de l’Europe
Les très bons élèves élèves qui autrefois filaient sans se poser de question dans une grande école ,sont désormais nombreux à s’inscrire directement dans une prestigieuse université à l’étranger. Soucieux de se positionner sur le marché mondial.
Quelque 27% des étudiants disent vouloir étudier hors de France, mais beaucoup mèlent curiosité autant que préoccupations académiques.
Les bacheliers de haut niveau visent, eux, un diplôme d’exception. Ils choisissent leurs destinations en fonction des classements internationaux!
Les universités américaines attirent toujours autant mais la Chine et l’Inde sont également en train d’émerger au niveau universitaire, en parallèle de leur affirmation en temps que grandes puissances. Savoir parler chinois, après un anglais parfait, est devenu l’atout clé.
La recherche de l’excellence
«La réputation des écoles américaines a vraiment joué dans mon choix d’études», nous confie Stamati, étudiant à l’Université de Pennsylvanie, mieux connue sous le diminutif de «U Penn»,une des 10 meilleures universités aux États-Unis .
La rénommée internationale est le vrai facteur d’attraction pour ces jeunes, qui envoient leurs dossiers aux universités en tête du classement du Shangai .
Etudier en France, s’avère pour eux «une solution de secours» ; «Si je n’avais pas été pris à Oxford, je serai allé en prépa», déclare Matthew, étudiant en deuxième année dans la prestigieuse université britannique.
Plus orientées vers la recherche et délivrant des diplômes reconnus dans le monde entier, les universités anglo-saxonnes sont très prisées par les étudiants souhaitant internationaliser leur parcours assez tôt.
Des diplômes français mal perçus à l’étranger
Tous ces candidats aux études internationales sont désormais convaincus que les diplômes français se sont dépréciés, qu’ils ne sont pas bien perçus à l’étranger. A l’inverse la valeur des universités anglo-saxonnes ou américaines est reconnue en France. «Je reviendrai peut-être travailler en France après mes études», avoue Matthew d’Oxford.
«Ce sera plus facile que si j’avais voulu étudier en France puis venir travailler en Angleterre». Pareil pour Stamati, dont l’objectif premier était de de devenir médecin: «Un médecin français aura du mal à trouver une clientèle aux États-Unis, les gens seront méfiants.
Avoir un diplôme américain puis passer un test spécifique pour pratiquer ensuite en France me semble plus judicieux».
Des sytèmes universitaires qui offrent plus de liberté à leurs élèves
Les voies d’excellence à la française séduisent moins ces très bons élèves. Pour Wenda, qui fait une licence de Maths à Cambridge, «La prépa ,c’est vraiment le lycée après le lycée alors qu’en Angleterre on est à la fac: je décide de ce que je veux étudier, et comment je veux étudier. C’est cette liberté que je préférais».
Avec 12h de cours par semaine, on a en effet plus de temps libre qu’en prépa! De quoi motiver les étudiants à s’engager dans des activités extérieures, qui valorisent également leur CV.
«L’enseignement reste assez généraliste les premières années», explique un étudiant français aux Etats-Unis. «On peut facilement découvrir de nouvelles choses. L’interdisciplinarité est beaucoup plus mise en avant ici:
les neurosciences, domaine dans lequel je me suis engagé à la place de médecine, mêle par exemple biologie, physique mais aussi philosophie et réflexions éthiques. Je n’aurai pas découvert cette «niche» qui est en pleine expansion aux US si j’étais resté en France».
Des jeunes au passé international
Section européenne ou lycée international, ces élèves ont souvent un parcours déjà tourné vers l’international avant d’étudier à l’étranger. «Mes parents se sont toujours tenus au courant des diplômes dans tous les pays, beaucoup de portes étaient déjà ouvertes avant même que je commence à penser à mes études supérieures», témoigne Wenda.
Quitter le nid pour aller au bout du monde semble également plus facile lorsqu’on est d’origine étrangère «Mes parents sont américains et m’ont toujours parlé des universités américaines », explique Stamati.
Avec la montée en puissance des classes européennes, ils sont chaque jour plus nombreux à envisager le départ et à pouvoir prétendre étudier dans une autre langue.
Une procédure parallèle longue et difficile
Mais partir n’est pas une sinécure. La procédure reste extrêmement complexe. On ne s’improvise pas étudiant à l’international. Faire partie de cursus «européens» ou avoir des parents au courant facilite en tous cas beaucoup la tâche au moment d’envoyer des dossiers.
Il faut faire face à un processus d’admission de longue haleine pour entrer dans ces universités prestigieuses.
«Faire une application pour étudier aux Etats-Unis est long et difficile», précise Wenda, qui avant d’être acceptée à Cambridge, avait également envisager de franchir l’Atlantique.
«Chaque université à des critères différents, on ne sait pas très bien ce que les établissements recherchent dans les candidatures».
En Angleterre, un système proche du APB (Admissions post-bac) français existe, appelé UCAS .En Angleterre, ce sont les lettres de motivations qui priment sur le reste, et qu’il faut donc préparer avec soin.
Les meilleures universités comme Cambridge et Oxford organisent en plus des entretiens personnalisés. Il faut enfin obtenir une note donnée au bac pour être accepté.
«Je devais avoir 15,5 de moyenne générale et 18 en maths pour être pris» déclare Wenda. Respecter ces offres peut s’avouer être le plus difficile, selon Matthew (Oxford): «Le seul problème c’est que les universités britanniques ne connaissent pas forcément le système et les diplômes français.
Certaines estiment qu’il est facile d’avoir 18 de moyenne générale au bac!».
Des études qui coûtent cher
Le coût des études est également non négligeable, les frais de scolarité ayant récemment augmenté en Angleterre. Etudier aux Etats-Unis est depuis toujours un luxe, qui n’est pas non plus accessible à tous.
L’immigration académique reste une aventure ardue. Il faut donc être prêt à affronter de longs processus de sélection (entièrement en anglais) et à y mettre le prix. Des alternatives plus abordables existent cependant, comme les doubles diplômes entre des établissements français et souvent anglais.
Ces programmes durent généralement 4 ans, les deux premières années se déroulant à l’étranger. Un moyen de s’internationaliser à moindre coût, avec un diplôme à la clé!

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