Le projet de loi stipule que 100.000 Palestiniens seront retirés du recensement de la ville
Le cabinet ministériel israélien doit se prononcer la semaine prochaine sur un projet de loi visant à élargir les limites de la municipalité de Jérusalem, et ainsi inclure quatre grandes implantations et un bloc de localités juives de Cisjordanie.
Les ministres voteront le projet de loi dit du "Grand Jérusalem" lors de leur prochaine réunion dimanche.
Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a déjà indiqué qu'il soutiendrait la proposition d'intégrer les localités de Ma'ale Adumim, Beitar Illit et Efrat, ainsi que le bloc de d'implantations du Gush Etzion, qui se trouvent en Cisjordanie, à la municipalité de Jérusalem.
Certaines de ces localités se trouvent à plus de 10 kilomètres de Jérusalem. Au total, près de 130.000 Israéliens vivent dans les localités visées par le projet de loi.
Le projet de loi, initié par le député du Likoud Yoav Kisch et soutenu en juillet dernier par le ministre des Renseignements Yisrael Katz, stipule que les habitants de ces localités pourront voter aux élections municipales de Jérusalem, mais ne reconnaît pas la souveraineté israélienne sur ces implantations, ce qui serait synonyme d'annexion.
Le but du texte est de renforcer la présence juive à Jérusalem et de redonner à la ville "son statut de symbole", selon le préambule de la proposition.
MENAHEM KAHANA (AFP)
Les résidents des localités en question conserveraient leur autonomie par le biais de conseils régionaux indépendants, et voteraient alors pour quatre élections locales: le maire de Jérusalem, le conseil municipal de Jérusalem, le chef de leur conseil régional et les membres dudit conseil.
Le projet de loi stipule par ailleurs qu'environ 100.000 personnes vivant dans les quartiers palestiniens qui se trouvent à l'extérieur de la barrière de sécurité entourant la ville, seront retirées du recensement de la ville, et affectées à une nouvelle municipalité construite pour eux.
Israël a pris la partie orientale de Jérusalem, la Vieille Ville et la Cisjordanie à la Jordanie en 1967, et considère la ville "réunifiée" comme "la capitale éternelle du peuple juif" depuis 1980.
La communauté internationale n’a jamais reconnu l’annexion de Jérusalem-Est.
Quant aux Palestiniens, ils revendiquent la souveraineté sur cette partie de la ville, souhaitant en faire la capitale de leur futur Etat.
La plupart des pays considèrent également les implantations de Cisjordanie comme illégales en vertu du droit international, ainsi que l'annexion formelle des terres saisies pendant la guerre.
De son côté, Israël soutient que les implantations ne sont pas illégales, faisant valoir que les territoires en question sont disputés.
Israël contrôle la Cisjordanie depuis la guerre des Six Jours en 1967, mais n'a jamais annexé aucun territoire au-delà de Jérusalem-Est, contrairement au plateau du Golan pris à la Syrie.
La plupart des dirigeants israéliens soutiennent que les plus grands blocs d'implantations de Cisjordanie feront partie de l'Etat hébreu dans tout futur accord de paix.

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