L'Etat hébreu a répété à plusieurs reprises qu'il agirait face à la menace iranienne en Syrie et au Liban...
Il aura fallu attendre quelques heures pour que la Syrie confirme avoir été ciblée par l'aviation israélienne. Un communiqué laconique où l'on apprend que deux soldats syriens ont été mortellement touchés par ces frappes suivi, trente minutes plus tard, des traditionnelles menaces - les frappes israéliennes auront des conséquences dangereuses selon l'armée syrienne. Il s'agit en réalité d'une demi-confirmation par Damas.
Car les Syriens parlent de positions militaires ciblées, sans préciser, selon des sources proches de l'opposition, qu'il s'agirait du centre Al Tala'i de recherche et développement militaire et scientifique dans la région de Hama. L'un des trois centres en Syrie de production de missiles ultra-perfectionnés, notamment des S60 à destination de l'organisation chiite Hezbollah, mais également d'armes chimiques.
Un site hautement stratégique soutenu logistiquement par l'Iran qui se trouve de surcroît à moins de 70 km de la base de l'armée de l'air russe de Lattaquié dotée de systèmes de missiles ultra-perfectionnés S-400.
Plusieurs questions se posent.
Les Russes ont-ils laissé faire les appareils israéliens? D'autant que, selon le quotidien koweitien Al Jarida, les avions furtifs F-35 auraient survolé la semaine dernière le ciel syrien sans que les radars russes ne puissent repérer les avions de chasse israéliens. Si oui, est-ce la résultante de la rencontre à Sotchi le 23 août dernier entre Vladimir Poutine et Benyamin Netanyahou?
Le Premier ministre israélien avait clairement annoncé au président russe qu'Israël n'acceptera pas que ses lignes rouges soient franchies et qu'il agira en fonction de ses propres intérêts sécuritaires face à la menace iranienne et celle du Hezbollah en Syrie et au Liban.
Si l'armée de l'air israélienne a bien frappé des sites sensibles la nuit dernière, Jérusalem a envoyé un triple message en direction de Moscou, Téhéran et Damas.
Car le Kremlin a laissé entendre, avant de démentir l'information, que Benyamin Netanyahou avait montré des signes de panique à Sotchi or le Premier ministre confirme ici qu'il entend, par tous les moyens, empêcher l'Iran de s'installer en Syrie et de renforcer son proxy, le Hezbollah sur le terrain syrien.
Ces frappes auraient aussi une portée symbolique.
Car elles interviennent, hasard du calendrier, 10 ans, jour pour jour, après celles attribuées à Israël par des sources étrangères contre la centrale nucléaire d'Al Kibar dans la région de Der El Zor. Deux réacteurs construits à l'époque grâce à l'intervention d'ingénieurs nords-coréens, selon des preuves récoltées par la prestigieuse unité militaire israélienne, Sayeret Matkal.
Depuis, selon plusieurs rapports étrangers, l'aviation israélienne aurait frappé à plus d'une centaine de reprises des sites stratégiques en Syrie et des convois d'armes russes et iraniennes en direction du Hezbollah.
En avril dernier, Israël a visé plus d'une centaine de missiles à destination de l'organisation chiite, ce qui avait entraîné des tirs de missiles anti-missiles S-200 par la défense aérienne syrienne. Moscou avait alors demandé des explications à Jérusalem.
Réponse de Benyamin Netanyahou à l'époque: "Notre politique est très cohérente. Lorsque nous identifions les tentatives de transfert d'armes perfectionnées au Hezbollah, nous avons des renseignements et nous opérons. C'est ce qui s'est passé et c'est ce qu'il se passera ... Que tout le monde en ait conscience."

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