mardi 18 juin 2013

Israël : Waze fait sauter la banque....


Les salariés de la start-up spécialisée dans l'application mobile de navigation GPS devraient toucher chacun 1,2 million de dollars.

C'est le rêve de tout jeune Israélien : se faire embaucher dans une start-up naissante, même à un poste modeste, avec à la clé quelques actions pour, le jour du départ, se retrouver millionnaire - en dollars bien sûr. 
Cette fiction est devenue une réalité pour une centaine d'employés de Waze, l'application mobile gratuite de navigation GPS. Fondée et développée en Israël, elle vient d'être rachetée par Google pour 1,15 milliard de dollars. 
Une somme historique dont la plus grande partie ira aux trois fondateurs de la société, à son P-DG et divers investisseurs publics et privés.
Cela étant, et c'est également du jamais-vu en Israël, 120 millions de dollars sont destinés au personnel de l'entreprise, programmateurs, graphistes ou employés multilingues travaillant au service clientèle. 
Ces Israéliens - ils ont entre 25 et 35 ans - devraient recevoir chacun en moyenne 1,2 million de dollars, avant impôt. Et c'est le P-DG de Waze, Noam Bardin, qui fixera le montant accordé. 
Au prorata non pas de l'ancienneté, mais plutôt de la contribution de l'employé depuis son entrée dans la boîte. Un véritable pactole pour des jeunes souvent en début de carrière, même si une fois le fisc passé, ils risquent de se retrouver avec une somme diminuée d'au moins 40 %.

Bémol pour l'État

Depuis quelques mois, la planète high-tech en Israël bruissait de rumeurs concernant le rachat de Waze - la petite société israélienne qui depuis plus de douze mois s'est élevée au rang de success story de l'application mobile - par un géant de l'Internet. 
Lancée en 2010 hors d'Israël, elle est passée de 5 millions d'utilisateurs dans le monde en août 2011 à 34 millions fin 2012 et 49 millions aujourd'hui. 
En janvier dernier, la presse israélienne a même fait ses gros titres avec un rachat par Apple pour 500 millions de dollars. Information vite démentie. 
En mai dernier, nouvelles informations sur des tractations très avancées avec Facebook. Une dizaine de jours plus tard, et après un suspense entretenu par les médias locaux, Facebook n'était plus d'actualité. 
L'annonce officielle de la transaction avec Google est intervenue le 11 juin dernier. À en croire la presse économique, un élément a fait la différence : Google s'est engagé à maintenir les équipes de Waze en Israël. 
Les patrons de la start-up rêvent donc de voir Google leur transférer une partie de ses activités de cartographie et de guidage qui se font aujourd'hui sur le campus de Mountain View, dans la Silicon Valley.
Pourtant, au milieu des flonflons de la fête en Israël, il y aurait un bémol : les rentrées dans les caisses de l'État issues de la vente de Waze ne seraient pas aussi importantes que prévu. 
En effet, les principaux investisseurs de la start-up sont des détenteurs de fonds étrangers, comme le milliardaire chinois Li Ka Shing qui dirige, entre autres, le Horizons Ventures Hong Kong ou le fonds américain Kleiner Perkins Caufield et Byers Digital Growth. 
En Israël, ils ne sont pas assujettis à l'impôt. Il n'est donc pas sûr que le plus lucratif "exit" de l'histoire des start-up israéliennes parvienne à combler l'énorme déficit budgétaire du pays. 
En revanche, la liste des millionnaires en Israël qui, fin 2012, comptait 84 000 noms, soit 3,8 % des ménages, devrait s'allonger !

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