par Gerard Fredj
Les services anti corruption palestiniens ont déclaré lundi qu'ils travaillaient à récupérer les fonds dissimulés à l'étranger par des responsables de l'Autorité palestinienne.
La commission anti corruption tenterait notamment de passer des accords avec les pays où ces comptes seraient hébergés, selon une déclaration de Rafiq al-Natsheh, qui la dirige.
Le quotidien jordanien al-Dustour rapportait pour sa part, en fin de semaine dernière, que des mouvements massifs de fonds palestiniens vers des comptes bancaires à l'étranger.
Al-Natsheh se dit "non concerné" par ces flux financiers, sauf si "l'argent est de l'argent public détourné"; pour l'instant, selon lui, ses investigations n'ont rencontré aucun blocage de banques étrangères ou israéliennes.
Pour Rafiq al-Natsheh, en raison d'une bonne coopération des états et du système bancaire international, ces mouvements de fonds sont "inutiles si il s'agit de l'argent public volé car nous n'aurons problème pour le récupérer".
Il n'a communiqué aucun nom de suspects ou de pays susceptibles d'héberger de tels comptes.
Bien que la communauté internationale ait "loué les efforts de lutte contre la corruption entrepris par l'Autorité palestinienne – et notamment par le Premier ministre Salam Fayyad –la complexité des circuits de corruption mis en place au sein de l'Organisation de Libération de la Palestine –OLP-, qui remontent à plusieurs décennies, ne sera pas aisée à percer.
De l'aveu même de Rafiq al-Natsheh, certains avoirs financiers ou immobiliers ont été rattachés à des personnes dignes de confiance, attendant leur restitution au gouvernement.
La commission évalue sans précision à plusieurs dizaines de millions de dollars le montant des fraudes; il y a un an, l'opération a permis à l'Autorité palestinienne de remettre la main sur plus de 5 millions de dollars d'anciens responsables palestiniens convaincus de corruption.
D'après une déclaration d'Al-Natsheh à l'agence de presse palestinienne Maan, 145 cas de corruption sont en cours de traitements, dont 13 ont déjà été transmis aux tribunaux.
Deux ministres ont du démissionner en 2011 après que leur cas ait été transmis à une cour de justice : Ismail Daiq, le ministre de l'agriculture et Hassan Abu Libdeh, qui n'est autre que le ministre de l'économie.
La fortune personnelle de Yasser Arafat a été estimée à 800 millions de dollars par le Fonds monétaire international.

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